Paris 2024: Preparations, Ile-De-France, France – 23 Jul 2024
Mandatory Credit: Photo by Mickael Chavet/ZUMA Press Wire/Shutterstock (14600379ax) Main Dining Hall at the Olympic Village in Saint-Denis, France Paris 2024: Preparations, Ile-De-France, France - 23 Jul 2024/shutterstock_editorial_Paris_2024_Preparations_Ile_D_14600379ax//2407241014

Jeux Olympiques : une étude donne la France 3ème au classement des médailles

Le dernier rapport de prévision de l’institut Gracenote Nielsen prédit une performance historique aux JO de Paris pour la délégation française. L’Hexagone, favorisé par son statut de pays hôte des Jeux, pourrait terminer 3ème au tableau des médailles, derrière la Chine et les Etats-Unis.
Jonathan Dupriez

Temps de lecture :

8 min

Publié le

Une France couverte de médailles d’or à l’issue des Jeux Olympiques ? C’est en tout cas la projection faite par l’institut Gracenote Nielsen, dans une étude publiée hier. Dans ce rapport de prévision, l’Hexagone obtiendrait 60 médailles, dont 27 en or, lors des Jeux de Paris 2024, ce qui la placerait au troisième rang derrière les Etats-Unis (112) et la Chine (86). Dans le détail, si la France apparaît en 4ème position du tableau, juste derrière la Grande-Bretagne au total de médailles (60 médailles contre 63 pour le Royaume-Uni), les sportifs français seraient toutefois devant la délégation britannique du fait d’un nombre plus important de médailles d’or, 27 au total, contre 17 pour nos concurrents d’Outre-Manche. D’où la troisième place française, les médailles d’or étant la variable déterminante du classement.

 

« Meilleurs JO depuis 124 ans »

Et la projection de Nielsen Gracenote a de quoi flatter la délégation française qui ne serait qu’à 12 breloques des indétrônables leaders américains. A titre de comparaison, lors des derniers Jeux Olympiques de 2021 à Tokyo, la France n’était qu’en 8ème position, obtenant un total de 33 médailles, dont 10 en or. Elle pourrait donc obtenir jusqu’à trois fois plus de sacres en 2024. En outre, l’étude donne la France sur le podium de 28 sports différents des JO, contre 15 à 19 sports en moyenne. « Il s’agirait d’un nouveau record pour la France », relève Gracenote Nielsen, soulignant que la France « devrait connaître ses meilleurs Jeux olympiques depuis 124 ans » sans toutefois faire tomber le record des Jeux de 1900 où la France avait glané 102 breloques à domicile.

 

Modèle statistique de prévision des médailles

 

Pour réaliser cette projection, Gracenote Nielsen a mis en œuvre un modèle statistique « basé sur des résultats individuels, et collectifs des Jeux Olympiques, des championnats du monde et des coupes du monde précédents » lui permettant de « prévoir les médailles d’or, d’argent et de bronze les plus susceptibles d’être remportées par chaque pays », précise l’institut.

 

Profiter du « home-advantage »

 

Disputer les Jeux chez soi présente en tout cas d’indéniables avantages pour la délégation française à l’approche de la compétition. Les 574 compétiteurs connaissent mieux leur environnement que leurs adversaires, les infrastructures où ils devront s’illustrer, sans oublier le soutien du public, une variable scientifiquement prouvée notamment dans les sports collectifs. Selon l’anglicisme consacré dans le monde du sport, la délégation française, entend faire jouer à plein le « home-advantage » pour performer aux JO de Paris. Et cet « avantage d’être à domicile » s’est illustré récemment lors des Jeux de Tokyo en 2021. Le Japon avait réalisé une excellente performance, progressant de 15 médailles par rapport à l’olympiade de Rio en 2016.

 

Helsinki et Atlanta, deux exceptions à la règle du « home advantage »

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale, seulement deux pays hôtes n’ont pas fait progresser leur nombre de médailles par rapport à l’édition précédente. En 1952, la Finlande, aux Jeux d’Helsinki, a accusé un léger recul de 2 médailles. En 1996 à Atlanta, les Américains ont vu leur total de médailles reculer de 7 breloques en étant pays hôte, comparativement aux précédents Jeux de Barcelone en 1992 (101 médailles à Atlanta contre 108 à Barcelone).

 

« Ambition Bleue »

 

Pas de quoi saper les ambitions françaises de médailles qui repose aussi sur des moyens financiers accrus dédiés aux sportifs. Les athlètes français ont ainsi bénéficié d’un soutien budgétaire colossal pour s’entraîner, via l’Agence nationale du Sport (ANS). Cette dernière a vu sa dotation bondir depuis les Jeux de Rio en 2016, passant de 67,8 millions d’euros par an pour atteindre 114 millions en 2024, soit une augmentation de 68% des crédits alloués à l’ANS. « Cette augmentation inédite a par exemple permis aux fédérations d’améliorer leurs programmes de préparation et d’augmenter leurs équipes d’encadrement – entraineurs, personnels médicaux et paramédicaux » précise le site gouvernemental dédié à l’ANS. Depuis 2020, le gouvernement a aussi mis en place un programme d’accompagnement des athlètes nommé « Ambition bleue » pour leur offrir des conditions optimales de préparation. « Jamais il n’y a eu autant de moyens développés pour préparer les athlètes », confirme le sénateur LR de l’Isère, Michel Savin, connaisseur du monde sportif. « On ne pourra pas mettre la préparation des sportifs en cause » précise-t-il.

