Hausse de CSG, accueil des réfugiés: des députés "marcheurs" tentent de faire prévaloir leurs points de vue. Et même s'ils récusent toute ...
Parmi les députés « marcheurs », des ferments de division
Hausse de CSG, accueil des réfugiés: des députés "marcheurs" tentent de faire prévaloir leurs points de vue. Et même s'ils récusent toute ...
Par Anne Pascale REBOUL
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Hausse de CSG, accueil des réfugiés: des députés "marcheurs" tentent de faire prévaloir leurs points de vue. Et même s'ils récusent toute "fronde", leur démarche provoque des tensions inédites au sein de la majorité.
"A la République en marche, on ne marche pas au sifflet, ni au fouet", a lancé le président du groupe LREM Gilles Le Gendre, jeudi soir dans l'hémicycle.
Un ton inhabituel pour cet élu plutôt placide et alors que les quelque 300 "marcheurs", pour une bonne part issus de la société civile, ont souvent été qualifiés de "godillots".
Une quarantaine au total, de l'aile gauche, ont signé deux amendements au projet de budget 2019 de la Sécu pour une modulation des taux de CSG des retraités en fonction des revenus, ou pour un taux réduit pour les plus modestes, en soutien à leur pouvoir d'achat.
"Une erreur politique" et même "une forme de trahison" du programme présidentiel, a fermement condamné le nouveau patron du groupe majoritaire avec une rare virulence.
Le député Frédéric Barbier, le 10 février 2015 à l'Assemblée Nationale
AFP/Archives
"Nous sommes en pleine cohérence avec le programme du président de la République", avec "un peu plus de justice sociale", s'est défendu Jean-François Cesarini (ex-PS). "Il faut savoir faire ce geste" pour les plus modestes qui est "véritablement attendu sur le terrain", d'après Frédéric Barbier (ex-PS).
Sans surprise, leurs propositions ont été rejetées, mais dans un climat houleux où l'opposition a critiqué le "mandat impératif" des "marcheurs" qui les "dispense de toute espèce de discernement et d'écoute des Français".
Le gouvernement voulait éviter que soit rouverte la boîte de Pandore autour de la hausse du taux de CSG, validée dès l'année dernière, en contrepartie d'une baisse des cotisations salariales afin de "récompenser le travail".
- "Conciliation" -
La semaine dernière, dans le cadre du projet de budget de l'Etat, c'est Aurélien Taché, appuyé par une soixantaine de députés du groupe LREM, qui avait fait adopter, contre l'avis du gouvernement, un crédit d'impôt pour les particuliers hébergeant des réfugiés.
Le député LREM Aurélien Taché en septembre 2018 à Tours
AFP/Archives
Le Premier ministre est venu resserrer les boulons, mardi lors de la réunion hebdomadaire des députés LREM où il a insisté sur le "collectif", au moment où le mouvement La République en Marche cherche un successeur à Christophe Castaner.
La numéro deux du groupe, Amélie de Montchalin, a grincé contre "des petits tours de piste" médiatisés de certains qui n'apportent pas "des solutions".
Les règles internes, en train d'être révisées pour permettre davantage de "débat politique", pourraient donc être durcies ou a minima prévoir des "espaces de conciliation", indique pour sa part une source parlementaire LREM.
"Notre diversité est notre force. Elle crée non pas des courants mais des nuages qui ont parfois du mal à s’agréger", reconnaît un responsable, au sein du groupe.
La députée des Hauts-de-Seine Frédérique Dumas sur les bancs de l'Assemblée nationale. Photo prise le 28 novembre 2017.
AFP
Seuls quatre élus mécontents ont quitté le groupe à ce jour: Jean-Michel Clément en avril, Frédérique Dumas en septembre, Paul Molac et François-Michel Lambert la semaine dernière.
Un membre du gouvernement relativise les derniers épisodes: "La pugnacité" d'une frange s'est vue "depuis le début" et notamment sur les projets de loi asile-immigration ou agriculture.
Reste que les textes budgétaires, porteurs des grandes orientations économiques et sociales, sont des moments clés. C'est sur ces choix que s'était cristallisée la fronde au sein des socialistes sous le précédent quinquennat.
Les trublions de LREM ne sont pas des "frondeurs" comme ces anciens députés PS car, actuellement, "en aucun cas il y a volonté de faire chuter ou échouer le gouvernement", assure Gilles Le Gendre.
M. Cesarini évoque une "loyauté constructive", M. Taché "des parlementaires exigeants", aguerris par un an et demi de pratique. Ils n'hésitent plus à étaler leurs divergences au grand jour, via notamment des échanges musclés sur Twitter.
Désormais, ces députés osent davantage et veulent peser face à l'exécutif. Cela promet pour des débats à venir tel celui sur la révision des lois de bioéthique, où leurs convictions ne manqueront pas de s'exprimer.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.
Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.
Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.
Les députes macronistes ont fait rejeter vendredi à l’Assemblée une proposition de loi sénatoriale qu’ils soutenaient visant à autoriser les salariés des boulangeries et fleuristes à travailler le 1er mai. Une manière de s’éviter des débats tendus face à une gauche vent debout contre la mesure. Les députés de la majorité espèrent s’accorder avec les sénateurs en commission mixte paritaire dans les prochains jours.