Capture d’écran du documentaire « Le palais des hiéroglyphes – Sur les traces de Champollion » de Patrick Cabouat
Capture d'écran du documentaire « Le palais des hiéroglyphes - Sur les traces de Champollion » de Patrick Cabouat

Les « docus de l’été » : Le mystère du plus grand édifice funéraire égyptien, le tombeau de Padiamenopé

Elle est probablement l’une des plus anciennes civilisations mais nourrit encore notre imaginaire collectif. Pharaons, pyramides, hiéroglyphes… Autant de mystères antiques laissés à la postérité et enfouis sous le sable du désert. Mais alors comment a-t-on pu la comprendre alors que les hiéroglyphes nous étaient inconnus ? Qu’est-ce que cette société d’une autre ère avait à nous dire ? "Le palais des hiéroglyphes - Sur les traces de Champollion", un documentaire monumental de Patrick Cabouat à voir cet été sur Public Sénat pour comprendre ce que cache le plus grand édifice funéraire égyptien.
Simon Nicolle

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Pour savoir ce que réserve ce tombeau découvert en 1798 durant la campagne napoléonienne d’Égypte, il faut remonter le cours du Nil et s’éloigner de la capitale politique de l’empire d’alors, Memphis (Le Caire). Dans ces vallées montagneuses dont fait partie la vallée des Rois, proches de Thèbes (Louxor), se trouve ce fameux palais des hiéroglyphes : la tombe thébaine n°33. Il s’agit du plus grand tombeau d’Égypte antique alors même que ce n’est pas celui d’un pharaon. Mais alors qui y repose et pourquoi est-il si important ?

Le tombeau de Padiamenopé

Padiamenopé n’était pas un pharaon, mais il occupait un rôle capital dans la société égyptienne qui se composait pour l’essentiel de paysans et de personnel administratif. Il était prêtre-lecteur et maître de cérémonies, y compris celles ayant trait à la plus grande crainte des Égyptiens : la mort. Il était érudit, capable de lire et d’écrire, des capacités réservées à une élite de l’époque.
D’après les analyses faites au moment de la campagne de Napoléon, qui au-delà de sa dimension militaire était également une expédition scientifique, les égyptologues ont daté le TT33 au 7ᵉ siècle avant Jésus-Christ, mais une majorité de ses salles souterraines est restée confinée jusqu’en 2005 du fait de la présence de plusieurs milliers de chauves-souris dans l’édifice.

Par la lecture des hiéroglyphes présents sur chaque mur, d’éminents égyptologues ont compris pourquoi la tombe de Padiamenopé était aussi importante… Il ne s’agissait pas seulement d’une sépulture mais d’une bibliothèque, recensant les règles et fondements religieux des principaux rites funéraires égyptiens.
Le plus célèbre d’entre eux, issu du Livre des morts, est le rite de la pesée du cœur où Anubis, dieu des cérémonies, pèse sur sa balance le cœur du défunt. Un cœur plus lourd qu’une plume était un cœur ayant péché, il ne pouvait poursuivre sa vie dans l’au-delà. Osiris, le dieu des morts, préside ce tribunal.

Le déchiffrement des hiéroglyphes par la Pierre de Rosette

Les hiéroglyphes étaient une écriture sacrée, pour les Égyptiens, ils étaient la parole des dieux eux-mêmes. Selon l’égyptologue Salima Ikram, co-présidente de l’expédition TT33, « les hiéroglyphes sont probablement l’écriture la plus longtemps utilisée dans l’histoire de l’humanité », pendant plus de trois millénaires. Apparue en -3 200 ans avant JC, elle disparaît au moment de la prise de contrôle politique et religieuse de l’Égypte par l’Empire romain et la diffusion de la chrétienté. C’est l’empereur Théodose qui édicta le décret interdisant tous les cultes païens.

Si c’est grâce à Champollion que nous sommes parvenus aujourd’hui à lire les textes laissés sur les murs de ces mausolées, la précieuse Pierre de Rosette, une stèle datant de -200 avant JC, a été découverte par le soldat napoléonien Bouchart.
Sur chaque face de la pierre le même texte est traduit… Une face en hiéroglyphes, une face en égyptien démotique et la dernière en grec ancien. Pour l’égyptologue français ce sera la clef qui permettra à nouveau de comprendre cette écriture oubliée pendant près de 1400 ans.

Dès son retour en France, Champollion écrit une lettre à l’Académie pour expliquer toute la richesse de la langue hiéroglyphique, qu’il comprend désormais.
Selon lui, « l’écriture hiéroglyphique est une écriture tout à la fois figurative, symbolique et phonétique ».

Retrouvez le documentaire « Le secret du palais des hiéroglyphes » de Patrick Cabouat mardi 4 août à 22h puis en replay sur notre site internet ici.

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