Collomb veut reprendre sa part de Lyon
Reviendra, reviendra pas... Les paris étaient ouverts à Lyon depuis son entrée au gouvernement. Seize mois plus tard, les jeux sont faits:...

Collomb veut reprendre sa part de Lyon

Reviendra, reviendra pas... Les paris étaient ouverts à Lyon depuis son entrée au gouvernement. Seize mois plus tard, les jeux sont faits:...
Public Sénat

Par Pierre PRATABUY

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Reviendra, reviendra pas... Les paris étaient ouverts à Lyon depuis son entrée au gouvernement. Seize mois plus tard, les jeux sont faits: Gérard Collomb briguera bien en 2020, l'année de ses 73 ans, un quatrième mandat dans "sa" ville. Celui de trop ?

Son annonce mardi dans le magazine L'Express n'étonne guère dans le landerneau politique lyonnais.

"C'est tout sauf une surprise. C'est l'épilogue laborieux d'un faux suspense entretenu depuis un an", tacle-t-on dans l'entourage d'Étienne Blanc, bras droit de Laurent Wauquiez à la région, pressenti pour mener la liste LR aux prochaines municipales.

"Il était inimaginable que Collomb parte sur la pointe des pieds en murmurant qu'il passait la main", estime l'un de ses anciens chefs de cabinet. Et l'âge ? "Il a souvent rappelé celui de Raymond Barre (71 ans, ndlr) quand il a été élu maire, sans que les Lyonnais y trouvent à redire. Et il dit rarement les choses au hasard."

N'empêche, en lançant dès juin une association électorale, le ministre de l'Intérieur a voulu "prendre un temps d'avance", comme s'il craignait d'être distancé sur ses terres où il est pourtant souvent revenu depuis sa prise de fonctions à Paris.

David Kimelfeld, lors d'une conférence de presse à Lyon, le 18 septembre 2018
David Kimelfeld, lors d'une conférence de presse à Lyon, le 18 septembre 2018
AFP

Il y a deux ans, celui qui conquit la mairie et le Grand Lyon en 2001, avant d'être réélu facilement en 2008 et 2014, avait préparé la suite: en 2020, il viserait la métropole, son lieutenant David Kimelfeld la mairie, la loi interdisant désormais de cumuler les deux.

Mais l'élection d'Emmanuel Macron, en le propulsant place Beauvau, a précipité l'arrivée de M. Kimelfeld à la tête de l'agglomération. Avec le risque de le voir garder les clés, comme Louis Pradel - promu maire de Lyon à la place d'un ministre de Guy Mollet - à la succession de l'inamovible Edouard Herriot.

M. Kimelfeld, ancien premier fédéral du PS passé chez LREM dans le sillage de M. Collomb, l'a dit et répété: si l'envie prenait au ministre de retrouver son fauteuil lyonnais avant 2020, il n'aurait "aucune raison" de le garder.

Mais il lui aura suffi, au printemps, de recevoir à déjeuner Jean-François Debat, chef de file de l'opposition socialiste régionale et ex-trésorier de Solférino, pour alimenter les rumeurs d'émancipation et conduire M. Collomb à rappeler qui était le patron: sa double candidature devrait brider les ambitions, même s'il lui faudra choisir, in fine, entre ville et métropole.

- "Rien n'est acquis" -

"Il y aura des discussions" à ce sujet, a réagi mardi M. Kimelfeld. "Franchement, on est à 18 mois des élections et c'est pas l'urgence", a ajouté celui pour qui "l'important, ce n'est pas de savoir si c'est Pierre, Paul, Jacques ou Joséphine qui sera à la tête de la métropole". Mais plutôt de savoir qui pourra le plus fédérer autour de lui.

En revenant après les européennes de 2019, "Gégé", comme on le surnomme entre Rhône et Saône, devrait "entrer directement en campagne, d'autant que ce n'est pas la configuration de la dernière fois, où il n'y avait pas de compétition", estime une élue locale.

Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne photographié en janvier 2014
Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne photographié en janvier 2014
AFP/Archives

Outre la candidature officieuse de M. Blanc, le maire PS de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, pourrait se lancer dans l'agglomération. Mais c'est surtout le nouveau mode de scrutin métropolitain qui change la donne.

Jusqu'alors, les 59 communes adhérentes étaient toutes représentées par au moins un élu, généralement leur maire. Pour 2020, le territoire a été découpé en 14 circonscriptions qui ne leur garantissent plus automatiquement un siège dans l'hémicycle. De quoi les mettre en rogne.

Lundi dans le quotidien régional Le Progrès, l'actuel premier vice-président de la métropole, Marc Grivel, chef de file des "petits maires" des prospères communes des Monts-d'Or et du Val-de-Saône auxquels Gérard Collomb doit sa majorité depuis 2001, a répondu "non", par avance, à la question d'un nouvel accord avec lui, faute d'avoir pu obtenir une réforme du scrutin.

"Rien n'est jamais acquis", admet le ministre, qui compte ratisser large pour l'emporter, "du PS à la droite républicaine en passant par le centre".

Dans cette campagne à venir, quel sera le rôle de Caroline Collomb, référente locale de LREM ? "Des fables", répond son époux à ceux qui en font la prochaine baronne de Lyon. "Mais elle sera sans doute sur la liste."

Partager cet article

Dans la même thématique

France Missing Girl
7min

Politique

Affaire Lyhanna : « Il y a une chaîne judiciaire qui n’a pas fonctionné, c’est assez accablant », affirme Isabelle Florennes

Depuis les révélations autour du profil de Jérôme Barella mis en examen pour enlèvement et séquestration de Lhyanna dans le Gers le 29 mai, la classe politique jusqu’à Emmanuel Macron pointe les failles de la justice. Les sénateurs attendent que les résultats de l’enquête administrative diligentée par le gouvernement leur soient présentés dans les semaines à venir.

Le

PARIS Gerald Darmanin place Vendome
4min

Politique

Affaire Lyhanna : que dit la circulaire de Gérald Darmanin de 2025 ?

Une semaine après la disparition de la jeune Lyhanna à Fleurance, Gérald Darmanin dénonce les « dysfonctionnements » de l’État dans le suivi du principal suspect, actuellement mis en examen. Le ministre de la Justice fait notamment référence à sa circulaire de politique pénale générale, envoyée en janvier 2025, où il appelait au « traitement prioritaire » des violences sur enfants. Celle-ci n’aurait pas été respectée.

Le

SoftBank CEO Masayoshi Son Meets French President Emmanuel Macron at Elysee Palace
2min

Politique

Lyhanna : Emmanuel Macron dénonce un « dysfonctionnement inacceptable », Sébastien Lecornu demande que « les conclusions de l’enquête administrative lui soient remises sous 15 jours »

Au lendemain de la découverte dans le Gers d'un corps étant probablement celui de Lyhanna, le président de la République dénonce depuis le Monténégro, un « dysfonctionnement inacceptable ». A l’issue de réunion de crise à Matignon entre Gérald Darmanin, Laurent Nunez et Sébastien Lecornu, ils « ont fait état d’éléments accablants dans la procédure, à tous les niveaux ».

Le

Collomb veut reprendre sa part de Lyon
3min

Politique

Loi de programmation militaire : le sénateur LR Hugues Saury appelle à des négociations en vue de la commission mixte paritaire

Interrogé sur Public Sénat, le sénateur LR Hugues Saury assume le rejet par son groupe, mardi, de l’article phare de la loi de programmation militaire. La droite espère encore arracher une rallonge supplémentaire à la hausse de 36 milliards d’euros du budget des armées inscrite dans le texte, qui file en commission mixte paritaire.

Le