Le Sénat vote en faveur d’un renforcement de l’encadrement des « rave parties »
Le Sénat à majorité de droite a adopté mardi à main levée, en première lecture, une proposition de loi LR visant à mieux encadrer...

Le Sénat vote en faveur d’un renforcement de l’encadrement des « rave parties »

Le Sénat à majorité de droite a adopté mardi à main levée, en première lecture, une proposition de loi LR visant à mieux encadrer...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat à majorité de droite a adopté mardi à main levée, en première lecture, une proposition de loi LR visant à mieux encadrer les "rave parties" et renforcer les sanctions contre les organisateurs qui ne seraient pas dans la légalité.

Le texte semble cependant avoir peu de chances de prospérer à l'Assemblée nationale, dominée par la majorité présidentielle, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez ayant exprimé "les plus grandes réserves" du gouvernement.

"L'objectif n'est pas d'interdire les +rave parties+ ou de désigner des coupables (...) mais de trouver des solutions concertées", a souligné l'auteure de la proposition de loi, Pascale Bories (LR), pointant l'"impuissance des maires concernés".

Selon le rapporteur Henri Leroy (LR), quelque 3.200 rassemblements de ce type, aussi connus sous le nom de +free parties+ ou fêtes libres, se tiennent chaque année. M. Nuñez a lui évoqué 2.500 événements par an.

Ces rassemblements festifs et musicaux, qui se tiennent très majoritairement en zone rurale, sont fréquemment associés, observent l'auteure et le rapporteur du texte, à des nuisances sonores, des dégradations de terrains privés ou d'espaces naturels, ou encore des risques de débordements ou de mise en danger des participants.

"Le régime d'encadrement mis en place en 2002 ne fonctionne pas", a déploré le rapporteur.

Il repose sur un régime de déclaration à la préfecture à partir d'un seuil de 500 participants prévus. Or, "plus de 80%" des fêtes libres ont moins de 500 participants, selon le rapporteur.

Le texte prévoit qu'en-deçà de 500 participants attendus, les rassemblements soient obligatoirement déclarés aux maires.

S'agissant des sanctions applicables aux organisateurs qui ne feraient pas de déclaration préalable ou passeraient outre une interdiction, le texte propose de transformer la contravention actuelle en délit, punissable de 3.750 euros d'amende et d'une peine d'intérêt général. La confiscation du matériel de sonorisation est également possible.

Le texte prévoit aussi l'élaboration d'une "charte" des organisateurs.

Laurent Nuñez a jugé "difficile de soutenir" les mesures prévues, dont il craint des "effets pervers non négligeables".

Il s'est toutefois engagé à être "attentif" à ce que les préfets assurent une information des maires concernés.

La gauche a jugé le texte inutile. Pour Jérôme Durain (PS), il peut même être "contre productif", tandis que la présidente du groupe CRCE à majorité communiste, Eliane Assassi, estimait qu'il est "symptomatique d'une dérive qui conduit à légiférer au moindre fait-divers".

L'association Freeform, structure nationale qui accompagne l'organisation de rassemblements festifs, a dénoncé dans un communiqué un texte "qui porte une atteinte grave à la liberté de réunion" et "interdit de se réunir pour faire la fête et écouter de la musique chez vous sans en demander le droit à votre maire".

Elle a appelé à ce que "soit rejeté lors de son passage à l’assemblée" un texte qu'elle estime "fortement bancal et inapplicable".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le

Several batches of infant formula sold in France and internationally have recently been recalled due to the potential presence of cereulide, a toxin produced by certain bacteria.
6min

Politique

Laits infantiles contaminés : « On est dans une situation qui est pire que le scandale Lactalis »

L’affaire des laits infantiles contaminés et rappelés ces dernières semaines va-t-elle tourner scandale sanitaire ? Plusieurs actions en justice ont été engagées contre les industriels et l’Etat. Pour Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants, la situation est bien plus préoccupante que le scandale sanitaire Lactalis fin 2017.

Le