Du « Pognon de dingue » à « la responsabilisation des personnes » : le double langage d’Emmanuel Macron sur le social
Le 12 juin dernier, Sibeth Ndiaye, conseillère presse d’Emmanuel Macron, publie sur son compte Twitter une vidéo qui n’est pas passée inaperçue…On y voit Emmanuel Macron en train de préparer le discours sur la politique sociale qu’il prononcera le lendemain devant les acteurs mutualistes.Le président teste ses éléments de langage et l’un d’eux fait le buzz : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux ». Une phrase que le président n’a pas prononcé telle quelle le lendemain…Alors pourquoi cette opération de communication en deux temps et l’utilisation d’un vocabulaire aussi familier pour parler des aides sociales ?Décryptage de ces deux interventions par des élèves-comédiens du Studio Muller

Du « Pognon de dingue » à « la responsabilisation des personnes » : le double langage d’Emmanuel Macron sur le social

Le 12 juin dernier, Sibeth Ndiaye, conseillère presse d’Emmanuel Macron, publie sur son compte Twitter une vidéo qui n’est pas passée inaperçue…On y voit Emmanuel Macron en train de préparer le discours sur la politique sociale qu’il prononcera le lendemain devant les acteurs mutualistes.Le président teste ses éléments de langage et l’un d’eux fait le buzz : « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux ». Une phrase que le président n’a pas prononcé telle quelle le lendemain…Alors pourquoi cette opération de communication en deux temps et l’utilisation d’un vocabulaire aussi familier pour parler des aides sociales ?Décryptage de ces deux interventions par des élèves-comédiens du Studio Muller
Public Sénat

Par Prescillia Michel

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Pognon de dingue » : Une scénographie-coulisse où tout est organisé

Pour Mathieu, un des élèves de l’école de théâtre, la séquence sur Twitter est « une scénographie-coulisse où tout est organisé : on a trois bouteilles d’eau sur la table et la veste d’Emmanuel Macron est posée sur la chaise ».

15_macron_twitter.jpg
Twitter Sibeth Ndiaye

D’autre part, le président joue beaucoup sur les « signes visuels, gestuels. Il y a une abondance de signes donnés ». Il va même jusqu’à « désigner et créer tous les acteurs dont il parle par un geste de la main ».

Tous ces signes ont un but : « Attirer l’attention du spectateur sur le chef de l’État plutôt que sur son discours et le sens de ses mots ».

Alors, est-ce une bonne ou une mauvaise mise en scène ?

Pour Carla, il en ressort « quelque chose de très naturel, notamment au niveau du corps. Ses micro-gestes qui peuvent éventuellement parasiter le sens, semblent, contre toute attente, plutôt naturels », une bonne chose pour ces spécialistes du jeu d’acteur.

La jeune comédienne poursuit : « On s’identifie bien plus facilement à quelqu’un comme ça qu’à un orateur qui met peut-être plus de distance ».

À la Mutualité, un président plus rassembleur

Lors de son discours, le lendemain au 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier, Emmanuel Macron tente de jouer un jeu « plus social », en ayant une attitude plus fédératrice.

Selon Léo, « ici, il va vraiment prendre son temps, il a une bonne verticalité du corps et une distribution des regards qui est très juste ».

16_macron_mutualite_1.jpg
AFP

Des signes visuels et gestuels qui marquent une différence entre les deux interventions.

Avis partagé par Clémence : « Dans la 1ère vidéo, il pointe beaucoup du doigt son interlocuteur alors que dans la 2nd ce sont plus des gestes qui vont rassembler » : les mains se collent, les doigts se joignent…« On sent du coup qu’il essaie de nous montrer sa force de conviction par quelque chose qui est tout de suite plus rassembleur que de désigner moi et vous » comme il le fait la veille dans son bureau.

Emmanuel Macron donne donc à voir deux images différentes comme l’analyse Mathieu :

« D’un côté on a quelqu’un de très vivant, très dynamique, c’est un homme d’affaire et de l’autre, c’est le prêcheur, celui qu’on a envie de croire et de suivre comme un guide ».

Les élèves sont unanimes : Emmanuel Macron semble donc plus convaincant dans sa première vidéo, avec l’emploi « de mots simples qui font que le message passe mieux ».

Une opération de com’ réussie pour le président ? Dans l’impact oui mais dans le sens de ce discours qui devait être l’ouverture du volet social du gouvernement, où est le virage à gauche ?

 

Retrouvez l’intégralité de l’émission Déshabillons-Les, Quand le gouvernement fait couac sur le social, samedi  7 juillet à 15h sur Public Sénat.

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

Du « Pognon de dingue » à « la responsabilisation des personnes » : le double langage d’Emmanuel Macron sur le social
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le