Perquisitions à LFI: Mélenchon et cinq proches jugés jeudi et vendredi à Bobigny
Il dénonce "un procès politique": le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches sont jugés jeudi et vendredi à...

Perquisitions à LFI: Mélenchon et cinq proches jugés jeudi et vendredi à Bobigny

Il dénonce "un procès politique": le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches sont jugés jeudi et vendredi à...
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Par Wafaa ESSALHI

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Il dénonce "un procès politique": le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et cinq de ses proches sont jugés jeudi et vendredi à Bobigny pour les incidents ayant émaillé la perquisition au siège de LFI en octobre 2018.

M. Mélenchon, les députés LFI Alexis Corbière et Bastien Lachaud, l'eurodéputé Manuel Bompard, le conseiller d'Etat Bernard Pignerol et l'attachée de presse du parti Muriel Rozenfeld sont poursuivis pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation".

Les prévenus doivent comparaître devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Bobigny à partir de 09H30 jeudi. L'audience aura toutefois lieu dans une salle d'assises, plus grande, en raison de l'intérêt suscité pour ce procès et l'appel de LFI à venir en nombre, a indiqué le parquet de Bobigny.

Dix-sept personnes se sont constituées parties civiles, principalement des policiers et magistrats.

Le 16 octobre 2018, Jean-Luc Mélenchon s'était opposé avec virulence à la perquisition menée au siège de son parti dans le cadre de deux enquêtes préliminaires du parquet de Paris: sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017 et sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés de la France insoumise - confiées depuis novembre à des juges d'instruction.

Le chef de file de La France insoumise, filmant en direct sur Facebook la perquisition de son domicile quelques heures avant, avait dénoncé une "énorme opération de police politique" à son encontre. Plus tard, il s'était rendu avec des proches au siège du mouvement, où une autre perquisition avait viré à la confrontation.

Arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans les locaux de la police anticorruption (Oclciff) à Nanterre, jeudi 18 octobre 2018
Arrivée de Jean-Luc Mélenchon dans les locaux de la police anticorruption (Oclciff) à Nanterre, jeudi 18 octobre 2018
AFP

Là, devant les caméras de télévision, il avait alors appelé ses proches à "enfoncer la porte" pour entrer dans les locaux où la perquisition était en cours, affirmant notamment: "La République c'est moi". On le voyait également bousculer un représentant du parquet ainsi qu'un policier qui tentait de s'interposer.

Le parquet de Paris avait aussitôt ouvert une enquête et l'affaire a ensuite été dépaysée au parquet de Bobigny "dans un souci d'impartialité", selon le parquet général de Paris.

"Nous allons démontrer que les perquisitions sont non seulement inutiles et injustes, mais surtout gravement irrégulières, comportant de nombreuses fautes qui ont provoqué quatre minutes de tension sur deux heures de perquisition", a déclaré à l'AFP Me Mathieu Davy, avocat de Mélenchon.

- "la République c'est bien moi" -

Ces dernières semaines, les Insoumis et en premier lieu leur chef ont martelé l'idée d'un "procès politique" et d'une justice aux ordres du pouvoir. Ils l'abordent sous le terme de "lawfare", pratique selon eux de plus en plus courante des dirigeants à travers la planète pour museler les oppositions.

M. Mélenchon, en particulier, a profité de son périple en Amérique latine cet été pour rendre visite à l'ex-président brésilien Lula en prison et faire le parallèle entre leurs deux situations.

Le leader de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris le 12 septembre 2019 avec à ses côtés les députés LFI Alexis Corbière (G), Mathilde Panot et Adrien Quatennens (D)
Le leader de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon s'exprime lors d'une conférence de presse à Paris le 12 septembre 2019 avec à ses côtés les députés LFI Alexis Corbière (G), Mathilde Panot et Adrien Quatennens (D)
AFP/Archives

Dans une tribune publiée dans le JDD le 8 septembre, le chef des Insoumis et quelque 200 personnalités comme l'ex-président brésilien Lula et le Prix Nobel de la Paix argentin Adolfo Perez Esquivel estimaient que "le temps des procès politiques doit cesser" et appelaient à "la coopération mondiale des résistances juridiques".

Lors de sa première prise de parole publique à son retour d'Amérique latine, Jean-Luc Mélenchon a été jusqu'à qualifier les magistrats de "menteurs". "Je n'ai pas confiance dans la justice", a-t-il confié, avant de lancer: "Je n'ai pas peur, ni des campagnes de presse, ni des policiers, ni des magistrats, vous pouvez me mettre en prison, me rendre inéligible, je n'ai pas peur!".

Cette position est la droite ligne d'une rhétorique antisystème, ouvertement populiste, mettant en cause une oligarchie tirant les ficelles. Les Insoumis tentent de se ranger du côté de la société civile qui manifeste, des "gilets jaunes" aux décrocheurs de portraits d'Emmanuel Macron pour motif écologiste, qui comparaissent devant des tribunaux.

Dans un livre à paraître le jour de son procès, M. Mélenchon semble toutefois regretter ses propos: "J'aurais dû mieux choisir mon public", confie-t-il dans "Et ainsi de suite" (Plon).

Mais pour lui, "le caractère inviolable du tribun ou du député est l'incarnation de la souveraineté du peuple", concluant que "la République c'est bien moi".

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