Quel coût pour l’État, après les annonces en faveur des lycéens et des étudiants ?
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Quel coût pour l’État, après les annonces en faveur des lycéens et des étudiants ?

Les réponses du gouvernement à la mobilisation lycéenne et étudiante se traduiront par des surcoûts dans le projet de loi de finances, intégrés par le gouvernement sous forme d’amendements. Ramenés à une année, l’ardoise reste sous contrôle.
Guillaume Jacquot

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Une partie des réponses apportées par le ministre de l’Éducation nationale et celui de l’Enseignement supérieur au mouvement de colère des lycéens et des étudiants se traduira dans les prochains jours dans le prochain projet de loi de finances. Plusieurs mesures sont en effet directement budgétaires et nécessiteront des amendements du gouvernement dans la partie dépenses du budget.

Déjà à la peine pour réunir une majorité capable de voter ses mesures de redressement pour l’année 2027 et respecter ainsi l’objectif de retour du déficit à 5 % du PIB, le gouvernement se retrouve contraint d’augmenter les crédits en faveur de l’enseignement scolaire. À condition bien sûr que le Parlement adopte en bout de course le projet de loi.

Le paquet de mesures n’a pas suffi à éteindre la colère de la jeunesse, plusieurs organisations ayant appelé à maintenir la pression et à poursuivre la mobilisation. Il n’en demeure pas moins qu’il représente un surcoût. Selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, invité hier soir du journal de 20 heures de France, les annonces de lundi dépasseront au total « les 5 ou 6 milliards d’euros ». L’essentiel est fléché vers la rénovation des bâtiments, en particulier vers les régions, les collectivités locales responsables de la construction et de l’entretien des lycées.

Un plan massif pour la rénovation, mais étalé sur plusieurs années

Le gouvernement leur a annoncé la mobilisation d’ici 2030 de 4 milliard d’euros, sous forme de prêts à long terme et à taux préférentiels, pour « soutenir » leur investissement. C’est donc l’équivalent d’un milliard d’euros par an. L’appui financier se fera par l’intermédiaire de la Banque des territoires, et de son programme ÉduRénov, qui avancera donc les fonds.

La dépense sera donc la prise en charge d’un taux plus bas que ce qu’il se pratique sur le marché. Les régions ont « pris acte » de cette annonce, qui fera « diminuer le coût de l’endettement » pour les opérations de rénovation. Mais l’association qui les représente estime que cette décision reste « très en deçà » de leurs attentes. Elle l’appelle le gouvernement à revoir sa copie budgétaire, qui prévoit de les mettre à contribution de l’effort de rétablissement des comptes à hauteur d’un milliard d’euros.

Au niveau de l’État, le gouvernement prévoit aussi un milliard d’euros pour « rénover ou reconstruire des sites universitaires dans toutes les régions académiques », d’ici 2029. 200 millions d’euros seraient engagés dès 2027.

Annulation des réductions d’effectifs à l’Education nationale, 1700 postes créés

Le plafonnement des classes, en deux années, à 28 élèves en seconde, et l’ouverture de 15 000 nouvelles places dans le supérieur, en particulier de BTS et dans les IUT, nécessitera des postes d’enseignants supplémentaires. L’Éducation nationale devait initialement réduire de 836 le nombre d’enseignement, dans la version initiale du budget. Cet arbitrage est annulé. Le gouvernement veut finalement ouvrir 1700 postes.

La différence entre l’économie projetée, dans la première mouture, et les crédits nécessaires à ces nouveaux postes, représente un écart de près d’une centaine de millions d’euros (hors surcotisations pour les retraites de la fonction publique). Le ministère de l’Éduction nationale prévoit par ailleurs d’augmenter de 300 postes supplémentaires le nombre d’infirmiers et de infirmiers et de psychologues, dans les établissements du secondaire, une dépense de l’ordre de 12 millions d’euros.

Une autre mesure notable est la revalorisation des bourses étudiantes sur critère sociaux sur l’inflation, qu’il s’agisse des nouveaux étudiants ou des étudiants actuels, à partir de la prochaine rentrée universitaire. Le gouvernement évalue le budget supplémentaire nécessaire en 2027 à 37 millions d’euros. En année pleine, cela se traduira par 121 millions d’euros en 2028. Le gouvernement évoque même 220 millions pour 2029.

L’essentiel des dispositions représente donc pour 2027 environ 350 millions d’euros, ainsi qu’un milliard d’euros au titre des prêts à taux préférentiels consentis par la Banque des territoires. Ces 1350 millions représentent 0,05 % du PIB. Défenseur du respect de la cible d’un déficit à 5 % de la richesse nationale, le ministre des Comptes publics David Amiel a prévenu ce matin sur TF1 que ces mesures devraient être « financées par des efforts supplémentaires », ailleurs. « On aura l’occasion de faire des propositions », a-t-il annoncé.

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