Jean Castex : un plan de reconfinement « au cas où »
Écoles, transports, tests : devant la commission des lois du Sénat, le « Monsieur déconfinement » du gouvernement est revenu en détail sur la gestion de l'après-11 mai. Défendant une approche globale et la nécessité de maintenir les gestes barrières, il a aussi évoqué un possible reconfinement si la circulation du virus venait à accélérer de nouveau.

Jean Castex : un plan de reconfinement « au cas où »

Écoles, transports, tests : devant la commission des lois du Sénat, le « Monsieur déconfinement » du gouvernement est revenu en détail sur la gestion de l'après-11 mai. Défendant une approche globale et la nécessité de maintenir les gestes barrières, il a aussi évoqué un possible reconfinement si la circulation du virus venait à accélérer de nouveau.
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Par Fabien Recker

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Un « sas de déconfinement » : c’est en ces termes que Jean Castex décrit la phase qui s’ouvre à partir du 11 mai et jusqu'en juin. Auditionné par la commission des lois du sénat, mercredi 6 mai, le coordinateur national du déconfinement a insisté sur le caractère progressif des mesures élaborées par son équipe, et présentées par le Premier ministre devant le parlement.

« La progressivité est le maître mot » a insisté Jean Castex. Si l’État fixe les prérequis sanitaires, la situation « exige de la souplesse » en s’appuyant « le plus possible sur les acteurs locaux : les partenaires sociaux pour ce qui concerne la reprise du travail dans les entreprises, ainsi que le couple maire-préfet » pour les décisions au niveau local.

Gestes barrières : la « clé de voûte » du déconfinement

Le Monsieur déconfinement du gouvernement a ainsi défendu une « approche globale », à la recherche d’un équilibre entre le respect des exigences sanitaires et la nécessité d’une reprise. « Le confinement a porté ses fruits mais il a aussi des inconvénients lourds pour notre société et notre économie. Il est indispensable de reprendre la vie de la nation. De cette recherche de conciliation s’expliquent toutes les mesures. »

Le comportement des Français, et notamment le respect des gestes barrières au-delà du 11 mai, sera « la clé de la réussite de la lutte contre la pandémie » a souligné Jean Castex. « Il me semble observer un petit relâchement. Ce n’est pas bon. Si on ne respecte pas les gestes barrières, qui sont notre seule certitude et la clé de voûte du déconfinement, on risquera la rechute. » 

Plan de reconfinement

Une rechute possible qui fait d’ailleurs partie des scénarios anticipés par l’équipe du coordinateur national. « Si le virus venait à circuler à nouveau de manière intense, il faudra localement se donner les moyens d’agir immédiatement. J’ai proposé que soit également prêt un plan éventuel de reconfinement » a détaillé Jean Castex, qui estime que les administrations « ont appris de la phase aiguë de la crise. Nous aurons un plan prêt mais ce n’est pas mon objectif. »

Outre le respect des gestes barrières, la réussite du confinement implique donc des choix, qui peuvent paraître arbitraires mais « vont s’affiner en observation » a tenté de rassurer Jean Castex. Ainsi la classification des départements en « rouge » ou « vert » ou la limitation des déplacements dans un rayon de 100 km. Cette distance devra être calculée à vol d'oiseau, et non en fonction des routes. Ces mesures visent à éviter « que le virus circule entre les territoires. Nous n'avons rien contre la migration de personnes mais beaucoup contre la migration du virus. » 

« L'artillerie lourde » pour les tests

Il en va de même pour la décision de maintenir fermés les plages, au détriment des populations du littoral. « Cela pourrait créer une tentation de migration » a rappelé Jean Castex. « Par rapport à l’inconvénient de la fermeture, le bénéfice d’éviter les grandes migrations nous a conduits dans notre âme et conscience à maintenir les plages fermées dans cette phase 1 ».  

Outre les limitations à la liberté de circuler, le plan de déconfinement s’appuie sur une politique de tests élargie. Jean Castex a ainsi promis une « artillerie lourde » pour « tenter de rompre les chaînes de contamination ». Outre le dépistage systématique dès les premiers symptômes, il s’agit d’identifier les contacts des personnes testées positives pour les dépister à leur tour. « Nous devrions être au rendez-vous » pour effectuer « 700 000 tests par semaine » à partir du 11 mai s’est avancé M. Castex.

Les cas positifs devront se placer en isolement. « Un pari de la confiance » a-t-il reconnu, dans la mesure où le déconfinement implique par défaut qu’il est de nouveau autorisé de circuler. La mise en œuvre de la politique de tests est confiée aux préfets.

L'école, « sujet anxiogène »

Dans la perspective d’une reprise graduelle, « les transports en commun sont sans doute le sujet le plus délicat » a reconnu Jean Castex, en particulier en Ile-de-France. Par le recours au télétravail, il s’agit « d’adapter la demande à l’offre » nécessairement réduite par les précautions sanitaires (comme le fait de ne libérer qu’un siège sur deux).

L’audition a enfin largement évoqué l’école, « sujet anxiogène ». « La majorité des pays ont décidé de rouvrir » leurs écoles a observé le haut fonctionnaire. Le choix de rouvrir en priorité les maternelles et l’école primaire se justifie par le fait « que les plus petits sont les moins malades », mais aussi par un impératif économique, a reconnu sans détour le coordinateur national. « Un lycéen peut se garder lui-même. On va reprendre le collège dans les zones vertes, et regarder pour le lycée début juin. L’objectif est celui d’une remise du pied à l’étrier dans la prudence et un cadre sanitaire réel. »

« Les maires, je les connais. C'est normal qu'ils rouspètent »

Alors que le nombre de places en classe restera limité, le périscolaire sera fortement sollicité. « Le surcoût pour les maires sera à la charge de l’État » a annoncé Jean Castex, qui s’attend, dans un premier temps, « à ce que moins de 50% des élèves reviennent ». La « priorité » est de ramener à l’école les élèves décrocheurs.

Face aux inquiétudes des élus locaux, en première ligne pour gérer la reprise des écoles primaires, Jean Castex a tenu à relativiser. « Ca râle, les maires je les connais. Oui, ça oblige à nettoyer, à réaménager, c’est normal qu’ils rouspètent. Mais il n’y a pas d’autres solutions. »



 

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