Instauration du passe vaccinal : les points clefs du texte qui sera débattu au Sénat
Les députés ont approuvé, après un début de semaine particulièrement houleux, le projet de loi qui transforme le passe sanitaire en passe vaccinal pour pouvoir accéder à certains lieux, notamment les espaces de loisir, les restaurants et les bars. Public Sénat revient sur les principales mesures de ce texte, attendu ce lundi en commission au Palais du Luxembourg.

Instauration du passe vaccinal : les points clefs du texte qui sera débattu au Sénat

Les députés ont approuvé, après un début de semaine particulièrement houleux, le projet de loi qui transforme le passe sanitaire en passe vaccinal pour pouvoir accéder à certains lieux, notamment les espaces de loisir, les restaurants et les bars. Public Sénat revient sur les principales mesures de ce texte, attendu ce lundi en commission au Palais du Luxembourg.
Romain David

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Le projet de loi sur le passe vaccinal arrive au Sénat. La version adoptée par le Palais Bourbon doit être examinée en commission ce lundi 10 janvier, avant un débat en séance publique mardi, à partir de 14h30, qui devrait se poursuivre mercredi soir, après la traditionnelle séance des questions au gouvernement.

Retour sur les principales mesures du texte :

  • Les loisirs, restaurants, foires et transports interrégionaux visés par le passe vaccinal

L’article 1, qui a lui seul a occupé l’essentiel des trois jours de débat à l’Assemblée nationale, prévoit qu’« un justificatif de statut vaccinal concernant le covid-19 » soit désormais demandé à toute personne âgée d’au moins 12 ans pour accéder à certains lieux, en l’occurrence les espaces de loisirs, la restauration commerciale (c’est-à-dire les restaurants et les débits de boissons), les foires, les séminaires et salons professionnels. Le justificatif vaccinal sera également réclamé dans les transports en commun interrégionaux, tels que les trains ou les avions.

Toutefois, plusieurs dérogations ont été mises en place. Concernant les déplacements interrégionaux, la présentation d’une attestation de dépistage négatif suffira lorsque le déplacement est justifié par un motif impérieux d’ordre familial ou des raisons de santé. Le passe sanitaire continuera également de s’appliquer pour les activités liées à une sortie scolaire chez les élèves de 12 à 15 ans. La liste des activités concernées doit encore être établie par le gouvernement. Elle sera publiée sous forme de décret.

  • Limiter le risque de fraude

Afin de lutter contre la fraude, la présentation du passe vaccinal pourra être couplée à celle d’une pièce d’identité. Les établissements recevant du public seront libres, toutefois, de réclamer ou non sa présentation, s’ils estiment qu’« il existe des raisons sérieuses de penser que le document présenté n’est pas authentique ou ne se rattache pas à la personne qui le présente. » Il s’agit de l’un des points sensibles de ce projet de loi, longuement débattus dans les travées du Palais Bourbon, et qui devrait faire l’objet d’une saisie du Conseil constitutionnel.

Le projet de loi renforce également les différentes sanctions à l’encontre des fraudeurs, avec des peines d’emprisonnement et des amendes pouvant monter jusqu’à 75 000 euros. Elles pourront toutefois être annulées si la personne concernée accepte de se faire vacciner dans un délai de 30 jours à compter de la date de l’infraction.

  • Des jauges à la carte

La piste de jauges proportionnelles aux dimensions des salles de spectacle, retenue en commission par les députés, a finalement été repoussée par le gouvernement, arguant que les conditions d’accueil des établissements n’étaient pas uniquement définies par la taille des salles. Pour rappel, la limitation actuelle est de 2 000 personnes en intérieur et 5 000 en extérieur.

À l’initiative du député LR Guillaume Larrivé, un amendement offre la possibilité aux organisateurs de réunions publiques de réclamer le passe vaccinal à l’entrée d’un meeting, mais également de définir une jauge. Sur ce point, l’exécutif ne peut fixer une limitation du nombre de participants à une réunion publique, ou encore soumettre son accès à un passe sanitaire ou vaccinal, et ce au nom de la liberté de réunion garantie par la Constitution. Les candidats, chefs de parti et autres organisateurs, sont donc libres de fixer les conditions d’accès qu’ils estiment pertinentes en fonction de la situation.

