Le Tranger a enfin retrouvé un maire. Ou plutôt une maire. Alexandra Beauvais-Matthey, 27 ans, vient d’être élue à la tête de ce petit village de l’Indre. Faute de candidat aux élections municipales, la commune était jusqu’ici placée sous l’autorité d’une délégation spéciale, chargée de gérer les affaires courantes pendant un an et demi.
Un village de l’Indre élit enfin une maire après plus d’un an sans aucun candidat
Le Tranger a enfin retrouvé un maire. Ou plutôt une maire. Alexandra Beauvais-Matthey, 27 ans, vient d’être élue à la tête de ce petit village de l’Indre. Faute de candidat aux élections municipales, la commune était jusqu’ici placée sous l’autorité d’une délégation spéciale, chargée de gérer les affaires courantes pendant un an et demi.
Par Samia Dechir
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La route principale traverse tout le village. En la longeant, on aperçoit d’abord l’église, le monument aux morts, et enfin la mairie. Ce petit bâtiment est central au Tranger, où l’on ne trouve aucun commerce. Ce matin d’automne, on y croise Roselyne Cabrol. Pour cette habitante, il faut « un prêtre pour être l’âme du village, et un maire, pour l’administration. C’est très important ». Mais pendant un an et demi, cette petite commune de l’Indre n’en a pas eu, de maire.
Aux élections municipales de 2020, la maire sortante, qui achève alors son mandat, déménage. Et personne, dans le village, n’est volontaire pour lui succéder. Une habitante va bien tenter sa chance, mais seule, sans équipe, elle est rapidement contrainte de démissionner. Le Tranger se retrouve sans maire, sans conseil municipal, sans aucun élu pour gérer le quotidien des 178 habitants. Impossible, pourtant, de laisser le siège totalement vacant.
L’amiral Jouot, capitaine provisoire
Hubert Jouot, à la tête de la délégation spéciale du Tranger jusqu’à octobre 2020
Dans ce genre de cas, la commune doit être placée sous l’autorité d’une équipe d’intérim. « Un beau matin, j’ai reçu un appel de la préfecture me demandant si j’acceptais de prendre la fonction au sein d’une délégation spéciale », raconte Hubert Jouot. Cet ancien militaire de la marine habite à Prissac, à quarante-cinq minutes du Tranger, mais il n’a pas hésité longtemps avant d’accepter de présider la délégation. « J’ai un peu le sens du service, et j’estime qu’il faut s’engager pour la vie de la cité, pour faire vivre nos territoires. Je me voyais mal dire non alors qu’un village était sans conseil municipal, sans moyen de vivre. Je sais combien une mairie est essentielle pour les habitants ».
Avec l’amiral Jouot, la mairie retrouve provisoirement un capitaine. Entouré de deux autres volontaires, il est chargé de gérer les affaires courantes du Tranger. Mais l’équipe n’est pas élue, ses pouvoirs sont donc limités. Elle ne peut pas voter le budget annuel, ni engager aucune dépense d’investissement. « Si le camion de la commune tombait en panne par exemple, je pouvais changer la batterie, mais pas changer le camion. Une délégation spéciale, ce n’est pas une solution pérenne, mais une solution d’attente qui permet aux habitants de s’organiser, de réfléchir, qui leur laisse le temps de prendre leur destin en main ». Tous les trois mois, des élections doivent organisées pour tenter de faire élire un conseil municipal. Mais près d’une année et demie va s’écouler sans qu’aucun candidat ne se présente.
L’identité du village
Claude Giraud, habitant du Tranger
Devant sa maison, à quelques mètres de l’Indre, Claude Giraud profite d’un rayon de soleil matinal, et se souvient de cette période d’incertitude. La crise des vocations au Tranger, il l’explique par une population vieillissante, dans un petit village où chacun a déjà donné un peu de sa personne en siégeant au Conseil Municipal, à commencer par lui-même. Comme tout le monde, ce retraité a eu peur que sa commune disparaisse, pour être rattachée à une autre. « On perd son indépendance, on perd son identité. Et la majorité des habitants ici voulaient conserver leur identité ».
Les jeunes au secours du village
Alexandra Beauvais-Matthey, élue maire du Tranger le 3 octobre 2021
C’est d’une nouvelle habitante que viendra le salut du village. Début 2020, Alexandra Beauvais-Matthey et sa famille quittent la région parisienne pour s’installer au Tranger. Un changement de vie, pour se mettre au vert, dans cette paisible campagne entre Tours et Châteauroux. A son arrivée, elle découvre le désarroi des anciens. « Après avoir parlé avec des habitants, dont un qui avait les larmes aux yeux que son village soit abandonné, et un autre qui a hésité à déménager », elle finit par décider de se présenter. A 27 ans, cette organisatrice de mariages n’a aucune expérience en politique, mais qu’importe, « je fonctionne beaucoup avec le cœur » raconte celle qui apprendra sur le tas.
Le 3 octobre dernier, elle est élue maire, à la tête d’une liste sans étiquette politique. La mission de l’amiral Jouot prend officiellement fin, celle d’Alexandra Beauvais-Matthey commence. « Ça c’est ce que nous a laissé la délégation » explique la jeune femme, en soulevant une imposante pile de dossiers.
« Ça ne me fait pas peur »
Limiter la vitesse des voitures qui traversent le village à vive allure, gérer les odeurs de la déchetterie voisine, tenter de convaincre un boulanger d’installer un distributeur de pain…, la nouvelle élue découvre progressivement l’ampleur de la tâche, sans s’en inquiéter. « Ça ne me fait pas peur sachant que pas mal d’habitants peuvent m’aider. Ils m’ont tous dit « on est derrière toi-même si on ne fait pas partie du Conseil municipal, si tu as des questions on est là ». Je ne vois pas pourquoi on devrait s’en faire une montagne, sachant qu’on n’est jamais tout seul, et que c’était un de mes critères pour me présenter : ne pas être toute seule ».
Alexandra Beauvais-Matthey en réunion avec son premier adjoint Sébastien Jumeau
L’équipe de 10 conseillers municipaux qui l’entoure est comme elle, majoritairement novice en politique. Son premier adjoint, Sébastien Jumeau, a rejoint la liste par attachement au village où il a grandi. « Mon père, mon oncle et mon grand-oncle ont siégé au conseil municipal » raconte cet employé départemental au service voirie, qui n’a jamais exercé le moindre mandat. Dans le village, l’arrivée de cette nouvelle équipe a soulagé tout le monde. « Avoir des jeunes à la tête de la commune aujourd’hui c’est très bien » se réjouit un habitant, « parce qu’on a du sang neuf, des idées nouvelles, et des possibilités nouvelles ». Mais surtout, Le Tranger est sauvé, la peur d’une fusion avec une commune voisine s’est envolée avec l’élection d’un conseil municipal.
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