« La France a le meilleur arsenal législatif pour garantir l’intégrité » des chercheurs
Le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias se réjouit que la loi de programmation de la recherche, adoptée en décembre, intègre des dispositions pour favoriser les pratiques de recherche honnêtes. Ces recommandations figurent dans un rapport, qui est présenté ce jeudi. Pour lui, il s’agit d’une avancée majeure, tant il est urgent de reconstruire un climat de confiance entre la science et la société.

« La France a le meilleur arsenal législatif pour garantir l’intégrité » des chercheurs

Le sénateur communiste des Hauts-de-Seine, Pierre Ouzoulias se réjouit que la loi de programmation de la recherche, adoptée en décembre, intègre des dispositions pour favoriser les pratiques de recherche honnêtes. Ces recommandations figurent dans un rapport, qui est présenté ce jeudi. Pour lui, il s’agit d’une avancée majeure, tant il est urgent de reconstruire un climat de confiance entre la science et la société.
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Par Joseph Stein

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« C’est un cas de figure inédit : les préconisations faites dans notre rapport ont été introduites dans une loi avant même l’examen de notre rapport », reconnaît Pierre Ouzoulias. Le sénateur fait référence à un rapport sur l’intégrité scientifique corédigé pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), qu’il remet le 4 mars. Avec le député Pierre Henriet, il expose dans ce rapport ce qui doit être fait pour garantir une recherche irréprochable en France.

Il était temps, d’après le sénateur des Hauts-de-Seine. La défiance de la société envers les scientifiques augmente, notamment à la suite de l’affaire de l’hydroxychloroquine. « La science n’a pas été présentée sous son meilleur visage », regrette Pierre Ouzoulias. Il invite à restaurer la confiance des citoyens dans la science, sans laquelle « il sera compliqué à l’avenir de fonder des politiques publiques sur des données scientifiques ».

Des pratiques inappropriées mais tolérées

Pour cela, le sénateur communiste a proposé des moyens de lutte contre les pratiques de recherche malhonnêtes. L’éventail de ces méconduites scientifiques est large : il va des fraudes intentionnelles, comme la falsification de données, aux pratiques inappropriées mais tolérées, par exemple la citation de travaux connus, même s’ils n’ont pas de lien direct avec le travail en cours, pour faire gagner celui-ci en visibilité. Plus récemment, certaines personnes ont aussi eu recours à des « fermes à articles », qui proposent la rédaction de faux travaux scientifiques.

Il est difficile de quantifier ces comportements en France, mais d’après le parlementaire, ils sont en augmentation. Avant tout, Pierre Ouzoulias dénonce la pression que les chercheurs subissent de la part de leur environnement : « Des dérives du monde de la recherche poussent les scientifiques à écrire plus d’articles, plus rapidement et à ne présenter que leurs résultats positifs. Or ces conditions peuvent encourager les chercheurs à recourir plus facilement aux travaux falsifiés. »

« Il faut arrêter la course au nombre »

Pour mettre un terme à ces pratiques, il faut diminuer la pression qui pèse sur les chercheurs, en évaluant leurs travaux de manière moins quantitative. « Il faut revenir à des évaluations plus qualitatives et surtout arrêter la course au nombre », recommande l’élu francilien. Ce dernier souhaite en outre que les établissements de recherche soient tenus de mettre en place des mesures pour garantir l’intégrité scientifique de leurs membres.

Dans cette perspective, le rapport de Pierre Ouzoulias et Pierre Henriet avance dix recommandations. Parmi elles, le renforcement du rôle des acteurs au sein des universités chargés de l’évaluation de l’intégrité scientifique et de la formation des chercheurs par rapport à ces enjeux.

Avec la loi de programmation de la recherche pour les années 2021-2030, certaines des recommandations ont été adoptées. Elles prévoient l’obligation pour les chercheurs intervenant auprès des pouvoirs publics de déclarer leurs potentiels conflits d’intérêts ou encore la prestation d’un serment d’intégrité scientifique après toute soutenance de thèse. Pierre Ouzoulias salue cette avancée, mais appelle à une mise en application rapide pour réconcilier les Français à la science.

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