Moins touchés par le virus, les élus de l’Ouest de la France réclament « des assouplissements régionalisés »
Alors que des confinements locaux concernent déjà Nice et Dunkerque, et que 20 départements au total pourraient être logés à la même enseigne à partir du 6 mars, la façade ouest de la France est relativement épargnée par le virus. Résultat : des élus bretons, des Pays de la Loire ou encore de la Nouvelle Aquitaine demandent au gouvernement d’adapter, voire de lever certaines restrictions localement.

Moins touchés par le virus, les élus de l’Ouest de la France réclament « des assouplissements régionalisés »

Alors que des confinements locaux concernent déjà Nice et Dunkerque, et que 20 départements au total pourraient être logés à la même enseigne à partir du 6 mars, la façade ouest de la France est relativement épargnée par le virus. Résultat : des élus bretons, des Pays de la Loire ou encore de la Nouvelle Aquitaine demandent au gouvernement d’adapter, voire de lever certaines restrictions localement.
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Par Antoine Comte

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Depuis le début de la crise sanitaire, il y a maintenant un an, les élus locaux n’ont peut-être jamais autant joué leur rôle de lanceurs d’alerte. Après les appels au secours des maires de Nice et de Dunkerque pour que le gouvernement prenne en urgence des dispositions radicales afin de lutter contre l’inquiétante propagation du virus dans leur région, c’est à présent au tour des élus de la grande partie ouest de la France de donner de la voix.

Mais à l’inverse de leurs collègues niçois, dunkerquois ou mosellans, ces présidents de départements, de communautés de communes ou sénateurs demandent à l’exécutif d’adapter et d’alléger les mesures sanitaires de restriction au regard de la situation dans ces régions.

« Malgré une grosse fréquentation touristique cet été, et même depuis un an, les chiffres n’ont jamais été très alarmants chez nous. Nous avons aujourd’hui un taux d’incidence de 56 cas pour 100 000 habitants dans le Finistère, contre plus de 200 en France ». Nathalie Sarrabezolles, la présidente PS du Conseil départemental du Finistère est catégorique : « même si j’ai conscience qu’il faut rester très vigilants car tout peut aller très vite avec ce virus et ses variants, je plaide pour un assouplissement de certaines mesures dans notre département comme le couvre-feu à 18 heures tel qu’on le connaît aujourd’hui ». Et l’élue bretonne n’est pas la seule, loin de là, à penser cela.

« Il faut reculer le couvre-feu à 20 ou 21 heures »

Du côté de la Vendée, un département de la région des Pays de la Loire également peu touché par l’épidémie, la sénatrice LR Annick Billon va même plus loin. « Dans notre région, le couvre-feu tel qu’on le connaît aujourd’hui a, à mon sens, plus d’effets négatifs que positifs. Il concentre beaucoup de monde dans les magasins et dans les transports au même moment, et surtout il pénalise deux tranches de la population : les actifs qui ne peuvent rien faire d’autre que de travailler, et les étudiants qui n’ont même plus la possibilité de faire du sport après leurs cours en visioconférence. Pour leur santé mentale, il faut le reculer à 20 ou 21 heures ».

Même son de cloche du côté de la région Nouvelle Aquitaine et plus précisément en Gironde où la sénatrice écologiste Monique De Marco est favorable à « une modulation des mesures dans les départements peu touchés comme ceux de notre région en faisant confiance au travail des élus locaux ». « Je pense qu’il faut laisser le libre choix aux municipalités d’assouplir ou non certaines règles comme le couvre-feu ou encore d’en profiter pour expérimenter des réouvertures de bars, de restaurants ou de lieux culturels comme les musées dans les zones les moins exposées », confie l’élue du sud-ouest.

Une « territorialisation » oui, mais avec des bémols

Mais certains élus de ces régions un peu oubliées du virus veulent malgré tout, rester prudents quant à l’assouplissement, et plus généralement à « la territorialisation » des règles actuellement en vigueur.

« Si on peut faire des expérimentations contrôlées d’un point de vue sanitaire, évidemment qu’il faut le faire dans notre région. Mais attention à ce que ces assouplissements ne fassent pas le lit dans le futur, des situations gravissimes que connaissent actuellement Nice ou Dunkerque », met en garde Jean-Paul Vermot, le président de la communauté de communes de Morlaix. L’élu finistérien veut rester vigilant car il a été « refroidi » par les derniers chiffres présentés hier par le préfet du département. « Sur Morlaix Communauté, nous sommes passés de 88 à 120 cas pour 100 000 personnes en une semaine, et le variant anglais représente aujourd’hui 36 % des cas contre 25 % il y a encore quelques jours. Il faut donc faire attention, et surtout mettre le paquet sur la vaccination ».

Toujours en Bretagne où certaines municipalités n’ont jamais imposé le port du masque à leurs administrés ou seulement dans les centres-villes ou aux abords des écoles, et où on continue de soigner, comme à l’hôpital de Brest, des patients en provenance d’autres régions françaises dans le rouge, « il faudrait peut-être commencer par assouplir les territoires ruraux de la région pour voir comme ça se passe, mais ne surtout pas faire comme si le virus n’existait plus », dixit le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé.

« Si vous mettez en place des mesures spécifiques en fonction du taux d’incidence dans chaque région, cela suppose alors un contrôle des personnes qui viennent de l’extérieur avec la mise en place de tests par exemple. Cela suppose aussi surtout d’être capable de revenir très rapidement en arrière si les chiffres venaient malheureusement à se dégrader », complète le charentais François Bonneau, favorable lui aussi à la « territorialisation des mesures ».

« Un confinement national serait inacceptable pour la Bretagne »

En Bretagne, dans les Pays de la Loire ou en Nouvelle Aquitaine, « la régionalisation voire la départementalisation des mesures sanitaires » est donc devenue une priorité, car « les élus locaux et notamment le couple maire/préfet ont montré leur capacité à agir en responsabilité depuis le début de la crise », affirme la sénatrice vendéenne Annick Billon. « Il faut aller vers la territorialisation car l’acceptabilité des gens de ces restrictions de libertés ne pas éternellement », ajoute l’élue LR.

Autant dire que si un troisième confinement national, – et on ne semble pas en prendre le chemin pour le moment —, venait à être décidé en dernier recours par Emmanuel Macron, les élus de ces trois régions n’hésiteront pas à contester cette décision.

« Les mesures actuelles ne me semblent pas scandaleuses, mais si la Bretagne retombait dans un système de confinement national, ce serait inacceptable ! Si tel est le cas, je peux vous dire qu’on se manifestera », prévient Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère.

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