Élevage intensif : « Comment les éleveurs peuvent-ils faire autrement ? »
Quelle place pour la viande dans nos assiettes en 2019 ? Sur le plateau de Public Sénat, professionnels et spécialistes échangent sur les pratiques des producteurs et les comportements des consommateurs. Un producteur affirme qu’on ne pourra pas délaisser l’élevage intensif sans que les Français n’y mettent le prix.

Élevage intensif : « Comment les éleveurs peuvent-ils faire autrement ? »

Quelle place pour la viande dans nos assiettes en 2019 ? Sur le plateau de Public Sénat, professionnels et spécialistes échangent sur les pratiques des producteurs et les comportements des consommateurs. Un producteur affirme qu’on ne pourra pas délaisser l’élevage intensif sans que les Français n’y mettent le prix.
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La viande, une mal aimée en 2019 ? Recul de la consommation sur certains segments et progression du végétarisme, attaques de militants antispécistes contre des boucheries, image écornée par des scandales dans des abattoirs, ou encore tensions sur les prix : les raisons du blues des éleveurs ne manquent pas.

« En France, on est capable du meilleur et on est capable du pire », considère Ghislain Zuccolo, président de Welfarm, une association de protection animale. Le directeur oppose ainsi l’élevage intensif, mis en place dans l’après-guerre avec les démarches de qualité, identifiées par des distinctions comme le Label rouge.

« Ce qu'il faut faire aujourd’hui, c’est que cette agriculture de qualité ce soit l’agriculture dominante », espère-t-il. Pour lui, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour « inverser la tendance ». C’est notamment le cas dans la filière porcine, où 95% des animaux, selon lui, sont élevés sur caillebotis.

« Il va falloir ce que l’on veut »

Éleveur de vaches en Moselle, Christian Perrin rétorque que certains confrères n’ont pas le choix que de recourir à de l’élevage intensif, et regrette les injonctions contradictions des consommateurs (vidéo en tête). « Mes collègues agriculteurs, qui font du porc ou du poulet, au prix où on trouve la marchandise à l’étal, comment peuvent-ils faire autrement ? Ce n’est pas possible ! » Et d’ajouter : « Il va falloir savoir ce que l’on veut […] Il va bien falloir que ces agriculteurs soient rémunérés »

Pour ce producteur, les reproches, dans le discours ambiant, sur la moindre qualité de cette viande produite en France n’ont pas lieu d’être. « Ça suffit de dire que les producteurs produisent n’importe quoi, qu’ils produisent de la viande industrielle », s’indigne-t-il. « Ils sont tous partie prenante pour faire autrement. »

Comme d’autres représentants avant lui sur notre plateau, il a exprimé un sentiment d’indignation sur les conditions de vie de sa profession. « Quand on voit les coûts de production et les coûts de vente, aujourd’hui, il ne faut pas s’étonner que malheureusement tous les deux jours, j’ai un collègue qui disparaît ! »

« Nous condamnons les dérives de certains »

Abattoirs : « Nous condamnons les dérives de certains » (Interprofession)
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Dominique Langlois, président de l’interprofessionnelle de la viande et du bétail, appelle, lui, à faire la part des choses entre les images choc d’élevages qui défrayent la chronique, et l’immense majorité des éleveurs. « Nous condamnons les dérives de certains, qui ne sont le reflet qu’une minorité d’irresponsables qui ne respectent pas la réglementation », assure-t-il, ajoutant que sa structure se porte partie civile à chaque action en justice.

Ce porte-parole de la filière a également nuancé, sur Public Sénat, les chiffres globaux qui font état d’une baisse de consommation de la viande, notamment sur la viande bovine. « Le panel mesure la vente dans les grandes et moyennes surfaces », explique-t-il. « Cette statistique n’embarque que certains segments, et exclut, selon lui, les plats préparés, la restauration hors-domicile ou encore la vente directe. « En 2018, le bilan, c’est plus 2% », balaye-t-il. »

La filière observe en tout cas des changements dans les comportements des acheteurs. « Le consommateur fait plus attention à ce qu’il mange », estime Romain Leboeuf, maître boucher et meilleur ouvrier de France. Mais il ne perd toutefois pas espoir quant à l'avenir de sa profession : « On a de plus en plus d’apprentis », se réjouit-il. 

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