Grand débat national à Niort : entre « mascarade » et « excellent débat démocratique »
Près de 400 personnes étaient réunies à Niort, à la maison du département, pour participer à un grand débat. Entre les problématiques locales concernant la construction d’une vingtaine de bassines d’eau destinées à l’agriculture, la question des gilets jaunes a été abordée à de nombreuses reprises avec parfois de la tension.

Grand débat national à Niort : entre « mascarade » et « excellent débat démocratique »

Près de 400 personnes étaient réunies à Niort, à la maison du département, pour participer à un grand débat. Entre les problématiques locales concernant la construction d’une vingtaine de bassines d’eau destinées à l’agriculture, la question des gilets jaunes a été abordée à de nombreuses reprises avec parfois de la tension.
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Le département et son président Gilbert Favreau (LR) pensaient avoir bien fait les choses. Procédure d’inscription sur Internet, contrôle de sécurité à l’entrée d’un vaste hall, où les participants peuvent prendre place sur les trois tribunes qui encadrent les animateurs de la soirée. Deux journalistes, Chantal Petillat (Nouvelle République), Marc Lomazzi (Le Parisien) et le politologue, Remi Lefebvre sont en charge de « cadrer » le débat sur les trois thèmes de la soirée : « L’organisation administrative », « les services publics », et « la démocratie locale ». Les participants ont deux minutes pour s’exprimer. Trop court, pour certains.

« La priorité, ce n’est pas l’organisation de l’Etat, c’est la souffrance des gens »

Premier constat mis en avant par de nombreuses personnes. « Ou sont les jeunes ? C’est quand même pour eux qu’on est là ». Le premier thème sur « l’organisation administrative » peine à susciter l’intérêt. « Je pense que la priorité, ce n’est pas l’organisation de l’Etat, c’est de répondre à la souffrance des gens (…) c’est bien qu’on essaye de discuter sur les strates, sur les échelons… Moi, ce n’est pas ce qui m’intéresse » clame un retraité sous les applaudissements  d’une partie de la salle. Jean-Claude, un autre retraité complète : « De toute façon, on se fout de nous, il n’y a plus de compétences régaliennes, l’Europe nous tue ». D’autres proposent de revenir sur le non-cumul des mandats pour plus de proximité. La région Nouvelle Aquitaine est, en effet, la plus vaste de France. « Pour refaire ma carte grise je ne sais même plus où aller » se désole Coralie.  Pierre Olivier propose lui de supprimer le Sénat pour le remplacer par le Conseil économique et social et de ramener le nombre de députés à 400.

« Le RIC va remettre en cause la démocratie »

Le thème de la « dématérialisation des services publics ne récolte pas un franc succès non plus. Une dame en profite pour critiquer l’organisation de la soirée. « S’inscrire sur Internet, c’est trop lourd. Mon ami n’a pas pu venir car il n’a pas d’ordinateur ». « La dématérialisation, c’est le sens de l’Histoire » lui répond un homme d’une trentaine d’années. « Il faut aussi que tout le monde se prenne en main » embraye une participante.  Difficile pour les participants de suivre le fil des thèmes imposés. Les interventions dérivent sur l’Europe. « L’Europe nous permet d’être en paix et dans ce contexte, on a besoin de plus d’Europe » fait remarqué Sylvain, originaire de l’Est de la France. Christian poursuit sur les bienfaits du RIC « parce que les députés français ne vont pas voter les lois. Le président de l’Assemblée nationale organise les votes en fonction des députés présents ». Pour Raymond, le « RIC va remettre en cause la démocratie en revenant sur certains acquis comme le mariage pour tous ou l’interdiction de la peine de mort »

« Les bassines » suscitent la polémique

La salle est divisée sur la légitimité et l’intérêt du débat. « Une mascarade » pour les uns, un «  excellent exercice démocratique » pour les autres. Le point fort des échanges concerne le référendum d’initiative citoyenne au niveau local. En effet, la signature d’un protocole le 18 décembre dernier par le département autorise la création de 19 bassines d’eau destinées à l’agriculture le long de la Sèvre Niortaise et provoque la colère des écologistes. Un certain nombre de deux sévriens considèrent que l’eau, un bien commun, n’a pas vocation à servir l’agriculture intensive. Et ce, même si les signataires se sont engagés sur un certain nombre de pratiques agricoles responsables. « Moi j’ai rempli une enquête publique. J’ai vu qu’on était 70% à être contre. Alors à quoi ça sert ? » s’énerve une dame d’une cinquantaine d’années. Coralie qui avec son ami Phil arborent un gilet jaune, observe que « c’est déjà inscrit dans la Constitution. Toute mairie à la possibilité de faire un referendum ».

« Si vous ne respectez pas de débat démocratique. C’est un vrai problème »

La question des gilets jaunes aura également ponctué les discussions, jusqu’à l’énervement. « Il faut arrêter les violences ça suffit ! » demande un retraité. « Je vote et je suis contre la violence » lui répond (sans être autorisé à prendre la parole) Phil avant de se faire vertement rappeler à l’ordre par l’animateur de la soirée Marc Lomazzi. « Si vous ne respectez pas de débat démocratique. C’est un vrai problème.  Vous avez énormément parlé » lui rappelle-t-il (voir la vidéo). « Et bien, c’était le moment le plus animé de la soirée » conclut le politologue Rémi Lefebvre.

 

 

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