Ruffin présente son film sur les « gilets jaunes » aux Champs-Elysées
Le député de la France insoumise François Ruffin a présenté mardi en avant-première son film sur les "gilets jaunes" en mettant...

Ruffin présente son film sur les « gilets jaunes » aux Champs-Elysées

Le député de la France insoumise François Ruffin a présenté mardi en avant-première son film sur les "gilets jaunes" en mettant...
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Par Baptiste BECQUART

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Le député de la France insoumise François Ruffin a présenté mardi en avant-première son film sur les "gilets jaunes" en mettant en scène Emmanuel Macron comme spectateur dans un cinéma des Champs-Elysées, théâtre de manifestations violentes.

Soutien de la première heure des "gilets jaunes", François Ruffin est parti en décembre une semaine avec le réalisateur Gilles Perret pour "garder une trace" de "ce miracle social" qu'il "attend depuis 20 ans", "lorsque la honte privée (de ne pas s'en sortir) devient publique et que les résignés retrouvent l'espérance", raconte-t-il aujourd'hui à l'AFP.

Avant la sortie officielle mercredi du film "J'veux du soleil", le député de la Somme en a assuré lui-même la promotion ces dernières semaines dans de nombreuses salles en France. Il revendique d'ores et déjà 20.000 spectateurs.

"Cher @Francois_Ruffin, si c'est un succès quand votre film fait 20.000 spectateurs, qu'en est-il quand 500.000 citoyens participent à un débat et remettent des contributions?", l'a taclé sur Twitter François de Rugy, ministre de la Transition écologique, en référence au grand débat national qui s'achève.

Avant la séance, devant quelque 350 spectateurs répartis dans deux salles, François Ruffin a placé un portrait officiel d'Emmanuel Macron sur un siège pour adresser un clin d'oeil aux Champs-Elysées, épicentre de la contestation: "On n'est pas loin de chez lui donc on l'a amené. Il ressortira peut-être plein d'empathie pour les gens et les placera avant l'argent", s'est-il amusé.

Le député avait boycotté l'invitation vendredi à l'Elysée en tant que député, tout en mettant en scène un pique-nique en contre-point du déjeuner du chef de l'Etat avec des élus des Hauts-de-France.

Des attaques anti-Macron qui ont conduit le président de l'Assemblée Richard Ferrand à l'accuser de prêcher "la haine".

- "Symbole" -

Cette projection près de la célèbre avenue, "ce n'était pas spécialement prévu", a assuré à l'AFP son entourage, même si "on est hyper contents de pouvoir diffuser le film sur les Champs-Elysées pour le symbole".

"La tournée marche bien, donc les salles parisiennes se sont réveillées et l'exploitant du Lincoln est tombé amoureux du film", assure l'entourage. "Un pied de nez à Macron, le gouvernement et tous ceux qui ne veulent pas entendre", s'est réjouie auprès de l'AFP Nelly, une spectatrice de 63 ans venue du Val d'Oise, après la séance.

François Ruffin a affirmé à l'AFP vouloir avec ce film toucher les "gilets jaunes qui se trouvent beaux à l'écran" et "la classe intermédiaire, grande absente de cette automne, qui se diront +Bon sang, j'en suis et j'y vais+".

Durant 80 minutes, le "député-reporter" et Gilles Perret posent un regard plein d'empathie sur ces hommes et de ces femmes au quotidien précaire, qu'ils ont pu filmer jusque dans leur intimité.

Ils s'inscrivent dans la filiation du satirique "Merci patron" du journaliste, film qui tire à boulets rouges sur le groupe de luxe LVMH et son PDG Bernard Arnault: 500.000 entrées et récompensé en 2017 d'un César, il avait déjà été l'un des points de départ du mouvement de contestation "Nuit debout".

- "Mettre les gens en mouvement" -

Avec ces projections aux allures de meetings, François Ruffin fait-il campagne? "Au départ, Gilles voulait faire un film sur moi, et moi je voulais pas, pas pour l'instant", assure-t-il. Le député réfute tout opportunisme, alors que nombre de politiques le voient comme un rival en puissance pour Jean-Luc Mélenchon: "C'est politique parce qu'on espère mettre en mouvement les gens", mais "ce n'est pas un catalogue de revendications".

Dans son livre "Ce pays que tu ne connais pas" (Les Arènes), sorti en février, François Ruffin s'interroge pourtant bel et bien sur son destin politique. L'élection présidentielle, écrit-il, "pervertit tout. Et je le sens jusqu'en moi-même: ça vous effleure, grossit en vous comme une tumeur, ce +Pourquoi pas moi ?+ Les médias, les sondages, les collègues vous farcissent d'une ambition qui n'est pas la vôtre".

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