  • Une plus grande surveillance des procédures de quarantaine

Le texte renforce également la marge de manœuvre des autorités dans le contrôle des décisions d’isolement prises à l’encontre des malades du covid-19, ou de personnes suspectées d’être porteuses du virus. Désormais, les « services préfectoraux » pourront se connecter aux services de santé pour vérifier si une personne mise en quarantaine par les autorités, par exemple un voyageur en provenance d’un pays frappé par un variant particulièrement contagieux, a bien effectué son test de dépistage à la fin de la période d’isolement.

L’adoption de ce projet de loi par le palais Bourbon a été marquée par les hésitations d’une partie des élus de droite, et ce malgré le mot d’ordre passé par leur candidate à la présidentielle, Valérie Pécresse, de soutenir ce texte au nom d’un principe de responsabilité. Ainsi, 28 députés LR ont voté l’adoption du texte, 24 s’y sont opposés et 22 se sont abstenus. L’attitude de la droite républicaine au Sénat, où elle est largement majoritaire avec 117 membres dans le groupe LR, devrait être particulièrement scrutée. « Globalement, nous sommes favorables au passe vaccinal, mais il y a un certain nombre de conditions que nous souhaitons voir dans le texte, notamment sur sa durée et les informations qu’il contiendrait », a rappelé mercredi dernier, au micro de Public Sénat, François-Noël Buffet, le président LR de la commission des lois.

 

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a été très clair vendredi dans un entretien au journal Le Figaro : « J’ai dit, comme une large majorité des sénateurs, que nous voterions le passe vaccinal sous réserve d’ajustements, comme nous l’avions fait pour le passe sanitaire ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Instauration du passe vaccinal : les points clefs du texte qui sera débattu au Sénat
3min

Santé

« Quand on fait du sport amateur, on n’a pas besoin de prendre de compléments alimentaires », alerte ce médecin

Il a souvent été dit que le fléau de l’époque était la sédentarité, que le remède à l’obésité montante dans les sociétés occidentales serait de faire du sport. Et pourtant, la pratique du sport connait aussi ses excès : bigorexie, produits dopants et compléments alimentaires. Comment éviter les pièges d’une pratique sportive qui isole, pourquoi il ne faut pas céder aux injonctions d’un corps parfait. Pour en parler Axel De Tarlé reçoit la sénatrice des Hauts-de-Seine, Christine Lavarde et Sébastien Le Garrec, chef du pôle médical de dans l’émission Et la Santé ça va ?

Le

Instauration du passe vaccinal : les points clefs du texte qui sera débattu au Sénat
4min

Santé

Cancers : le péril jeune

Le nombre de nouveaux cas de cancer d’apparition précoce dans le monde a bondi de près de 80% en moins de 30 ans. En France, la tendance est la même. Alors comment expliquer ce phénomène ? Que fait-on pour endiguer l’explosion de cancers chez les moins de 50 ans ? Au Sénat, la sénatrice centriste du Calvados Sonia de la Provôté a rédigé une proposition de loi pour créer un registre national des cancers. Inexistant jusqu’à présent en France, ce nouveau registre national va permettre de recenser de manière exhaustive les cas de cancers, d’améliorer le dépistage et la prise en charge des patients.

Le

2025 51st Berlin Marathon, Berlin, Berlin, Germany – 21 Sep 2025
6min

Santé

Science dans le sport : l’essor des technologies au service des athlètes

L’imbrication de la science dans les pratiques sportives, en particulier de haut niveau, tend à s’accentuer pour optimiser la performance des athlètes. L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques recommande d’approfondir ces investissements technologiques, tout en alertant sur le risque d’externalités néfastes, entre inégalités sociales et impacts sur la santé des sportifs.

Le

Antiacide GAVISCON
6min

Santé

Doublement du plafond des franchises médicales et baisse des remboursements de la Sécu : qui est concerné et que vont payer les assurés ?

La ministre de la Santé annonce une série de mesures pour contenir les dépenses de l’Assurance maladie, notamment la hausse du plafond annuel des franchises médicales et la baisse du taux de remboursement de certains médicaments. Matignon fait valoir des mesures ciblées, qui pour certaines devraient être absorbées par les complémentaires santé. Explications.

Le