Homme politique : « Un métier que j’aurais pu faire » reconnaît Patrick Mille 

Il est à l’affiche de Laponie, la nouvelle pièce comique du duo Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte au Théâtre de la Renaissance. Mais il excelle également dans les rôles de méchant et se passionne des personnages politiques ou historiques. Un comédien engagé qui alerte sur les risques de censure dans le monde de la culture. Patrick Mille est cette semaine l’invité de Rebecca Fitoussi dans Un monde, un regard.
Max Dufeigneux

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La curiosité de Patrick Mille pour l’histoire et la politique est née dès l’enfance. Tout commence avec la désertion de son père qui, pour ne pas partir se battre en Algérie, fuit la France pour le Portugal. « Mon père a fait un refus d’obstacle militaire, un acte politique sincère de refuser d’aller se battre » explique aujourd’hui le comédien.

C’est d’ailleurs à Lisbonne que l’acteur va naitre et vivre le début de son enfance. Entouré de groupes d’artistes engagés que son père a rejoint et de réfugiés politiques sud-américains que son père accueille chez lui, Patrick Mille grandit dans une atmosphère très politisée :« Ça faisait partie de mon monde (…) ça m’a donné envie de défendre des valeurs assez tôt, ça m’a fait prendre conscience de la politique assez tôt » reconnait-il aujourd’hui.

Un engagement militant toujours vivace pour celui qui, s’il ne se considère pas « militant de métier » assume être « militant de culture ». Aujourd’hui encore, Patrick Mille assume son engagement. Interrogé sur les risques de censures dans le monde du spectacle vivant, il appelle à la « vigilance (…) il y a des endroits en France où on interdit des expositions… en général ça commence tout petit ».

Une passion pour l’histoire qui lui permet de rentrer parfaitement dans les rôles d’hommes politiques. Ainsi quand on lui propose de jouer François Mitterrand dans l’adaptation des Lettres à Anne (Ed. Gallimard) ou encore le dirigeant d’un parti d’extrême droite dans la série Baron Noir, il se nourrit de lectures pour coller au mieux à son personnage.

S’il considère néanmoins qu’un acteur doit observer une forme de neutralité et ne doit pas révéler « ce pour qui il penche, ni, ce pour quoi il croit » afin que le public ne voie que le personnage sur scène, il ne ferme pas la porte à une carrière politique « peut être un métier que j’aurais pu faire » avoue-t-il plein de gourmandise, le sourire aux lèvres.

 

Retrouvez l’intégralité de l’émission en rediffusion ici

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