Malgré la pression Zemmour, LR maintient son (long) calendrier pour désigner son candidat
Le bureau politique a nommé le sénateur LR Philippe Bas à la tête de l’instance de contrôle du congrès du 4 décembre, où sera désigné le candidat. Valérie Pécresse a les 250 parrainages nécessaires. Quant à Xavier Bertrand, « il ne sera pas candidat » au sein du congrès, pense un de ses soutiens. Michel Barnier pourrait tirer profit de la situation.

Malgré la pression Zemmour, LR maintient son (long) calendrier pour désigner son candidat

Le bureau politique a nommé le sénateur LR Philippe Bas à la tête de l’instance de contrôle du congrès du 4 décembre, où sera désigné le candidat. Valérie Pécresse a les 250 parrainages nécessaires. Quant à Xavier Bertrand, « il ne sera pas candidat » au sein du congrès, pense un de ses soutiens. Michel Barnier pourrait tirer profit de la situation.
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« C’est circulez, il n’y a rien à voir ! » Le bureau politique des LR n’a rien donné de nouveau, ou presque. Ce membre du bureau, qui espérait encore une accélération du calendrier, face à la montée d’Eric Zemmour, est pour le coup sorti déçu et remonté. « Christian Jacob (président des LR, ndlr), a fait une introduction d’une demi-heure pour dire que, si certains veulent changer le calendrier, ce n’était pas possible, car il y a eu un vote des militants le 25 septembre. Donc on nous dit que de toute manière, le débat est clos. Point », regrette ce parlementaire LR. D’ailleurs, malgré les doutes largement partagés, personne n’a pris la parole pour contester le calendrier, il est vrai arrêté par les adhérents il y a dix jours. Reste qu’on ne leur a pas demandé de choisir la date, mais uniquement entre primaire et congrès.

« Valérie Pécresse satisfait aux conditions pour être candidate au processus de départage »

Seule décision de ce bureau : le sénateur LR Philippe Bas a été nommé à la tête de l’instance de contrôle (lire ici) qui va notamment valider les candidatures puis le vote, lors du congrès. Comme prévu, il faudra donc attendre le 4 décembre pour connaître le nom du candidat ou de la candidate soutenue par LR. Le premier tour aura lieu le 2 décembre et les candidats ont jusqu’au 13 octobre pour déposer officiellement leur candidature. Valérie Pécresse n’a pas voulu attendre. Son directeur de campagne, Patrick Stefanini, a tenu à montrer, devant la presse, qu’elle avait rassemblé les 250 parrainages d’élus nécessaires. « Voilà une étape importante », s’est-il réjoui, « Valérie Pécresse satisfait aux conditions pour être candidate au processus de départage et à l’élection prévue au congrès, prévu en décembre ».

Xavier Bertrand, lui, ne devrait pas en être, sauf surprise. Il a prévenu la semaine dernière qu’il ne participerait pas à un congrès d’affrontement. Il rêve de voir les autres s’entendre avec lui – il veut les rencontrer – et, surtout, se ranger derrière son unique candidature. On n’en prend pas le chemin, du moins pour le moment.

« C’est Michel Barnier qui va gagner »

Pour un de ses soutiens, présent au bureau politique, il ne semble plus vraiment y avoir de doute : « Je pense que Bertrand ne sera pas candidat » au congrès, confie-t-il. Et de glisser au passage son « pronostic : c’est Michel Barnier qui va gagner. Quand vous regardez les militants, dans mon département, les effectifs ont été divisés par cinq. Ce sont les plus à droite qui restent. Et Laurent Wauquiez fait campagne pour Barnier ». Il serait en quelque sorte le Fillon de la primaire interne. Celui qu’on ne voit pas tout de suite venir, qui n’est pas favori, mais qui coiffe tout le monde au poteau, fort de l’appui de la base. « Il a le vent en poupe en ce moment », confirme un membre du bureau, « et il a le physique du candidat, Barnier. C’est une espèce de valeur refuge quelque part »

Mais s’il est désigné, les choses pourraient se compliquer pour la droite. Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont assuré chacun qu’à la fin, il n’en restera qu’un ou une. Certains craignent en revanche que Michel Barnier soit plus « jusqu’au-boutiste », n’ayant rien à perdre. Signe qui pourrait accréditer cette idée : il aurait, semble-t-il, du mal à décrocher son téléphone, quand il voit « XB » s’afficher sur son écran… « Je salue les initiatives que Xavier Bertrand a prises de contacter Valérie Pécresse ce week-end, de contacter aussi Michel Barnier – lui répond un peu plus lentement – mais ça doit passer plus difficilement en Savoie… » lâche le sénateur LR Jérôme Bascher, soutien du président des Hauts-de-France, interrogé sur Public Sénat.

Les alertes sur le calendrier continuent au sein du parti

Si Christian Jacob reste droit dans ses bottes et dans son calendrier, les alertes continuent au sein du parti. « On avait klaxonné au début de l’été pour dire que si on continue comme ça, nous allons dans le mur. Et nous allons dans le mur. Nous sommes en train d’organiser notre défaite », met en garde sur Public Sénat l’ancien ministre et sénateur LR, Marc-Philippe Daubresse, qui soutient Xavier Bertrand. Une alerte portée aussi par le sénateur LR Pierre Charon. Avant l’été, il s’était déjà inquiété, avec le sénateur Roger Karoutchi, de ce calendrier à rallonge. Cet amateur de chasse continue aujourd’hui, avec ses mots :

On parle de l’ouverture de la chasse. Ça a commencé pour Eric Zemmour, et nous, c’est dans deux mois. On n’a pas les mêmes dates. Il n’y a pas que la nature qui a horreur du vide. Il y a aussi la politique.

Autre grief que certains pointent encore, malgré le vote des militants le 25 septembre : le parti « se rétrécit » plutôt que de s’ouvrir, comme l’aurait permis une primaire. « La première connerie, c’était de virer les centristes du congrès. Et là, on maintient le cap du 4 décembre. Faudra pas se plaindre. Comment perdre l’élection présidentielle… » s’agace un parlementaire LR. On pourra répondre que les sondages du début octobre ne font pas le résultat, ni le gagnant, d’avril 2022. Mais un soutien de Bertrand, qui vient d’être dépassé pour la première fois par le polémiste d’extrême droite dans un premier sondage, ne cache pas qu’il commence à s’en inquiéter : « Si Zemmour passe devant Bertrand durablement, ça va devenir un problème ». Mais le problème numéro 1 pour la droite, aujourd’hui, c’est bien de rester engluée dans ses procédures internes.

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