« Benchmarking » : « Un laisser-aller inadmissible » selon David Assouline
Auditionné ce mercredi au Sénat, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a affirmé que « les migrants font du benchmarking ». « Vulgarité », « honteux » : les sénateurs réagissent.

« Benchmarking » : « Un laisser-aller inadmissible » selon David Assouline

Auditionné ce mercredi au Sénat, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a affirmé que « les migrants font du benchmarking ». « Vulgarité », « honteux » : les sénateurs réagissent.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est la nouvelle phrase du Ministre de l’Intérieur qui fait polémique depuis son audition hier au Sénat : « Le Sénat aime beaucoup comparer les différentes législations européennes. Il n’y a pas que le Sénat qui fait du benchmarking, les migrants aussi ».

Le vice – président du Sénat, David Assouline dénonce un laisser-aller du Ministre de l’Intérieur : « C’est un laisser-aller tout à fait inadmissible. Certains utilisent des mots dont de la sémantique est de plus en plus déplacée sur des drames et des situations qui nécessitent du respect de la part de ceux qui incarnent la République. Il ne faut pas croire que nous sommes dans un cirque. Il faut envoyer un signal de profond respect de la condition humaine. Quand j’entends supermarché, submersion, benchmarking, je trouve ça vulgaire ».

Le sénateur socialiste demande au ministre et au gouvernement d’avoir des propos plus conformes à leurs fonctions et de ne pas mettre tout au même niveau : « Je ne peux pas penser que c’est de la maladresse. C’est un laisser-aller qui a pour base un lâcher d’un certain nombre d’impératifs de l’action publique. On met tout au même niveau. Je demande d’arrêter le laisser-aller et d’avoir des propos plus conformes à cette fonction. »

Le sénateur Roger Karoutchi a également réagi à cette polémique. Il reconnaît une expression malheureuse mais accuse les passeurs de comparer les pays européens pour choisir les réseaux : « On avait déjà eu avec Madame Loiseau une déclaration un peu différente quand elle disait que les migrants faisaient des choix. C’est d’ailleurs ce que dit la Commission européenne. L’expression est malheureuse car je ne pense pas que les migrants fassent du benchmarking. En revanche, les passeurs eux savent. Ils regardent les conditions d’accès en Allemagne, en France et en Italie mais aussi les nationalités les plus intégrées. À partir de là ils regardent les réseaux. Ce ne sont pas les migrants qui sont en cause mais les passeurs qui s’en servent. »

". L’expression est malheureuse car je ne pense que les migrants fassent du benchmarking. En revanche, les passeurs eux savent" selon Roger Karoutchi
01:00

 

Sur Twitter, cette phrase fait également réagir les sénateurs. Rachid Temal, sénateur socialiste, a ironisé : « Quand tu passes du côté obscur de la force… ».

 

La sénatrice Marie-Pierre de la Gontrie, présente durant l’audition de Gérard Collomb, était la première à réagir directement en audition : « Vous avez aimé « le shopping de l asile » de la ministre Loiseau ? Sans tarder G Collomb parle en commission des lois du Sénat du « benchmarking des migrants « selon les pays .... honteux ».

 

Hier, Esther Benbassa, sénatrice (écologiste) de Paris, avait réagi dans notre mission Sénat 360.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le