Les annonces à répétition de l'exécutif n'y ont rien fait: les "gilets jaunes" mèneront ce samedi "l'acte 2" de leur mobilisation, avec une...
Inflexibles, les « gilets jaunes » en route pour leur « acte 2 » samedi
Les annonces à répétition de l'exécutif n'y ont rien fait: les "gilets jaunes" mèneront ce samedi "l'acte 2" de leur mobilisation, avec une...
Par Simon VALMARY avec les bureaux de l'AFP en régions
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
Les annonces à répétition de l'exécutif n'y ont rien fait: les "gilets jaunes" mèneront ce samedi "l'acte 2" de leur mobilisation, avec une manifestation parisienne aux contours gardés secrets qui préoccupe les autorités.
Jeudi soir, l'Élysée a annoncé que le chef de l'État donnerait mardi "le cap pour la transition écologique". "Nous avons reçu le message des citoyens. (...) Pour qu'elle ne soit pas socialement inacceptable, il faut que la transition écologique, qui est nécessaire, soit juste, équitable et démocratique", a fait valoir la présidence.
Vendredi, la présidente LREM de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée Brigitte Bourguignon a, elle, appelé dans Le Monde à "un moratoire" sur les hausses de taxes sur les carburants afin de nouer le dialogue "dans un climat apaisé".
Mais dans l'attente d'annonces concrètes, les "gilets jaunes" réafficheront leur détermination samedi.
Si les blocages et barrages filtrants lancés samedi dernier se sont progressivement dissipés, les manifestants espèrent une nouvelle "marée jaune", une semaine après de premiers rassemblements sur les routes de France qui avaient réuni 282.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur.
Vendredi, quelques barrages filtrants et rassemblements persistaient sur certains axes routiers et autour de zones d'activités, notamment en Bretagne, Centre-Val de Loire, Nouvelle Aquitaine et Provence Alpes-Côte d'Azur.
"Gilets jaunes" sur un pont au-dessus d'une route près de Montceau-les-mines le 21 novembre 2018
AFP
A Angers, le Raid est intervenu vers 16H45 dans une zone commerciale pour un forcené vêtu d'un gilet jaune, en possession "d'éléments explosifs non identifiés et de grenades trafiquées" selon le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui demandait que les "gilets jaunes" soient reçus à l'Élysée. L'homme s'est rendu vers 22h45.
En début d'après-midi, 5.174 manifestants avaient été recensés par le ministère de l'Intérieur, soit 6.639 de moins que jeudi.
- "Audience souhaitée" -
L'appel à un "acte 2" à Paris a été lancé sur les réseaux sociaux, canal principal de cette contestation qui a essaimé hors des cadres politiques et syndicaux traditionnels.
Mais comme le week-end dernier, quasiment aucun rassemblement n'a été déclaré, notamment pour le rendez-vous place de la Concorde auquel plus de 35.000 personnes se sont dites prêtes à participer sur Facebook. Les autorités ont par avance exclu ce lieu pour des raisons de sécurité.
"J'en appelle à la responsabilité des organisateurs", a exhorté vendredi soir le ministre de l'Intérieur lors d'une conférence de presse avec le préfet de police de Paris Michel Delpuech.
Action de "gilets jaunes" à Calais, le 23 novembre 2018
AFP
Un "périmètre sécurisé" sera bouclé par les forces de l'ordre, incluant l'Élysée, les abords de la Concorde, de l'Assemblée nationale et de Matignon. "Sur ce territoire, aucune manifestation, aucun rassemblement, aucun cortège en lien avec les +gilets jaunes+ ne pourra se dérouler", a insisté M. Delpuech.
Les autorités ont "pris les dispositions utiles" pour un "rassemblement significatif" sur le Champ-de-Mars, a-t-il ajouté. Mais cette hypothèse est rejetée depuis par plusieurs "gilets jaunes".
Un communiqué "destiné à la Préfecture de police", signé "Les citoyens français" et posté sur les réseaux sociaux, appelle à une action "toute la journée" dans le "quartier des Champs-Élysées".
La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a elle aussi suggéré un rassemblement sur la grande artère parisienne.
Chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon a, lui, prédit une "mobilisation énorme", assurant qu'il se passait "vraiment quelque chose en profondeur dans le pays".
- "On dit rien" -
Les autorités sont sur le qui-vive face à cette manifestation d'ampleur inconnue.
Samedi dernier, des "gilets jaunes" avaient à plusieurs reprises tenté d'approcher le palais de l'Élysée. "Nous savons (....) que des réseaux d'ultradroite et d'ultragauche ont aussi décidé de se mobiliser", a ajouté M. Castaner.
Des "gilets jaunes" de toute la France ont préparé leurs trajets en covoiturage, autocar ou trains, comme Philippe, agent EDF à Dax, qui ira "manifester à Paris parce que rester sur nos petits barrages filtrants, ça embête plus les automobilistes que le gouvernement".
Mais "il n'est pas certain que les montées soient massives depuis la province, les indications sont plutôt d'un autre ordre", a souligné M. Delpuech.
Faute de moyens ou par peur d'échauffourées, certains privilégieront les actions en régions, où des rassemblements (Lyon, Lille, Toulouse, Limoges, Carcassonne...), opération péages gratuits et barrages filtrants sont prévus. A Bordeaux, les actions des "gilets jaunes" dans le centre-ville ont été interdites par la préfecture.
Partout, le mot d'ordre est le même: le secret. "On est tous d'accord, on dit rien", ont affirmé à l'AFP des gilets jaunes à Magny (Saône-et-Loire).
"Il faut qu'on réussisse (samedi) à se faire entendre, mais comme il faut", explique l'un d'entre eux, Jean-Michel Rocault, "et à Paris il risque d'y avoir de la casse".
Selon un bilan donné jeudi par l'Intérieur, depuis le début du mouvement samedi, deux personnes sont décédées, 620 civils et 136 membres des forces de l'ordre ont été blessés, 879 personnes interpellées et 693 placées en garde à vue.
Selon le dernier baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, l’exécutif atteint un niveau d’impopularité record sur fond de hausse des prix du carburant, malgré les annonces de soutien aux “gros rouleurs”. Emmanuel Macron ne récolte que 18 % d’opinions favorables contre 24 % pour Sébastien Lecornu.
A l’approche du scrutin présidentiel et selon le dernier baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat et la presse régionale, les cotes de popularité de Marine Le Pen (35 % d’opinions favorables) et d’Edouard Philippe (27 % d’opinions favorables) reculent de 5 points et de 3 points. A gauche les candidats à la primaire social-démocrate sont épargnés, notamment Raphaël Glucksmann qui progresse légèrement.
Alors que Gabriel Amard, premier sénateur LFI, « demande à être accueilli par les écologistes » dans leur groupe, ces derniers doivent en décider ce mardi. Mais selon plusieurs sources, l’arrivée du gendre de Jean-Luc Mélenchon passe mal en interne et devrait être refusée. Le cas de Marc Péré, élu en Haute Garonne avec le soutien de LFI et des Ecologistes, semble ne pas poser problème. Il va pourtant se rattacher politiquement à La France Insoumise.
L’élection de douze nouveaux sénateurs du Rassemblement national et de ses alliés de l’UDR, l’Union des droites pour la République, pourrait être l’arbre qui cache la forêt. Les élections sénatoriales du 27 septembre se caractérisent par une progression nette du « camp national » chez les grands électeurs, y compris dans les territoires les plus ruraux.