Néonicotinoides : retour sur un couac gouvernemental
En affirmant que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’interdiction des Néonicotinoides, le Premier ministre a mis fin au bras de fer qui s’était engagé ce matin entre le ministre de l’Agriculture et Nicolas Hulot, à la suite de la révélation d’un document de travail interministériel.

Néonicotinoides : retour sur un couac gouvernemental

En affirmant que le gouvernement ne reviendrait pas sur l’interdiction des Néonicotinoides, le Premier ministre a mis fin au bras de fer qui s’était engagé ce matin entre le ministre de l’Agriculture et Nicolas Hulot, à la suite de la révélation d’un document de travail interministériel.
Public Sénat

Par Alice Bardo

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Nicolas Hulot a eu gain de cause. Quelques heures après le premier couac gouvernemental, Matignon a mis fin à la polémique qui était en train d’enfler. En cause, un document de travail interministériel révélé ce lundi par RMC, qui envisageait de revenir sur l’interdiction des néonicotinoides, ces substances toxiques employées dans les insecticides. « Une proposition de loi pourrait être faite en ce sens », avait confirmé Stéphane Travert sur RMC-BFMTV.

« Atterré » par les propos du nouveau ministre de l’Agriculture, le sénateur EELV Joël Labbé, à l’origine de l’amendement qui prévoit l’interdiction des Néonicotinoides, s’en remet à Nicolas Hulot. Le ministre de la Transition écologique avait fermement démenti sur Twitter une « levée d’interdiction » de ces substances toxiques.

Stéphane Travers était allé jusqu’à justifier son souhait d’autoriser l’utilisation des néocotinoides par une volonté de gérer les « impasses techniques » : « Il y a des produits estimés dangereux qui sont retirés. Mais d'autres, dont nous ne connaissons pas la dangerosité, qui n'ont pas de produits de substitution. » « Nous devons pouvoir autoriser des dérogations pour permettre leur autorisation afin que nos producteurs puissent continuer à travailler dans de bonnes conditions », avait-t-il poursuivi.

« On ne reviendra pas sur des acquis »

Une position opposée à celle de Nicolas Hulot, qui ne veut faire « aucune concession » lorsque la santé est en cause. « On ne reviendra pas sur des acquis, je serai le garant de ce que mes prédécesseurs ont acté », certifie le ministre de la Transition écologique. Pour lui, il n’est donc pas question de revenir sur la loi Biodiversité. « Hulot n’est pas allé au gouvernement avec l’idée de claquer la porte au moindre courant d’air », assure Joël Labbé. Le sénateur a eu du flair puisque Matignon démentait peu après toute intention de revenir sur l’interdiction des néonicotinoides, donnant ainsi raison au ministre de la Transition écologique.

« Derrière le ministre de l’Agriculture, il y a le poids des lobbys et de l’agrochimie », s’inquiète Joël Labbé. Il compte toutefois sur Nicolas Hulot pour faire contrepoids et entend bien le soutenir : « Il va avoir besoin du soutien de l’opinion public et de celui des parlementaires.»

Le sénateur rappelle également que l’interdiction des néonicotinoides au niveau européen est « en bonne voie », un projet de règlementation de la Commission européenne étant « à l’étude ». Actuellement, l’Union européenne n’impose qu’un moratoire partiel et temporaire. Un état du droit qui avait permis à Stéphane Travers d’arguer que l’interdiction prévue en droit français « n’est pas conforme au droit européen ». Sa position n’était, elle, pas conforme à la volonté de l’exécutif.

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