Stations de ski : « Ce n’est pas sur un tire-fesses qu’on attrape le covid », s’emporte Loïc Hervé
Lors des questions d’actualité au gouvernement, le sénateur de Haute-Savoie a interpellé le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, sur le sort des remontées mécaniques françaises, contraintes à la fermeture, au regard de la situation de nos voisins européens.

Stations de ski : « Ce n’est pas sur un tire-fesses qu’on attrape le covid », s’emporte Loïc Hervé

Lors des questions d’actualité au gouvernement, le sénateur de Haute-Savoie a interpellé le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, sur le sort des remontées mécaniques françaises, contraintes à la fermeture, au regard de la situation de nos voisins européens.
Public Sénat

Par Pierre Maurer

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

En première ligne depuis plusieurs semaines pour défendre le secteur de la montagne, le sénateur centriste Loïc Hervé a interpellé ce mercredi le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, au sujet, selon lui, de l’absence de coordination européenne sur l’ouverture des remontées mécaniques. Dans son viseur : l’ouverture des stations en Suisse, par exemple, et la volonté du gouvernement d’interdire les citoyens français de s’y rendre.

L’ancien « sherpa Europe » d’Emmanuel Macron, Clément Beaune, a d’abord rappelé que la décision du gouvernement n’était pas de « gaieté de cœur » mais « parce que nous savons qu’il y a des lieux de rassemblements qui peuvent être dangereux dans un moment où l’épidémie n’est pas totalement maîtrisée ». « Si nous rouvrions trop tôt, nous prendrions un risque sanitaire et économique pour les acteurs concernés car si l’épidémie continue à se développer de manière générale, c’est le haut de la saison, notamment le mois de février qui serait remis en cause », a-t-il plaidé.

« Sur la coordination européenne, nous l’avons initiée », a signalé Clément Beaune. « Elle est inédite. Grâce à l’initiative que nous avons prise pour éviter qu’il y ait une forme de concurrence excessive ou déloyale et un risque sanitaire de réimportation du virus, l’Italie a annoncé la fermeture de ses stations pour la période des fêtes, c’est le cas aussi de l’Allemagne, de la Bulgarie, de la Slovénie. C’est aussi le cas d’Andorre, qui a changé de décision à la suite de cet effort de coordination, et je tiens à préciser que pour l’Espagne et l’Autriche, tout sera fermé. Hôtels, bars, restaurants, et une quarantaine est imposée. Donc il n’y aura de fait pas de concurrence touristique », a-t-il abondé. Puis de détailler, pour les pays où l’ouverture des stations est autorisée : « En Espagne, il y a trois communautés qui ont des stations de ski, notamment la Catalogne et nous avons fait en sorte qu’il y ait une interdiction pour les non-résidents dans ces régions, d’accéder aux stations. Les autorités espagnoles mettront en place des contrôles. Nous le ferons aussi pour la Suisse, si nous n’arrivons pas à mener une coordination diplomatique dans les prochains jours. Nous continuons à le faire mais ce sont des décisions cantonales en Suisse. »

Clément Beaune : "La coordination européenne sur les stations de ski est inédite"
02:30

« Ce n’est pas sur un tire-fesses qu’on attrape le Covid », a rétorqué Loïc Hervé, insatisfait par la réponse du secrétaire d’Etat, demandant en sus des explications sur les fondements juridiques des contrôles aux frontières pour aller en Suisse. À une question suivante et similaire de la sénatrice Les Républicains Sylviane Noël sur le désespoir économique des stations, Clément Beaune a rappelé les mesures de soutien économique mises en place par le gouvernement, notamment un « dispositif de soutien ad hoc et ciblé » pour les stations. « L’objectif du gouvernement est une réouverture progressive », a-t-il répété. Le Premier ministre recevra les acteurs du secteur de la montagne le 11 décembre prochain pour un nouveau bilan d’étape.

Partager cet article

Dans la même thématique

Glucksmann
6min

Politique

Le sénateur Place Publique Bernard Jomier appelle à créer « un intergroupe » rassemblant les pro-Glucksmann au Sénat

« Il va y avoir un travail en commun des sénateurs qui soutiennent Raphaël Glucksmann », soutient le sénateur de Paris, après la victoire écrasante de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate. Il tend notamment « la main » aux sénateurs écologistes, qu’il a rejoints. Mais du côté du groupe PS, l’initiative laisse pour l’heure plus dubitatif.

Le

Bram: Raphael Glucksmann at Les Rencontres de la Gauche
8min

Politique

Présidentielle : de quels moyens va bénéficier Raphaël Glucksmann, désormais candidat du PS, pour faire campagne ?

Officiellement investi pour la campagne présidentielle, Raphaël Glucksmann va pouvoir bénéficier de l’expertise technique et militante du Parti socialiste pour la course à l’Elysée. Du fait de son poids politique, le parti à la rose devrait également être le premier contributeur financier de sa campagne. Le Canard enchaîné évoque un plafond à 2,4 millions d’euros, loin toutefois de ce qui avait été déboursé pour Anne Hidalgo ou Benoît Hamon.

Le

Paris: Weekly session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Modernisation de la radio : la proposition de loi de Laurent Lafon pour assouplir la réglementation et soutenir le secteur

Déposée le 16 juin 2026 à l’initiative du sénateur Laurent Lafon, la proposition de loi relative à la modernisation de la radio sera débattue demain en séance publique. Adoptée largement par la Commission de la culture le 7 octobre 2026 et soutenue par les acteurs de la radio, la proposition de loi vise à assouplir la règlementation et favoriser le développement de la radio numérique terrestre dans un contexte de relatif déclin de la radio française.

Le

Paris Students and Police face to face
6min

Politique

Mobilisation lycéenne : le recours aux gardes à vue est-il justifié ?

Depuis le début du mouvement, 6 877 personnes ont été placées en garde à vue, dont une très grande majorité de mineurs. Une mesure de contrainte injustifiée selon plusieurs avocats, qui y voient plutôt une volonté de la part des forces de l’ordre de sanctionner les manifestants.

Le