C’est l’histoire d’une rencontre qui change une vie. Né à Alger dans les années 1950, Alexandre Arcady y découvre le cinéma à l’âge de 7 ans. Alors que la guerre se déroule sous ses fenêtres, les salles obscures deviennent très vite « un refuge immédiat et constant ». Le réalisateur évoque avec nostalgie cette vie dans la capitale algérienne, au milieu d’enfants de toutes origines :
« On vivait dans une fraternité insouciante (…) on ne savait pas qu’on était pauvres parce qu’on ne connaissait pas les riches », se souvient-il, avant d’ajouter : « Ce qu’on savait, c’est que l’un s’appelait Mohammed, l’autre François, le troisième David. On avait cette espèce de respect les uns pour les autres. Cette vie-là m’a forgé comme citoyen et comme cinéaste. »
De cette enfance, il tirera en 2023 un film : Le Petit Blond de la Casbah.
L’époque en toile de fond de son cinéma
Dans les films d’Alexandre Arcady, les destins personnels se mêlent souvent à la grande Histoire. Le cinéaste fait évoluer ses personnages dans la tourmente du quotidien, sur fond d’événements historiques :
« À chaque fois que j’ai réalisé un film, reconnaît-il, j’ai été porté soit par un événement personnel, soit par un événement plus important. Pourquoi ai-je réalisé L’Union sacrée ? Parce que j’ai été tellement bouleversé par l’attentat du restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris, en 1982, que j’ai voulu tirer la sonnette d’alarme pour dire : attention, il y a un islam radical qui arrive de l’extérieur et qui va faire mal. Je n’imaginais pas, des années plus tard, que cet islam radical serait à l’intérieur. »
Interrogé sur la possibilité pour les différentes communautés de continuer à vivre ensemble, en Israël comme en France, le cinéaste se montre pessimiste :
« Si on continue à fomenter de fausses nouvelles face à une jeunesse désœuvrée, on va vers la catastrophe », professe-t-il.
« Le cinéma est mieux que la vie »
Reste que, pour lui, le cinéma conserve la force de sublimer le réel :
« Quand on est dans une salle et que le metteur en scène vous prend par la main pour vous entraîner dans son rêve, on est tellement heureux en sortant. Pendant deux heures, on s’est laissé porter (…) Le cinéma est mieux que la vie. C’est un mot de mon enfance qui a une résonance extraordinaire. »
Une conviction qu’il revendique encore aujourd’hui. Dans son dernier film, Fausse Note, il met en scène un duo d’acteurs : Benoît Poelvoorde et Kad Merad, respectivement chef d’orchestre et l’un de ses admirateurs. Un face-à-face d’abord bon enfant qui va tourner à la confrontation, puis au drame, sur fond de quête de vérité.
Pour le réalisateur, « les grands films que l’on aime reposent souvent sur de grands duos. Il y a eu Delon et Gabin, Belmondo et Ventura, Bourvil et De Funès (…) Je voulais un duo de cette force-là. »
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