A deux jours du scrutin, les candidats aux européennes ont jeté vendredi leurs ultimes forces dans la bataille. Une dernière ligne droite...
Européennes: la campagne se termine, bousculée par l’explosion à Lyon
A deux jours du scrutin, les candidats aux européennes ont jeté vendredi leurs ultimes forces dans la bataille. Une dernière ligne droite...
Par Gaëlle GEOFFROY
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
A deux jours du scrutin, les candidats aux européennes ont jeté vendredi leurs ultimes forces dans la bataille. Une dernière ligne droite bousculée par l'annonce en fin d'après-midi de l'explosion à Lyon d'un colis piégé qui a fait une dizaine de blessés légers.
Emmanuel Macron a aussitôt qualifié cet acte d'"attaque", sans plus de précisions, en direct sur la chaîne d'un youtubeur sur laquelle il a encouragé les jeunes à se rendre aux urnes dimanche.
"Ce soir je pense aux blessés de l'explosion de Lyon, à leurs familles touchées par la violence qui s'est abattue sur leurs proches dans la rue, et à tous les lyonnais. Nous sommes à vos côtés", a-t-il tweeté dans la soirée.
Pour les Européennes, "tout a été mis en place pour que les conditions de ce scrutin se déroulent de la meilleure façon possible. Le gouvernement est extrêmement vigilant", a commenté la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.
En meeting à Lille, le chef de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a jugé que l'auteur de cet "attentat" l'a commis dans "l'idée de peser sur le vote qui a lieu dans 48H et de le défigurer par la peur".
Un homme d'une trentaine d'années est recherché par la police, selon une source proche du dossier. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est rendu sur place.
Suivant la situation depuis Matignon, le Premier ministre Edouard Philippe a annulé sa participation au dernier meeting de campagne de la liste de la majorité à la Mutualité à Paris.
La présidente du RN Marine Le Pen et la tête de liste RN aux municipales Jordan Bardella (C) en meeting à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) le 24 mai 2019
AFP
Pendant que l'exécutif se démultipliait, la classe politique a abondamment commenté cette explosion.
"Toute la lumière devra être faite sur les circonstances de cet attentat terroriste", a tweeté la cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen.
- "Coup bas minable" -
Au même moment, les derniers meetings se sont tenus au bout d'une campagne brouillonne qui prend fin officiellement à minuit. Les électeurs de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et Polynésie française voteront dès samedi, avant la métropole et le reste de l'Outre-mer dimanche.
Dans le match LREM/RN, un dernier sondage Harris Interactive/Epoka a crédité vendredi le parti de Marine Le Pen de 25% d'intention de votes, contre 22,5% à celui d'Emmanuel Macron. L'ensemble des derniers sondages donnent le RN avec une avance de 0,5 à 2,5 points sur En Marche.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'exprime lors d'un meeting de campagne à la Mutualité à Paris le 24 mai 2019
AFP
Devant quelque 1.700 personnes réunies à la Mutualité, dont une bonne partie du gouvernement, les responsables de LREM se sont efforcés de délivrer un message de mobilisation, à l'image du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui a appelé à "combattre" jusqu'au bout. "A l'heure qu'il est, nous sommes derrière qui vous savez. Ce n'est pas possible !", a martelé le journaliste Bernard Guetta, N.8 de la liste, sans prononcer le nom du Rassemblement national.
Dans le fief du RN d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), la tête de liste Jordan Bardella a appelé les électeurs de LR, de LFI mais aussi de Nicolas Dupont-Aignan, ancien allié à la présidentielle, à voter dimanche RN pour ne pas "gâcher" de voix face à Emmanuel Macron. M. Dupont-Aignan a réagi en dénonçant un "coup bas minable".
- "Faire mentir les sondages" -
En déplacement à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), la tête de liste LR François-Xavier Bellamy a accusé Emmanuel Macron d'avoir désigné "Marine Le Pen comme le porte-voix légitime de tous ceux qui se sentent en colère contre (sa) politique". Il a promis de "faire mentir les sondages".
Manon Aubry, la tête de liste LFI, a fustigé "le duo de l'extrême marché et l'extrême droite", estimant que les Insoumis étaient "les seuls à pouvoir le défaire"
Et Raphaël Glucksmann, dont la liste bataille pour franchir le seuil des 5% de voix, souligne que les candidats de LREM et du RN élus "iront dans des tout petits groupes" au Parlement européen.
Les cinq têtes de listes de gauche (LFI, EELV, PS, PCF et Générations) ont défilé vendredi après-midi à Paris pour le climat mais chacun de son côté, en s'évitant soigneusement et en se renvoyant la responsabilité de leur impossible union.
Les candidats font tout pour mobiliser un électorat dont la participation s'annonce faible, entre 40% et 44% selon les sondages.
"Allez voter, parce que décider de ne pas voter, c'est vous interdire derrière de critiquer. Si vous n'allez pas voter, vous laissez les autres décider pour vous de votre avenir. C'est la pire des choses", a déclaré Emmanuel Macron sur la chaîne du youtubeur Hugo Travers.
Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.
Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.
Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.
Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.