Territoires
Invitée de la matinale de Public Sénat, la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel, a présenté les pistes d’économies concernant le budget des collectivités territoriales.
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Une absence en dit parfois plus qu’un discours. Contrairement à l’année dernière, Sébastien Lecornu ne clôturera pas les 95es Assises des départements de France (ADF). Le discours du Premier ministre est pourtant habituellement un passage obligé du congrès annuel des départements de France. Mais, en pleine contestation lycéenne et à la veille du retour des Gilets Jaunes, Sébastien Lecornu ne fera finalement pas le déplacement à Reims, ont appris hier soir les présidents de conseils départementaux. « On nous a dit qu’avec le retour des Gilets Jaunes, la colère dans la rue et les cyberattaques, le Premier ministre ne pourrait pas être présent », détaille François Sauvadet, président des Départements de France.
Cette absence constitue d’après lui une « faute politique » de Sébastien Lecornu et regrette que Sébastien Lecornu ne soit pas venu expliquer devant les Départements de France sa décision de ponctionner 1,8 milliard d’euros sur le budget de l’ensemble des départements dans le but de participer à la réduction du déficit. Un effort qui mettrait de nombreux départements en difficulté, voire en faillite, d’après François Sauvadet : « J’ai apporté des preuves de la gravité de la situation au Premier ministre, avec des départements en quasi-faillite : regardez les Ardennes, l’Aisne, la Gironde. […] L’Essonne a annoncé qu’avec ce prélèvement, il ne serait plus en capacité de financer le RSA. D’après la Cour des comptes, il y a une trentaine de départements qui sont en quasi-faillite (en dessous de 7 % de marge nette). Avec ce prélèvement de très nombreux départements seront en difficulté. »
Le président des Départements de France fustige aussi la méthode de Sébastien Lecornu sur le sujet qui, en même temps qu’il annonçait ne pas venir au congrès, a écarté tout débat sur ce prélèvement d’1,8 milliard. « Il n’y a eu aucune discussion sur le budget, j’ai tout appris dans la presse. Puis on nous envoie une lettre hier soir pour nous dire : circulez, il n’y a rien à voir. On est chez les fous ! » a ajouté le président du conseil départemental de Côte d’Or. Sébastien Lecornu recevra les Départements de France le 16 novembre à Matignon et a mis sur la table une hausse de la CSG qui leur serait affectée. Mesure refusée par l’Assemblée nationale lors des premiers débats budgétaires.
D’après François Sauvadet, les économies sont surtout à faire « sur le modèle social » : « La dépense sociale représente 70 % de notre budget alors que les pompiers attendent des investissements et que nous devons rénover les routes. » Le président des Départements de France demande ainsi au gouvernement de renoncer à son prélèvement et à financer à 50 % les « allocations individuelles de solidarité », au premier rang desquels le RSA, dont il faut d’après lui « revoir la conception » : « Le RSA, ça coûte 12 milliards d’euros par an. Parmi les bénéficiaires j’ai des personnes qui devraient être en retraite. Une personne de 80 ans touche le RSA et il ne faudrait pas revisiter ? »
François Sauvadet estime par ailleurs que les collectivités ne sont pas responsables de la situation budgétaire de la France. « Il y a eu un manquement dans la gestion budgétaire, avec 1 600 milliards de dette supplémentaire en deux quinquennats. Je revendique un droit d’inventaire sur ces dix ans. On a trop attendu, il n’y a eu aucune réforme de fond et l’Etat a continué à alimenter des dépenses qui nous conduisent dans une situation que l’on a dénoncée de longue date. Tout ça pour venir chercher l’argent dans la poche des Français et des départements », a-t-il conclu.
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