Après plusieurs jours de blocages et d'actions à travers la France, les "gilets jaunes" pourront se rassembler samedi au Champ-de-Mars à Paris...
« Gilets jaunes »: rassemblement en vue à Paris pour « l’acte 2 » de la mobilisation
Après plusieurs jours de blocages et d'actions à travers la France, les "gilets jaunes" pourront se rassembler samedi au Champ-de-Mars à Paris...
Par Marie GIFFARD avec les bureaux de l'AFP en régions
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Après plusieurs jours de blocages et d'actions à travers la France, les "gilets jaunes" pourront se rassembler samedi au Champ-de-Mars à Paris pour tenter de marquer les esprits et relancer une mobilisation qui montre des signes d'essoufflement.
Après avoir écarté le scénario d'un rassemblement place de la Concorde, le ministère de l'Intérieur a indiqué jeudi que les "gilets jaunes" mobilisés notamment contre les prix du carburant pourraient se réunir sur l'esplanade du Champ-de-Mars, près de la Tour Eiffel.
"Ce lieu offrant les conditions de sécurité nécessaires, il pourra accueillir les manifestants", expliquent le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez dans un communiqué, ajoutant que plusieurs demandes avaient été déposées en préfecture et qu'un "dispositif de sécurité" sera mis en place pour protéger les "lieux sensibles" de la capitale.
Lancé le 17 novembre hors de tout cadre syndical ou politique, le mouvement espère faire du rassemblement parisien "l'acte 2" d'une mobilisation protéiforme qui a mis l'exécutif sur la défensive et plongé la majorité dans le désarroi.
Heurts dans le quartier du Chaudron le 20 novembre 2018 à Saint-Denis-de-la-Réunion
AFP
"J’espère qu’il va y avoir une véritable marée jaune", affirme Frank Buhler, l'un des initiateurs du mouvement dans le Tarn-et-Garonne et auteur d'une vidéo où il appelait tous les "gilets jaunes" "à pied, à cheval et en voiture [à] parcourir la totalité des rues de Paris".
Devant une affluence impossible à estimer et face à la crainte de débordements, le ministère de l'Intérieur a prévenu que "la réponse judiciaire sera intraitable en cas de troubles".
Le rendez-vous parisien divise en tout cas les troupes, l'argument financier ou la perspective de violences pouvant décourager certains de se rendre dans la capitale.
"C'est quand même des gros frais (...) On est en train de voir pour samedi, pour qu'il y ait encore du monde qui reste sur Nantes et qu'il y ait du monde qui aille sur Paris", déclare Yoann Molot, 24 ans, un des porte-parole à Nantes.
"On va pas gaspiller du carburant, ça serait un peu bête", a déclaré Tristan Lozach, à l'origine du groupe Facebook "Le pouvoir du peuple 22" dans les Côtes d'Armor.
La SNCF a d'ailleurs tenu à démentir une "rumeur persistante" selon laquelle le port d'un "gilet jaune" samedi vaudra titre de transport dans les trains. "Ce samedi, comme toute l'année, les trains ne sont accessibles qu'aux voyageurs munis d'un titre de transport valide", a précisé un porte-parole de la compagnie.
Certains "gilets jaunes" n'appellent pas à rallier le cortège parisien, comme Fabrice Schlegel, 45 ans, meneur à Dole (Jura), qui préfèrera une action "à l'échelle du département" : "D'abord, tout le monde n'a pas 150 euros à mettre pour faire le déplacement et puis on s'inquiète de la violence qu'il peut y avoir".
A "la dernière grosse manifestation parisienne, le 1er mai, les +black blocs+ étaient de sortie et il y a eu beaucoup de casse. Je ne veux pas participer à quelque chose comme ça", poursuit-il .
- Situation tendue à la Réunion -
Sur le terrain, le mouvement qui a essaimé sur les réseaux sociaux marquait le pas au sixième jour d'une mobilisation qui s'est peu à peu élargie à la dénonciation de la baisse du pouvoir d'achat et des taxes.
Jeudi, le ministère de l'Intérieur recensait 5.107 manifestants et 268 manifestations en France, contre 15.000 mercredi.
Quelques irréductibles continuaient à organiser des blocages épars en métropole, avec des barrages filtrants aux abords des dépôts pétroliers ou sur certains axes routiers dans le Pas-de-Calais, le Gard, l'Hérault, le Vaucluse, le Haut-Rhin ou en Nouvelle-Aquitaine.
Ailleurs dans l'Hexagone, la quasi-totalité des blocages avaient été levés après intervention des forces de l'ordre.
Les troubles se concentrent désormais sur l'île de La Réunion où, malgré l'instauration d'un couvre-feu nocturne, la situation restait tendue après une flambée de violences urbaines.
"Nous serons intraitables car on ne peut pas accepter les scènes que nous avons vues", avait réagi mercredi soir le président de la République Emmanuel Macron, en annonçant l'envoi en renfort de plusieurs dizaines de gendarmes sur l'île.
Après son audition au Sénat, François-Noël Buffet deviendra le prochain Défenseur des droits. Les parlementaires ont entériné la candidature du sénateur du Rhône à 43 voix contre 39.
Après un vote tumultueux à l’Assemblée nationale, qui a vu les soutiens du gouvernement se fracturer autour de la question des pesticides, le projet de loi d’urgence agricole est soumis à un dernier vote du Sénat ce mardi. Son adoption définitive pourrait pousser la ministre de la Transition écologique vers la sortie.
C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.
À deux mois des élections sénatoriales du 27 septembre, La France insoumise dévoile ses 90 têtes de liste dans les départements concernés par le renouvellement de la moitié de la Haute Assemblée. Sans aucun sénateur à ce jour, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon espère transformer sa percée aux municipales en premiers sièges au Palais du Luxembourg.