Christian Jacob a été élu dimanche président des Républicains, devenant à cinq mois des municipales le patron d'un parti en crise profonde après...
Christian Jacob devient le nouveau président d’un parti LR en crise
Christian Jacob a été élu dimanche président des Républicains, devenant à cinq mois des municipales le patron d'un parti en crise profonde après...
Par Claire GALLEN
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Christian Jacob a été élu dimanche président des Républicains, devenant à cinq mois des municipales le patron d'un parti en crise profonde après deux années de délitement.
Le chef de file des députés LR, qui faisait figure de grand favori, l'a emporté dès le premier tour avec 62,58% des voix contre 21,28% au député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert et 16,14% au plus libéral Guillaume Larrivé, député de l'Yonne.
La participation a été plus forte que prévue puisque 62.401 adhérents à jour de leur cotisation ont voté, soit 47% de participation.
A titre de comparaison, en 2017, la participation avait atteint 42,46% lorsque Laurent Wauquiez avait été élu avec près de 75% des voix. LR comptait alors 235.000 adhérents, 100.000 de plus qu'aujourd'hui.
Cette mobilisation devrait asseoir la légitimité de M. Jacob, même s'il est déjà acquis qu'il ne se présentera pas à la présidentielle de 2022.
Le nouveau président des Républicains, Christian Jacob, le 13 octobre 2019 à Paris
AFP/Archives
"Les Républicains ne rependront leur place de grand parti de droite populaire et ouvert que s'ils renouent avec la promesse du rassemblement", a assuré M. Jacob. Opposé au système des primaires, il a, depuis le siège du parti à Paris, appelé sa famille politique à mettre "de côté" les querelles d'ego.
Félicitant ses concurrents, M. Jacob a assuré qu'ils auraient "évidement toute leur place dans l'équipe dirigeante" à venir.
"Je continuerai, au sein des Républicains et à Oser La France, à défendre nos valeurs pour une Droite patriote, républicaine et sociale. L'aventure continue!" a réagi M. Aubert sur Twitter, tandis que M. Larrivé promettait de continuer "à tracer une voie, en homme libre de défendre (ses) convictions".
Guillaume Larrivé pose pour l'AFP le 9 septembre 2019 à Paris
AFP/Archives
La victoire de M. Jacob a été saluée dans les rangs républicains qui n'ont pas caché l'ampleur de la tache: "victoire du rassemblement dans la clarté et la fidélité à nos valeurs" a estimé le député Eric Ciotti, tandis que Bruno Retailleau lançait: "Et maintenant, au travail!"
"La tâche est immense, nous serons à ses côtés pour engager le redressement de notre mouvement", a assuré le président du Sénat Gérard Larcher.
- "Projet d'alternance au macronisme"-
M. Jacob, 59 ans, trois fois ministre, et qui revendique de son passé d'agriculteur un "bon sens paysan", devra en effet reconstruire un parti, héritier de l'UMP, mais qui a accumulé les revers : défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2012, éviction historique du deuxième tour à celle de 2017, jusqu'à la gifle de 8,5% aux européennes de mai, qui a provoqué la démission de Laurent Wauquiez et précipité cette élection interne.
Le nouveau président devra trouver une voie dans un espace politique réduit: d'un côté la République en marche, qui s'attaque à des thèmes régaliens marqueurs de la droite, et de l'autre, l'extrême-droite où l'on prône le rapprochement.
Christian Jacob pose le 5 septembre 2019 à Paris
AFP/Archives
M. Jacob a promis un "projet d'alternance au macronisme" autour de "quelques valeurs fortes", telles que "restaurer l'autorité de l'État", "lutter contre une forme de délitement de la cohésion nationale et le poison du communautarisme et de l'immigration incontrôlée", et "combattre la paupérisation des classes moyennes et des retraités".
Pour le parti, le premier rendez-vous sera les municipales de mars, "moment de vérité entre le lepenisme et le macronisme d'un côté, et nous de l'autre", a ajouté M. Jacob, en promettant que cela se ferait "dans la clarté et sans compromission, en étant fiers de nos valeurs".
Pour LR, il faut aussi, à l'approche des municipales, stopper l'hémorragie qui a vu partir Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.
"Christian Jacob est celui qui peut, par sa personnalité, par une certaine sagesse mais aussi une certaine hauteur de vue, convaincre Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, des gens qui ont énormément de valeur, de revenir travailler avec nous pour reconstruire le parti", a estimé avant la clôture du scrutin le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau.
Il y a urgence. Dimanche, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a affirmé qu'il allait "évidemment" quitter LR. Et vendredi, c'est le sénateur de l'Hérault Jean-Pierre Grand qui avait claqué la porte du parti.
La Fête de l’Humanité s’est tenue ce week-end en Essonne. Elle a vu défiler la plupart des candidats de gauche à la présidentielle, qui se sont tous exprimés lors de meetings organisés indépendamment les uns des autres. Une offre pléthorique à gauche, qui laisse ses sympathisants dans le flou, à huit mois de la présidentielle.
À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).
Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.