Le Sénat a adopté le projet de loi d’orientation des mobilités, à une large majorité
Priorité aux transports du quotidien, place de choix pour le vélo... Le Sénat a adopté mardi en première lecture, à une large...

Le Sénat a adopté le projet de loi d’orientation des mobilités, à une large majorité

Priorité aux transports du quotidien, place de choix pour le vélo... Le Sénat a adopté mardi en première lecture, à une large...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Priorité aux transports du quotidien, place de choix pour le vélo... Le Sénat a adopté mardi en première lecture, à une large majorité, le projet de loi d'orientation des mobilités, qui a l'ambition de répondre à la fracture territoriale tout en luttant contre la pollution liée aux transports.

Le texte, amendé par les sénateurs, a été voté par 248 voix (LR, centristes, RDSE à majorité radicale, LREM, Indépendants) contre 18 (CRCE à majorité communiste) et 79 abstentions (PS).

Il va poursuivre son parcours parlementaire à l'Assemblée nationale, en mai en commission et en juin dans l'hémicycle, dans l'objectif d'une adoption définitive en juillet.

"C'est vraiment une réponse forte aux fractures sociales et territoriales qui minent notre pays", a souligné la ministre des Transports Elisabeth Borne. "Il marque une vraie orientation importante de notre politique en faveur des transports du quotidien pour apporter des réponses à tous les Français dans tous les territoires".

Soulignant que le texte amendé par les sénateurs "respecte les grands équilibres" défendus par le gouvernement, Mme Borne a aussi noté "l'intérêt fort du Sénat pour les mobilités actives, en particulier le vélo, et plus largement l'enjeu de transition énergétique pour tous les modes de transports".

Le texte crée notamment un "forfait mobilités durables". Les employeurs qui le souhaitent pourront rembourser à leurs salariés un montant maximum de 400 euros par an, exonéré de charges sociales et fiscales, pour encourager les déplacements domicile-travail à vélo ou en covoiturage. La ministre a précisé que des négociations étaient en cours pour le rendre "plus systématique".

"Un certain nombre de sujets devront être approfondis à l'Assemblée nationale", a-t-elle également indiqué, citant notamment la question du financement et des services de nouvelles mobilités.

Par la voix de Jean-François Longeot, les centristes ont souligné attendre "des précisions et clarifications" en ce qui concerne le financement. "Dès 2020, ce sont 500 millions d'euros qui manqueront pour assurer la programmation pluriannuelle des infrastructures de transports", a-t-il souligné.

- "Une certaine gourmandise" -

La ministre n'était pas arrivée les mains vides au Sénat. Elle a ainsi proposé un amendement permettant aux régions qui le souhaitent de gérer directement les "petites lignes" ferroviaires.

Mme Borne a aussi émis un avis favorable à plusieurs amendements proposés par les sénateurs, comme l'inscription dans le texte de l’objectif de diminution des émissions de gaz à effet de serre.

Elle s'est en revanche opposée à d'autres initiatives votées par le Sénat, en particulier l'amendement défendu par Michel Raison (LR) permettant d'aménager au niveau local la très polémique limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires. "Une mesure populaire et de bon sens", a défendu Patrick Chaize (LR).

Le Sénat a par ailleurs passé à la trappe plusieurs points du texte : il a ainsi supprimé l'article sur les plateformes de services, comme Take Eat Easy.

Des sujets "fantômes", absents du texte, ont donné lieu à des débats animés. Ca a été le cas de la question d'une taxation des poids-lourds étrangers transitant en France, renvoyée à plus tard.

Autre sujet qui a fait l'objet de longs échanges, sans toutefois aboutir, la question de l'inscription dans le texte de l'objectif de l'arrêt des ventes de véhicules thermiques d'ici 2040. "Nous aurions souhaité des engagements plus forts sur la vente des véhicules thermiques", a déclaré Eric Gold (RDSE).

Soulignant que c'est avec une "certaine gourmandise" que le Sénat "s'est attelé à la tâche" sur ce texte, Michel Dagbert a regretté que le "dogmatisme de la majorité sénatoriale" prive le groupe PS "d'aller vers un vote favorable". En cause, l'allongement à 72 heures du délai de déclaration individuelle de participation à une grève dans les entreprises de transport terrestre.

Le groupe CRCE a voté contre le texte, sa présidente Eliane Assassi estimant que gouvernement aurait dû attendre la fin du grand débat pour tenir compte des revendications exprimées.

Dans un communiqué, le député ex-LREM Matthieu Orphelin a d'ores et déjà indiqué qu'il porterait à l'Assemblée l'instauration d'une vignette pour les poids-lourds en transit, ainsi que l'inscription dans la loi de l'objectif de fin de la vente des véhicules thermiques neufs en 2040.

Partager cet article

Dans la même thématique

Cour d appel et d ‘assises de Lyon
6min

Politique

Le procès « French Bukkake » renvoyé devant les assises : « Le but est de reconnaître toute la dimension criminelle de l’industrie pornographique », se félicite Laurence Rossignol

Le premier grand procès de l’industrie pornographique se tiendra finalement devant les assises et non devant une cour criminelle départementale. Une victoire pour la cinquantaine de victimes de la plateforme French Bukkake. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a retenu le caractère sexiste et raciste des viols, tout comme l’avait relevé le rapport de la mission d’information du Sénat sur les dérives de l’industrie pornographique remis en 2022.

Le

Ecole maternelle Volontaires, Violences dans le periscolaire, Paris
4min

Politique

Périscolaire : une liste noire de personnels ayant eu des « comportements inappropriés » est-elle faisable ?

Le projet de loi sur la protection de l’enfance présenté mercredi en Conseil des ministres vise notamment à apporter une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire parisien. Le ministre de l’Éducation a annoncé la création d’une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants, même s’ils n’ont pas été encore condamnés. Mais quelle forme légale peut prendre cette liste ?

Le

ILLUSTRATION CHALEUR
10min

Politique

« Disparue des radars », l’écologie fera-t-elle son retour pour la présidentielle de 2027 ?

Alors que la France subit une nouvelle canicule, les enjeux climatiques sont pourtant globalement moins prégnants dans l’opinion, les médias et chez les politiques. Entre les écologistes ou les socialistes qui entendent faire remonter le sujet en haut de la pile, ou certains LR qui veulent définir « une écologie de droite », l’environnement fera-t-il son grand retour en 2027 ? A voir.

Le

Le Sénat a adopté le projet de loi d’orientation des mobilités, à une large majorité
6min

Politique

« Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin

Entendu par la commission d'enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, un organe de financement abondé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, s’est défendu de toute entreprise politique. S’il assume la volonté de défendre des projets portés par une ligne « de droite, d’inspiration libérale-conservatrice », il assure ne pas chercher à construire « une majorité politique » en vue de 2027.

Le