C’est un Xavier Bertrand « très marqué par cette matinée » qui s’est présenté sur le plateau de Public Sénat après les discours de clôture de François Sauvadet, président des Départements de France, et de Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire. L’ancienne sénatrice a remplacé au pied levé le Sébastien Lecornu qui a annulé sa venue hier soir, alors que le Premier ministre conclut traditionnellement le congrès de l’Assemblée des départements de France (ADF). Le moins que l’on puisse dire c’est que Sébastien Lecornu est loin d’avoir fait un cadeau à Françoise Gatel, puisque le discours de la ministre a été boycotté par les présidents de département – qui ont quitté la salle pendant son discours – et même directement interpellée (voir notre article).
« J’ai entendu ce que j’ai entendu à l’assemblée des intercommunalités de France. C’est aussi l’état d’esprit des présidents de région et ça sera sûrement celui des maires en novembre », analyse le président de la région des Hauts-de-France, alors que Régions de France tiendra son congrès en décembre. Xavier Bertrand voit dans cette rupture entre Départements de France et le gouvernement autour de la question budgétaire un symptôme plus large du fait que « le fonctionnement centralisé de notre pays ne peut plus tenir. » « Le fait que les conseillers départementaux qui sont des partenaires de l’Etat soient mis dans cette situation est quand même dingue. Ils sont complètement inconscients », a-t-il estimé.
« Notre gouvernement, si vous n’avez besoin de rien, demandez-leur quelque chose »
Ce n’est donc pas seulement le prélèvement de 1,8 milliard sur l’ensemble des départements qui est en cause d’après lui, mais plutôt que « ce ne sont pas ceux qui sont à Paris et qui endettent le pays qui peuvent donner des leçons aux élus locaux qui doivent voter leur budget à l’équilibre. » Xavier Bertrand appelle à constituer une « République des territoires », où l’Etat « s’occupe de moins de choses », se concentre sur le régalien et « fasse confiance aux élus locaux pour le reste. »
Le président de la région Hauts-de-France n’a pas mâché ses mots à l’encontre d’un exécutif « qui ne veut pas lâcher prise » et « garder le pouvoir. » Et de conclure : « On a un gouvernement, si vous n’avez besoin de rien, demandez-leur quelque chose. Qu’ils arrêtent de faire du mal dans les 6 mois qui viennent, ça sera déjà pas mal. »