Sécu: Fillon veut désamorcer la polémique avec un audit « indépendant »
Le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon, accusé de vouloir privatiser la Sécurité sociale, tente de...

Sécu: Fillon veut désamorcer la polémique avec un audit « indépendant »

Le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon, accusé de vouloir privatiser la Sécurité sociale, tente de...
Public Sénat

Par Nadège PULJAK

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le candidat de la droite à la présidentielle François Fillon, accusé de vouloir privatiser la Sécurité sociale, tente de désamorcer la situation en confiant à des "experts indépendants" un audit sur les comptes sociaux, ce qu'a jugé "affligeant" la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Depuis plusieurs jours, l'ex-Premier ministre, qui répète vouloir "sauver" ou "consolider" la Sécu, et non la "privatiser" comme l'en accusent la gauche et le FN, est confronté à une pluie de critiques concernant son projet sur la santé. Des "caricatures", balaie-t-il.

"Il est tellement plus simple de dire n'importe quoi... Non, à aucun moment, je n'ai voulu ou je ne voudrais +privatiser l'assurance maladie+", a assuré M. Fillon, mercredi lors d'une visite de l'hôpital Marie-Lannelongue au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine).

A l'issue de sa visite, le candidat a annoncé qu'il allait "demander à des experts indépendants de réaliser un audit des comptes sociaux. On entend tellement de choses qu'il faut maintenant un peu de vérité et un peu de clarté". "J'organiserai ensuite avec mes amis parlementaires, dont beaucoup sont des médecins, une convention qui nous permettra de préciser le projet en étroite concertation avec les professionnels de la santé de tous les secteurs", a-t-il ajouté.

M. Fillon s'est immédiatement attiré les foudres des socialistes. "Un ex-PM, candidat à la présidentielle, marque sa défiance à la @courdescomptes et aux organismes indépendants de la République: affligeant", a tweeté la ministre de la Santé, Marisol Touraine. "Les comptes de la Sécurité Sociale sont certifiés depuis 2012 par la Cour des Comptes! F.Fillon ose douter de son indépendance ?", s'insurge aussi son collègue au Budget, Christian Eckert.

En cause: la volonté affichée par l'ex-Premier ministre, dans une première mouture de son projet, de distinguer entre "gros risques" ("affections graves ou de longue durée", pris en charge par l'assurance maladie) et "petits risques" (pris en charge par des complémentaires santé).

- Pas de définition des "petits risques" par Fillon -

Qu'entend-il par "petits risques"? A cette question, posée par les journalistes qui l'accompagnaient dans sa visite de l'hôpital, M. Fillon n'a pas répondu.

Lors du débat de l'entre-deux-tours de la primaire, face à Alain Juppé, il avait proposé "que la Sécurité sociale se concentre sur les risques principaux (...) On va discuter de la composition de ce panier de soins qui devrait être couvert par la Sécurité sociale. Et je souhaite que, pour le petit risque, on aille vers les mutuelles", avait-il affirmé.

Le sujet étant très sensible aux yeux du public, le candidat veut canaliser des critiques aux effets potentiellement ravageurs à quelques mois de la présidentielle, par la mise en place de garde-fous.

Les expressions "gros risques" et "petits risques" sont désormais bannies du vocabulaire filloniste.

Mardi, il a écrit une tribune dans Le Figaro pour expliquer qu'il voulait "sauver le caractère universel en responsabilisant les assurés", rappelant que "la dette" de la Sécu se montait à "160 milliards d'euros".

Sa proposition la plus contestée a également été retirée de son site internet, une décision qualifiée de "maladroite" par un proche.

"Pour assurer la pérennité de notre système de santé, je propose de (...) focaliser l'assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée, et l'assurance privée sur le reste. Les moins favorisés ne pouvant accéder à l'assurance privée bénéficieront d'un régime spécial de couverture accrue", était-il écrit avant que la phrase ne disparaisse des écrans.

Autres parties du projet dont le candidat n'a plus parlé, ni dans sa tribune, ni au Plessis-Robinson: la franchise médicale universelle, censée remplacer le ticket modérateur, ou son objectif de réduire de 20 milliards d'euros les dépenses de santé sur le quinquennat. Ce qui ne signifie pas qu'il y ait renoncé. Plus qu'un changement de pied, il s'agirait plutôt d'un glissement sémantique. "Il n'y a absolument aucun recul" de la part de M. Fillon quant à sa politique de santé, affirme Christian Jacob (LR).

Partager cet article

Dans la même thématique

Sécu: Fillon veut désamorcer la polémique avec un audit « indépendant »
2min

Politique

Le sénateur LR Thierry Meignen visé par une plainte pour menaces de mort : le groupe socialiste demande au Sénat de « prendre les décisions qui s’imposent »

La journaliste Nassira El Moaddem, autrice d’un livre-enquête sur Le Blanc-Mesnil, et les Editions Stock ont déposé plainte mardi contre le sénateur et ex-maire LR de cette commune de Seine-Saint-Denis, Thierry Meignen, pour menaces de mort. Lors d’un rappel au règlement, le président du groupe socialiste, Patrick Kanner a interpellé la haute assemblée sur le sujet.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Municipales 2026 : comment les résultats dessinent déjà la carte des sénatoriales de septembre

Le Sénat sera renouvelé de moitié en septembre prochain, un scrutin intimement lié à celui des municipales en raison de son corps électoral. Les nouveaux équilibres communaux permettent ainsi d’anticiper sur la future composition de la Chambre haute, entre la résistance de la droite, le recul redouté des socialistes et des écologistes, et les ambitions inédites du RN et de LFI. Décryptage.

Le

CANNESERIES: Opening Ceremony season 08
7min

Politique

David Lisnard quitte LR : « Parler de vote truqué est inadmissible », tance Roger Karoutchi

Après le vote du bureau politique de LR sur les trois scénarios que le parti va proposer à ses adhérents pour désigner leur candidat à l’Élysée en 2027, le maire de Cannes, lui-même candidat à la présidentielle, a décidé de claquer la porte du parti en dénonçant la proposition d’un « vote truqué ». Pas de quoi émouvoir les cadres du parti qui semblaient s’attendre à ce départ.

Le