Bordeaux Illustration pilule contraceptive
Illustration pilule contraceptive. Une jeune femme adolescente en train de prendre une pilule contraceptive dans sa salle de bains. La pilule reste la methode de contraception la plus utilisee en France, mais son utilisation est en recul, selon l'enquete realisee par l'Ined et l'Inserm. Bordeaux,FRANCE-13/05/2014/POUZET_1054.16/Credit:SERGE POUZET/SIPA/1405141104

Risque « faible » de méningiome : alerte sur les pilules à base de désogestrel

L’Agence nationale du médicament (ANSM) alerte sur un risque faible de méningiome pour les pilules à base de désogestrel. Elle envoie à partir de ce jeudi 10 septembre un courrier aux femmes ayant pris ces contraceptifs.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Près de 1,6 million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel (Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette…) vont recevoir un courrier nominatif les informant d’un risque « faible » de développer un méningiome, annonce ce jeudi 10 septembre l’agence française du médicament.

En cas de « maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, perte de mémoire, ou épilepsie nouvelle ou aggravée », ces femmes doivent consulter leur médecin, indique le courrier de l’ANSM, et une imagerie cérébrale (IRM) pourra être réalisée. Car ces symptômes peuvent être dus à l’apparition d’un méningiome, une tumeur qui se développe à partir des méninges – les membranes entourant le cerveau – et qui peut causer de lourdes séquelles (vision troublée, perte auditive, d’odorat, céphalées, pertes de mémoire, crises d’épilepsie…).

« Ce risque est faible »

Toutefois, le risque pour ces femmes de développer un méningiome est très inférieur à celui lié à la prise d’Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera, soit des progestatifs pour lesquels une surveillance par imagerie cérébrale est systématiquement préconisée. « Ce risque (de méningiome, ndlr) est faible, sans commune mesure avec celui de l’Androcur, qui était multiplié par 20 au bout de cinq ans », a souligné le Dr Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l’autorité sanitaire, lors d’un point presse.

Une étude du groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare en 2024 a montré que, une femme sur 67 000 ayant pris une contraception à base de désogestrel développe un méningiome, et à partir de cinq ans de traitement, une sur 17 000. Ce risque – effectivement supérieur à celui des femmes n’en ayant pas pris – est multiplié par deux au bout de sept ans de prise, mais disparaît un an après l’arrêt du contraceptif. Il concerne en particulier les femmes de plus de 45 ans et celles ayant pris auparavant un progestatif considéré comme à risque pendant plus d’un an.

De leur côté, 90 000 médecins ayant prescrit une contraception à base de désogestrel seul (dosage 75 microgrammes) recevront eux aussi un courrier.

Ne pas interrompre la contraception sans avis médical

Pour ne pas risquer une grossesse non désirée, l’ANSM préconise toutefois de ne pas interrompre sa contraception sans avis médical mais d’aborder ce sujet avec son médecin, sa gynécologue ou sa sage-femme lors de sa prochaine consultation de routine.

Ce risque de méningiome sera désormais inscrit dans les notices de ces contraceptifs, a décidé cet été l’Agence européenne des médicaments (EMA), saisie par l’agence française du médicament.

L’ANSM met aussi en ligne une « foire aux questions » (ansm.sante.fr), et rappelle que toute contraception doit être réévaluée chaque année « avec son médecin ou sa sage-femme », selon ses besoins et son état de santé.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

« Il nous faut des sommes considérables en termes d’économies » : le chemin difficile du budget 2027 de la Sécurité sociale
9min

Santé

« Il nous faut des sommes considérables en termes d’économies » : le chemin difficile du budget 2027 de la Sécurité sociale

Le gouvernement affiche un objectif ambitieux pour les comptes sociaux l’an prochain, celui de diminuer d’un tiers le déficit. Pour y parvenir, les leviers à sa disposition pour y parvenir sont très risqués politiquement. La rapporteure générale de la commission des affaires sociales du Sénat estime qu’une désindexation des pensions reste inévitable.

Le

FRA: HOPITAL DE CANNES – URGENCES – PLAN BLANC – SMUR – PEDIATRIE
6min

Santé

« Il manque 30 à 40 % de soignants en psychiatrie » : Dominique Simonnot alerte sur une prise en charge « défaillante » et « indigne » des patients

Les services de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), dirigée par Dominique Simonnot, alertent sur les conditions d’accueil des patients dans les services d’urgences psychiatriques et hospitalières de l’Île-de-France, jugés « indignes ». Leurs recommandations ont été publiées ce jeudi 10 septembre au Journal officiel.

Le

Arrêts maladie : le tour de vis se poursuit avec une nouvelle réforme des prescriptions
8min

Santé

Arrêts maladie : le tour de vis se poursuit avec une nouvelle réforme des prescriptions

Depuis le 1er septembre, une disposition s’applique pour réguler les possibilités de prescription des arrêts de travail par les médecins. La mesure, votée dans le dernier budget de la Sécurité sociale, vise à limiter la hausse du volume des indemnités journalières, dont l’enveloppe progresse de plus de 5% chaque année en moyenne. D’autres coups de frein ont déjà été activés ces dernières années.

Le