 

Sportifs attendus au tournant

 

Les athlètes se savent en tout cas attendus au tournant par le gouvernement, et plus particulièrement, par le chef de l’Etat ayant placé de grands espoirs de médailles en eux. Emmanuel Macron avait affiché la couleur dès septembre 2021, lorsqu’il avait reçu à l’Elysée, les sportifs fraîchement médaillés de Tokyo. « Je vous le dis très clairement, on doit faire beaucoup plus ! Beaucoup plus. Parce que ce sont nos Jeux, à la maison, et c’est attendu (…). La France peut très clairement intégrer un jour durablement le top 5 olympique et paralympique. J’y crois », disait alors le Président de la République.

Pour Fabien Archambault, historien à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, le positionnement du chef de l’Etat prouve la politisation des Jeux. « On voit que le pouvoir politique fixe des objectifs, cela veut dire que c’est un enjeu important. Mais c’est aussi très banal, car ce mécanisme est rejoué à chaque fois, à chaque olympiade même s’il s’amplifie en tant que pays hôte. » Pour l’historien, les JO, « officiellement apolitiques » sont à l’inverse, « fondamentalement politiques. »

 

« Ça se voit que le Président n’a pas fait de sport »

 

Cette politisation, synonyme de pression sur les sportifs, n’est pas au goût de tous. « Ça se voit que le Président n’a pas fait de sport » tacle Michel Savin. « Le sport ce sont des compétitions, une préparation et un environnement qui comptent certes, mais il ne faut pas oublier les adversaires. Je pense que tous les athlètes de tous les pays se sont préparés de la meilleure manière possible. Alors, que le meilleur gagne, ça ne sert à rien de mettre la pression sur les athlètes. Je fais confiance aux Français, ils se sont bien préparés et ils donneront le meilleur d’eux-mêmes. »

 

Les médailles aux JO, mesure de la puissance des nations

 

Si le Président de la République a placé autant d’espoir de médailles, c’est aussi pour exister aux yeux des autres nations, dans ce fameux classement. Une vision qui ne date pas d’hier selon les spécialistes. Pour Fabien Archambault, historien à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne, les Jeux d’Anvers, en 1920, ont marqué « un tournant » dans l’importance des médailles pour comparer la puissance des nations. « C’est à ce moment-là que les athlètes ne sont plus des compétiteurs individuels, mais deviennent les représentants d’une nation. Et à partir de là, les gouvernements considèrent qu’il en va du prestige de la nation, de bien figurer dans ce classement des médailles. »

 

Médailles et « soft power »

 

Depuis, les médailles sont un outil de soft-power par excellence. « Les grandes puissances visent le haut du tableau, voire arriver en tête pour les Etats-Unis et l’URSS pendant des années, et pour tous les petits pays, obtenir une médaille d’or, permet de figurer de manière positive dans le concert des nations », confirme Fabien Archambault, historien et auteur de l’ouvrage «Les Légendes du siècle, une histoire des Jeux en douze médailles » (Flammarion 2024.)

Pour tenter de se hisser le plus haut possible au tableau des médailles, la France n’a pas non plus lésiné sur les primes accordées aux médailles, réhaussées spécialement pour l’occasion des JO de 2024. Ainsi, un médaillé d’or, percevra 80 000 euros de prime (contre 65 000 à Tokyo), 40 000 euros pour l’argent, et 20 000 pour le bronze. De quoi donner une belle carotte aux athlètes tricolores.

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

« On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie
6min

Société

 « On se sera battu jusqu’au bout » : la droite sénatoriale prépare ses recours au Conseil constitutionnel contre la loi sur la fin de vie

Sur le projet de loi relatif à la fin de vie, qui devrait être définitivement adopté le 15 juillet, Gérard Larcher va déposer un recours pour vérifier la constitutionnalité des dispositions. Une procédure rare. Les sénateurs de la majorité sénatoriale de droite et du centre feront eux aussi leur propre saisine.

Le

French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Le Havre AC
4min

Société

Droits TV, LFP, rémunération des dirigeants : le Sénat et l’Assemblée tombent d’accord sur le texte encadrant le sport professionnel

La commission mixte paritaire sur la proposition de loi encadrant le sport professionnel qui s’est tenue ce mercredi a été conclusive. Députés et sénateurs se sont mis d’accord sur le plafonnement des rémunérations des dirigeants du foot français, avec des dérogations, ainsi que sur plusieurs mesures de régulation du secteur. L’interdiction de la multipropriété adoptée à l’Assemblée nationale a en revanche été écartée.

Le

Jeux Olympiques : une étude donne la France 3ème au classement des médailles
9min

Société

Affaire Lyhanna : la commission d’enquête du Sénat se penche sur les défaillances de la procédure qui visait déjà Jérôme Barella

Les auteurs du pré-rapport d’inspection commandé après la mort de Lyhanna ont été auditionnés ce mercredi 8 juillet par la commission d’enquête du Sénat sur la mise en œuvre des politiques pénales. Ils sont revenus en détail sur les défaillances autour du traitement de la plainte pour viol qui visait déjà Jérôme Barella, le meurtrier présumé de la collégienne. Malgré cette procédure, ce dernier ne faisait l’objet d’aucune mesure d’instruction particulière.

Le