Malbouffe des enfants : cantine un coupable idéal ?
Entrées ternes, plats chauds sans saveur, desserts insipides… voilà à quoi ressemblaient, il y a quelques années encore, les menus des cantines scolaires. Approvisionnement local, et bio, cuisine maison on ne compte plus les initiatives pour améliorer la qualité des repas, avec deux objectifs : diminuer le gaspillage et éviter la malnutrition. Mais quid de l’éducation au goût ? Est-ce la faute à la cantine si les enfants mangent mal ? Éléments de réponse dans l’émission un monde en docs.

Malbouffe des enfants : cantine un coupable idéal ?

Entrées ternes, plats chauds sans saveur, desserts insipides… voilà à quoi ressemblaient, il y a quelques années encore, les menus des cantines scolaires. Approvisionnement local, et bio, cuisine maison on ne compte plus les initiatives pour améliorer la qualité des repas, avec deux objectifs : diminuer le gaspillage et éviter la malnutrition. Mais quid de l’éducation au goût ? Est-ce la faute à la cantine si les enfants mangent mal ? Éléments de réponse dans l’émission un monde en docs.
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Par Hugo Ruaud

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À écouter les premiers concernés, les enfants, la cantine est souvent synonyme de malbouffe. Chaque année, un milliard de repas sont servis dans les cantines scolaires, dont un tiers finit au fond des poubelles. La faute à qui ? Pourquoi les enfants ne mangent-ils pas ce qu’on leur sert ? Œufs mollets et omelettes congelés, fruits pas mûrs et fromages sous plastique, des progrès restent à faire. Comme dans cette cantine où Perico Legasse se souvient avoir mangé « une pizza industrielle et un mars pour dessert ».
Mais ce n’est pas toujours la faute à la qualité des repas servis. D’ailleurs depuis plusieurs années des efforts sont faits.

Cantine scolaire, gachis en fin de repas


La cantine représente 10% des repas des enfants

Le repas du midi en période scolaire, c’est 144 repas par an et par élève, sur 1 460 » précise Virginie Lanlo. Autrement dit, la cantine représente moins de 10% de ce que mangent les enfants.
Pour l’élue des Hauts-de-Seine, les cantines scolaires sont soumises à des cahiers des charges stricts, une exigence de qualité mais également de transparence vis-à-vis des repas fournis. La nourriture préparée aux élèves est donc, sur le papier, équilibrée, variée et saine. D’autant plus depuis la loi Egalim promulguée en 2018 qui impose un minimum de bio et de local dans les menus. De nombreuses municipalités ont même pris de l’avance en servant majoritairement ces produits-là dans les assiettes.

Un enfant prenant son repas à la cantine scolaire

 

Certains industriels font des efforts, d’autres non

Les industriels aussi « ont fait des efforts gigantesques » selon Périco Légasse. « Une chose est de donner à manger aux enfants quelque chose de sain et de propre. Une autre chose est de leur apprendre à manger » poursuit le critique gastronomique.
L’éducation au goût, un enjeu pour les enfants… et pour les parents.
« Si on donne des produits de qualité à un enfant et que sa culture gustative ne l’a pas préparé à la qualité » il n’aimera pas ce qu’on lui sert, note Périco Légasse. Virginie Lanlo abonde dans ce sens : « L’éducation au goût se fait aussi avec la famille. Quand je vois des enfants qui récupèrent un paquet de chips et un soda à la sortie de l’école… »

La cantine doit donc être un levier, un moyen d’apprendre à manger afin que, peut-être, de meilleures habitudes soient transmises aux parents. C’est en tout cas ce que suggère l’expérience dans la commune de Mouans-Sartoux, où les légumes servis à table sont cultivés dans une parcelle à proximité de l’école et où gaspillage n’excède pas 2%. Dans cette commune les parents avouent avoir eux aussi changé leur alimentation, encouragés par leur progéniture.

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