Rainbow-gate : « Je ne supporte pas la position de l’UEFA »
Le refus de l’UEFA d’autoriser la ville de Munich à illuminer son stade aux couleurs de l’arc-en-ciel pour soutenir la communauté LGBT hongroise, ne passe pas chez bon nombre d’eurodéputés. C’est le cas du Belge socialiste Marc Tarabella, qui exprime son incompréhension au micro de l’émission de Caroline de Camaret et de Marie Brémeau dans l’émission Ici l’Europe.

Rainbow-gate : « Je ne supporte pas la position de l’UEFA »

Le refus de l’UEFA d’autoriser la ville de Munich à illuminer son stade aux couleurs de l’arc-en-ciel pour soutenir la communauté LGBT hongroise, ne passe pas chez bon nombre d’eurodéputés. C’est le cas du Belge socialiste Marc Tarabella, qui exprime son incompréhension au micro de l’émission de Caroline de Camaret et de Marie Brémeau dans l’émission Ici l’Europe.
Public Sénat

Par Marie Brémeau et Pierre Bonte-Joseph

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Ça devait être la fête du sport, mais cette semaine l’actualité du championnat d’Europe de foot a d’abord été marquée par une passe d’armes politique sur fond de polémique. Mercredi 23 juin, Munich, ville organisatrice de l’Euro 2021, a souhaité afficher son soutien à la communauté LGBT hongroise avant le match Allemagne-Hongrie, alors que le gouvernement de Viktor Orban vient de faire passer une loi hongroise interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs.

Ursula von der Leyen : « Ce projet de loi hongrois est une honte »

Une loi jugée homophobe par de nombreux dirigeants politiques européens, à commencer par Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne s’est exprimée sur son compte twitter : « Ce projet de loi hongrois est une honte. Il discrimine sur base de l’orientation sexuelle et s’oppose aux valeurs fondamentales de l’UE. On ne fera pas de compromis. »

Mais l’UEFA a refusé l’illumination du stade munichois, au prétexte qu’il ne faut pas mélanger sport et la politique. Incompréhensible selon le député européen belge (S & D), Marc Tarabella : « Je ne comprends pas du tout la position de l’UEFA, je ne la comprends pas et je ne la supporte pas. Pourquoi ? Parce que cela fait quelques années qu’il y a plusieurs fléaux dans le sport, dont le racisme, dont l’homophobie et que l’UEFA, comme beaucoup de fédérations internationales du sport font des efforts pour lutter contre ces fléaux. Et que parce qu’on serait dans une ville, ou qu’il y a un certain pays qui va jouer, on n’arborerait pas certaines couleurs ? »

« L’UEFA a commis une erreur »

L’élu belge ne décolère pas. « Et donc en fonction des circonstances, ça voudrait dire qu’on va être plus ou moins timide ou franc sur le fait de défendre des valeurs fondamentales ? Donc ce qu’a fait l’UEFA dans ce cas-là est antinomique avec ce qu’elle prétend défendre d’habitude. Je pense qu’ils ont fait une erreur à mon sens par rapport à cet empêchement de la ville de Munich d’exprimer une liberté fondamentale aussi, qui est celle de s’exprimer tout simplement, le droit d’expression. »

La récente loi hongroise a également déclenché les passions lors du sommet européen de Bruxelles jeudi 24 juin. Dix-sept Etats membres ont lancé un appel solennel au respect des valeurs européennes et la Commission pourrait ouvrir une nouvelle procédure contre Budapest pour violation du droit de l’Union.

Sport et politique incompatibles ?

Dans les couloirs du Parlement européen à Bruxelles, le « deux-poids deux mesures » pose question. Car si l‘UEFA n’a pas hésité à s’opposer aux autorités munichoises elle donner raison à la Russie demandait une modification du maillot de l’équipe Ukrainienne jugeant « politique », la mention « Gloire à nos héros » qui y figurait. Tiziana Beghin, eurodéputée italienne (NI), dénonce une certaine hypocrisie : « Je pense qu’au sein de l’UEFA règne une certaine confusion. C’est encore plus étonnant ce qu’ils ont décidé par rapport à l’illumination du stade Allianz (à Munich), alors qu’ils ont pris une position bien claire pour ne pas avoir de problème avec la Russie. Donc là, ils se sont bien engagés dans une situation politique. »

Retrouvez notre émission sur notre espace replay

Partager cet article

Dans la même thématique

Rainbow-gate : « Je ne supporte pas la position de l’UEFA »
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le