« Autant nommer le président de Monsanto ministre de l’Agriculture » réagit Benoit Hamon aux propos de Didier Guillaume sur le glyphosate
Invité de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, Benoit Hamon, leader du mouvement Génération.s est revenu sur les propos du ministre de l’Agriculture sur les pesticides et invite Didier Guillaume à agir rapidement.

« Autant nommer le président de Monsanto ministre de l’Agriculture » réagit Benoit Hamon aux propos de Didier Guillaume sur le glyphosate

Invité de l’émission « Audition publique » sur Public Sénat et LCP, Benoit Hamon, leader du mouvement Génération.s est revenu sur les propos du ministre de l’Agriculture sur les pesticides et invite Didier Guillaume à agir rapidement.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

La semaine dernière, interrogé sur les malformations importantes constatées chez certains nourrissons, le nouveau ministre de l'Agriculture a affirmé qu'il revenait "aux scientifiques de prouver la nocivité des pesticides". Didier Guillaume s'est attiré les foudres des ONG et de certains politiques sur un dossier qui est au cœur d'une intense polémique. Benoit Hamon,  qui s’était déjà saisi de la question pendant la campagne présidentielle de 2017, s’est montré très virulent envers Didier Guillaume : « On prétend faire des gouvernements de professionnels et on découvre qu’ils ignorent jusqu’aux éléments les plus basiques de loi. Il n'appartient pas aux scientifiques de faire la preuve que le glyphosate est dangereux mais à son producteur de faire la preuve qu'il ne l'est pas. Autant nommer le président de Monsanto ministre de l'Agriculture. »

Il ajoute : « Je ne sais pas qui lui a soufflé à l’oreille mais on  a l’impression de parler en direct à des industriels des pesticides » Il insiste sur les propos du ministre de l’Agriculture et l’interpelle : « On le sait que c'est dangereux Didier Guillaume ! Tout le temps que vous perdez, vous faites courir un risque sanitaire majeur à ce pays ! »

Fallait-il inscrire dans la loi l'interdiction du glyphosate ? "Je l'aurais fait", assure Benoit Hamon. Il précise : « C'est une question de volonté. Le problème de la République ce n'est pas les lobbies mais la faiblesse des politiques qui ne savent pas leur résister. »

Interrogé sur la nomination d’Emmanuelle Wargon au poste de secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Benoit Hamon déplore : « Emmanuelle Wargon à l’écologie ! Incroyable… Peut-être que c’est son expertise en matière de pollution qui lui donne une légitimité à dépolluer aujourd’hui ».

Il conclut en revenant sur le départ de Nicolas Hulot du gouvernement : « Aucune leçon n'a été tirée de la démission de Nicolas Hulot. Regardez la nomination de Didier Guillaume et de Madame Wargon. »

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

« Autant nommer le président de Monsanto ministre de l’Agriculture » réagit Benoit Hamon aux propos de Didier Guillaume sur le glyphosate
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le