LREM pousse l’option Barnier pour la présidence de la Commission européenne
La majorité plaide de plus en plus ostensiblement pour une candidature du Français Michel Barnier à la présidence de la...

LREM pousse l’option Barnier pour la présidence de la Commission européenne

La majorité plaide de plus en plus ostensiblement pour une candidature du Français Michel Barnier à la présidence de la...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

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La majorité plaide de plus en plus ostensiblement pour une candidature du Français Michel Barnier à la présidence de la Commission européenne, vantant ce profil de consensus qui devra toutefois s'extraire de l'agenda du Brexit dont il est le négociateur principal.

Si son nom circule depuis plusieurs mois comme une option souhaitable, la campagne en faveur de l'ancien ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy s'est intensifiée à l'approche du scrutin du 26 mai.

"Mon rêve serait d'avoir un président de la Commission français", a ainsi glissé dans Le Parisien cette semaine la tête de liste de la majorité Nathalie Loiseau. "Et si c'est Michel Barnier, ça nous va très bien", complète un cadre de la campagne européenne.

Pour l'heure, M. Barnier n'a publiquement donné aucun signe d'intérêt pour le poste, sans doute échaudé par sa déconvenue de 2014, alors qu'il briguait la fonction sous la bannière du Parti populaire européen (PPE, droite).

Ce qui n'empêche pas l'état-major des marcheurs de tresser des lauriers à l'expérimenté Savoyard (68 ans), figure de la droite pro-européenne, dont les relations avec le patron des Républicains Laurent Wauquiez ont parfois été houleuses.

"Il coche beaucoup de cases", souligne un cadre LREM. "Il parle à tout le monde, des conservateurs aux écolos. Il a acquis une stature de quasi-chef d'Etat en menant la négociation du Brexit. C'est le mieux placé", tranche cette même source impliquée dans la campagne des européennes.

La popularité de M. Barnier en France dépasse aussi les rangs des marcheurs.

"S'il avait l'idée d'être candidat, ce serait une très bonne idée pour la France et pour l'Europe", souligne la tête de la liste UDI Jean-Christophe Lagarde.

"Il a démontré sa compétence. Il est droit", loue le chef de file EELV Yannick Jadot dans Le Point.

Pour LREM, endosser Michel Barnier résoud aussi un énorme handicap. Actuellement sans relais au Parlement européen, le parti d'Emmanuel Macron ne soutient aucun "Spitzenkandidat" ("candidat de pointe" en allemand, nom désignant les chefs de file de chaque grand groupe politique).

En 2014, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, "Spitzenkandidat" du PPE arrivé en tête aux élections européennes, avait ainsi conquis la présidence de la Commission, suivant un accord avec les chefs d'Etat.

- "Rien n'est joué" -

LREM fait cette fois le calcul qu'aucun des "candidats de pointe" en lice - l'Allemand Manfred Weber pour le PPE, le Néerlandais Frans Timmermans pour les sociaux-démocrates (S&D)... - ne fera consensus à l'issue des élections, et que les chefs d'Etat comme le Parlement devront se tourner vers une personnalité plus rassembleuse.

Mais rien ne se fera sans l'accord de l'Allemagne qui domine le PPE, le groupe historiquement le plus fort, et le S&D: Angela Merkel acceptera-t-elle de lâcher le Bavarois Manfred Weber, son allié sur la scène nationale ?

"Weber est là comme une monnaie d'échange pour Merkel", assure un cadre macroniste en évoquant la volonté de Mme Merkel d'avoir plutôt un Allemand à la tête de la Banque centrale européenne.

"Weber n'est politiquement pas au centre de gravité de la future coalition au Parlement, il incarne une ligne dure", ajoute-t-il en épinglant aussi "l'inexpérience" et le "manque de charisme du bonhomme".

Cependant, l'arithmétique des marcheurs n'est pour l'heure que très théorique. Le report du Brexit au 31 octobre - veille de l'installation de la prochaine Commission - pourrait entraver une éventuelle candidature de M. Barnier, acteur central du dossier.

Ce nouveau délai pourrait voir le Royaume-Uni finalement participer aux élections et envoyer un contingent d'eurodéputés au Parlement. Le groupe S&D reprendrait des couleurs avec le maintien du bataillon des travaillistes (actuellement 24) "ce qui déporterait le barycentre de la prochaine coalition au Parlement vers la gauche", analyse un cadre macroniste.

Par ricochet, le nouveau groupe central que souhaite créer LREM serait moins puissant qu'espéré. Et pèserait moins pour les postes-clés dont la répartition se cristallisera lors du Conseil européen du 20-21 juin.

"Je suis donc prudent car la situation n'est pas figée et rien n'est joué", résume le directeur de campagne LREM Stéphane Séjourné.

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