Jour de flottement à l’Assemblée dans l’attente du remaniement
L'Assemblée a oeuvré mardi dans une atmosphère particulière, entre des députés railleurs, voire dissipés, et des ministres sagement alignés et...

Jour de flottement à l’Assemblée dans l’attente du remaniement

L'Assemblée a oeuvré mardi dans une atmosphère particulière, entre des députés railleurs, voire dissipés, et des ministres sagement alignés et...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'Assemblée a oeuvré mardi dans une atmosphère particulière, entre des députés railleurs, voire dissipés, et des ministres sagement alignés et récusant toute "fébrilité" à l'approche du remaniement.

Le Premier ministre Edouard Philippe lors la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 09 octobre 2018
Le Premier ministre Edouard Philippe lors la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 09 octobre 2018
AFP

Alors que le flou persiste sur l'annonce du nouveau gouvernement, une semaine après la démission de Gérard Collomb, Edouard Philippe était présent comme prévu à 15H00 pour la séance des questions au gouvernement. A ses côtés, une vingtaine de ministres et secrétaires d'Etat. Au Sénat, les débats avaient aussi démarré peu avant en présence du secrétaire d'Etat Olivier Dussopt sur le projet de loi antifraude, avant les discussions sur la réforme de la justice en présence de Nicole Belloubet.

En cas de démission du Premier ministre et de son gouvernement, les séances n'auraient pas pu se tenir.

Dans un hémicycle lui-même pas comble, ce sont les absences au banc du gouvernement que l'on pointait, tels le ministre Jacques Mézard et la secrétaire d'Etat Delphine Gény-Stephann, donnés souvent sur le départ. Christophe Castaner (Relations avec le Parlement), qui pourrait changer de portefeuille, est, lui, arrivé au milieu des questions au gouvernement.

D'autres, cités comme potentiellement sortants, étaient à leur poste, tels Françoise Nyssen (Culture) et Stéphane Travert (Agriculture), arrivé en retard. Comme pour montrer qu'ils entendaient plus que jamais rester aux affaires, certains, tels Agnès Buzyn (Santé) ou Elisabeth Borne (Transports) affichaient notes et dossiers sur leurs pupitres.

Alors que les députés attendent le dénouement du feuilleton, le patron des élus LR Christian Jacob a sonné la charge en fustigeant la "tragicomédie" du remaniement.

"Jusqu'à quand cette mascarade va-t-elle continuer", a tonné M. Jacob à l'adresse du Premier ministre, raillant "l'étroitesse pour ne pas dire le vide de l'assise politique de (la) majorité".

- "Jeu de rôle" -

Dans une ambiance dissipée - plusieurs députés sur les bancs de droite scandant "démission" ou "traversez la rue!" -, Edouard Philippe, ironique, a tenu à "rassurer" M. Jacob, raillant en retour la "fébrilité" du député.

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand le 09 octobre 2018
Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand le 09 octobre 2018
AFP

Après cette passe d'armes, la séance a repris son cours, quasi normalement, avec des questions allant des Ehpad aux antispécistes. Mais ça et là, des rappels du remaniement se sont fait entendre: "Où est Mézard?", a fusé de la droite de l'hémicycle, ou encore "prenez le train" pendant que Mme Borne s'exprimait.

"Dans quelques heures, une partie des ministres présents seront loin. Très loin même. Quel jeu de rôle étonnant. Que peuvent-ils penser? Notamment ceux qui se savent déjà recalés? Cette séance de questions est surréaliste!", a twitté le LR Philippe Gosselin, d'autres élus de son groupe dénonçant un "flottement inédit".

Au Sénat, Jérôme Bascher (LR) a aussi glissé un "Monsieur le encore ministre" à l'adresse d'Olivier Dussopt.

"C'est pas parce que c'est long que c'est douloureux, il y a des bonheurs qui s'éternisent", a glissé dans les couloirs du Palais Bourbon Gilles Le Gendre, chef de file des "marcheurs".

Partager cet article

Dans la même thématique

Marine Le Pen came to support the candidate of the Rassemblement National during a visit to La Fleche in the Sarthe region.
14min

Politique

« Ce n’est pas acquis, mais probablement à notre portée » : quelles sont réellement les chances du RN d’avoir un groupe au Sénat ?

Pour les sénatoriales, le RN espère créer son premier groupe à la Haute assemblée. « C’est un objectif qu’on s’est donné mais qui n’est pas si simple à atteindre », reconnaît le vice-président du RN, Sébastien Chenu. Le RN pourrait-il louper le groupe de peu ? On fait le point, département par département, sur les possibilités de victoires du RN. Mais en cas de difficultés, le RN a déjà noué quelques « contacts » avec des sénateurs d’autres groupes qui pourraient faire le transfert…

Le

The back-to-school campus of the Republicans party – Pavillon Baltard, Nogent-sur-Marne, 2026-09-12
4min

Politique

Logement : Bruno Retailleau propose de déduire de l’impôt, les intérêts d'emprunt pour un prêt immobilier, en fonction du nombre d'enfants

Face à la hausse des prix, notamment de l’énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le thème du pouvoir d’achat s’impose dans cette précampagne présidentielle. Lors d’une conférence de presse, mardi après-midi, Bruno Retailleau a rappelé ses principales mesures pour faire baisser le prix de l’essence, de l’énergie, et faire que le travail paye plus. En ce qui concerne le logement, le sénateur veut relancer le secteur en permettant de déduire de l’impôt, les intérêts d’emprunt pour un prêt immobilier en fonction du nombre d’enfants.

Le

La prochaine élection présidentielle aura lieu les 18 avril et 2 mai 2027 (source au sein de l’exécutif)
7min

Politique

Sondage : Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent le second tour face à Marine Le Pen

Le Monde a sorti ce dimanche la troisième vague de son enquête en partenariat avec le Cevipof, Le Monde, la Fondation Jean Jaurès et l’Institut Montaigne sur la présidentielle. Regain d’intérêt pour la campagne et désir de radicalité dessinent une configuration où, pour l’instant, Marine Le Pen est en tête et Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe se disputent l’accès au second tour.

Le

Bloche
11min

Politique

Violences sexuelles dans le périscolaire : que retenir de l'audition de Patrick Bloche au Sénat ?

L'ancien premier adjoint chargé de l'éducation, de la petite enfance et des familles à la mairie de Paris entre 2017 et 2024 puis premier adjoint, Patrick Bloche, est entendu ce mardi par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, après son ancienne maire Anne Hidalgo. L'actuel édile de la capitale, Emmanuel Grégoire, doit à son tour être auditionné mercredi 16 septembre.

Le