Pour les opposants à Georges Tron, la thèse du complot est un « écran de fumée »
Proches de la famille Le Pen et opposants à Georges Tron dans sa ville de l'Essonne, les jumeaux Jacques et Philippe Olivier se...

Pour les opposants à Georges Tron, la thèse du complot est un « écran de fumée »

Proches de la famille Le Pen et opposants à Georges Tron dans sa ville de l'Essonne, les jumeaux Jacques et Philippe Olivier se...
Public Sénat

Par Myriam LEMETAYER

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Proches de la famille Le Pen et opposants à Georges Tron dans sa ville de l'Essonne, les jumeaux Jacques et Philippe Olivier se sont défendus mardi devant les assises d'avoir comploté avec les accusatrices de l'ex-secrétaire d’État pour provoquer sa chute.

Jugé depuis le 23 octobre devant les assises de Seine-Saint-Denis pour viols et agressions sexuelles, le maire de Draveil (Essonne) nie en bloc les accusations portées depuis mai 2011 par deux ex-employées municipales, Virginie Ettel et Éva Loubrieu.

Il reproche aux frères Olivier - habitants de Draveil opposés à un projet immobilier dans leur quartier - d'être derrière le "complot" politique qui l'a mené, selon lui, sur le banc des accusés au côté de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel.

"Écran de fumée", "poudre aux yeux", ont répondu Jacques et Philippe Olivier, 57 ans, mardi à la barre.

Philippe Olivier, marié à la fille aînée de Jean-Marie Le Pen, Marie-Caroline, avait été une figure montante dans les années 90 du Front national, qu'il avait quitté en 1999 pour suivre son mentor, Bruno Mégret.

Il s'était ensuite discrètement rapproché de Marine Le Pen, pour être aujourd'hui l'un de ses principaux conseillers, partisan d'une ligne identitaire axée sur la lutte contre l'immigration, et membre du bureau national du Rassemblement national (ex-FN) depuis mars dernier.

Entre-temps, il avait été candidat malheureux à la mairie de Draveil, soutenu par l'opposant historique de George Tron dans l'Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, même s'il s'est toujours défendu d'appartenir à son mouvement Debout la France.

Dans un long exposé aux allures de réquisitoire, Philippe Olivier a chargé le "système Tron" à l'origine selon lui de "dérives en particulier envers les femmes". Il affirme que la thèse du complot n'a "aucune cohérence" et ne résiste "pas à l'intelligence". Et assène que le FN se fichait "complètement de Georges Tron (...) maire d'une petite ville, parlementaire sans aucun bilan, secrétaire d’État technique".

Il était en outre, soutient-il comme son frère, en "rupture absolue" avec le FN lorsque l'affaire a éclaté. Georges Tron avait démissionné le 29 mai 2011 de son poste de secrétaire d’État à la Fonction publique.

- "Vous avez perdu toutes les élections" à Draveil, remarque l'avocat de Georges Tron, Éric Dupond-Moretti.

- "Et alors ?"

- "Ça peut créer une aigreur", suppose le conseil.

- "Conseils de communication" -

L'avocat avait interpellé plus tôt Jacques Olivier : "Vous êtes partout dans le dossier. Pour quelqu'un qui n'a rien à voir, c'est troublant."

L'opposant avait reçu des confidences des accusatrices avant les plaintes, en février et mai 2011, et les a vues à plusieurs reprises par la suite.

Virginie Ettel a aussi participé à un dîner chez lui fin 2011, en présence de Lucile Mignon qui soutenait le maire au début de l'affaire avant de s'en détourner. Elle l'a accusé pour la première fois d'agressions sexuelles au début du procès.

Leur avoir donné des conseils de communication pendant ce repas ne "fait pas de moi un comploteur", affirme Jacques Olivier, arguant que c'était postérieur aux plaintes.

Au cours de son audition, l'accusé s'agace, fait non de la tête. Il ne doit pas être entendu avant lundi prochain.

Jacques Olivier se tourne vers lui, sourire en coin : "M. Tron a des vapeurs."

Virginie Ettel et Éva Loubrieu, 41 et 44 ans, accusent le maire de leur avoir imposé des attouchements et pénétrations digitales entre 2007 et 2010, avec ou sans son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, 61 ans comme lui.

Le procès se tient en dehors de l'Essonne, où Georges Tron fait figure de baron local : ancien député (1993-2010, 2011-2012), il est toujours conseiller départemental et dirige Draveil (30.000 habitants) depuis 1995.

Le verdict est attendu mi-novembre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le