ILLUSTRATION CHALEUR
Credit:FRED SCHEIBER/SIPA/2605261820

Canicule : plus d’un Français sur deux concerné par la vigilance orange

Près de 36 millions de Français, soit plus d'un sur deux, sont concernés par la vigilance orange canicule vendredi, selon un calcul de l'AFP croisant la liste des 53 départements placés en vigilance orange par Météo France et les estimations de population de l'Insee.
Rédaction Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Parmi eux, quelque 9,7 millions de personnes âgées de 60 ans ou plus, dont 3,8 millions de 75 ans ou plus au 1er janvier 2026, pourraient constituer des publics vulnérables face à cet épisode annoncé par Météo France comme « étendu, durable et intense ».

La canicule s’est étendue avec 53 départements concernés par la vigilance orange – le long d’un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est -, une situation qui a conduit plusieurs municipalités à annuler la populaire Fête de la musique prévue dimanche.

Le « pic caniculaire remarquable » est attendu entre dimanche et mardi, avec des « pointes à 40 °C en particulier sur l’Ouest et le Centre », anticipe Météo-France.

Emmanuel Macron a appelé à une « grande vigilance » et à « prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables » car « ce sont des jours difficiles ».

La France subit « des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique », souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

Cours annulés, emploi du temps réaménagé, regroupements dans les salles les plus fraîches : les établissements scolaires s’organisent pour faire face à la canicule. Dans l’académie de Poitiers, les épreuves de « grand oral » du bac, prévues l’après-midi du lundi 22 et mardi 23 juin, ont été reportées d’une semaine.

A Sens (Yonne), des écoles fermeront dès vendredi midi. A Strasbourg, la municipalité écarte cette option mais va « demander au rectorat s’il peut autoriser les parents qui le souhaitent à ne pas emmener leurs enfants à l’école ».

Le ministre de l’Education Edouard Geffray, qui se rend vendredi dans une école en Eure-et-Loir, devrait donner des précisions sur le nombre d’élèves concernés par les reports d’oraux et les éventuelles fermetures de classes.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, tradition née il y a plus de quarante ans et prévue dimanche. Les animations ont été annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), ainsi que dans plusieurs petites villes en Seine-et-Marne, Gironde, Sarthe ou Charente-Maritime.

La préfecture de police a recommandé l’annulation des événements sportifs en plein air à Paris et dans la petite couronne. Pour lutter contre la pollution, des mesures sont par ailleurs mises en place à compter de vendredi, dont la circulation différenciée dans une partie de l’agglomération parisienne ainsi que la réduction de la vitesse maximale autorisée.

Dans le monde du travail, surtout en extérieur, l’adaptation est de mise. « Il fait très chaud entre deux rangs de vigne, surtout après 11 heures le matin. On demande à nos employés d’avoir toujours une casquette pour éviter coups de soleil et insolation », explique David Latorse, qui exploite une parcelle du domaine du même nom à La Sauve (Gironde).

Mais la chaleur profite aussi à certaines activités. « Le malheur des uns fait le bonheur des autres », admet Annabelle Poinot, qui exploite des marais salants sur l’île d’Oléron en Charente-Maritime.

 

Risque sanitaire

 

Après une première récolte précoce en mai lors du premier épisode de chaleur, elle s’attend à une belle production avec la nouvelle poussée de thermomètre, favorable à l’évaporation.

Sous un soleil de plomb, les conditions de travail sont difficiles, mais « tu ne fais pas ce métier si tu n’aimes pas la chaleur. Il faut accepter de se faire brûler la gueule », résume son frère Simon, le cogérant de l’exploitation.

A Paris, une portion du canal Saint-Martin a été autorisée à la baignade. Des foules en maillot de bain ont plongé à la recherche d’un peu de fraîcheur.

Les effets néfastes de la canicule se font aussi sentir la nuit. Lorsque la température ne descend pas sous les 20°C, le sommeil et les capacités de récupération en pâtissent, et « le risque sanitaire augmente », rappelle le gouvernement.

L’épisode est particulièrement difficile à traverser pour les quartiers populaires, surexposés à la précarité énergétique d’été et au phénomène des « logements bouilloires », a alerté la Fondation pour le logement des défavorisés jeudi.

C’est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites.

(Avec AFP)

Partager cet article

Dans la même thématique

Canicule : plus d’un Français sur deux concerné par la vigilance orange
3min

Environnement

Loi agricole : la ministre de la transition écologique dénonce « des reculs pas acceptables » sur l’eau, le loup et les pesticides

Interrogée ce mercredi par les sénateurs lors des questions au gouvernement, Monique Barbut assume ses désaccords avec la tournure prise par la loi agricole. La ministre désapprouve la réintroduction de deux pesticides par la droite sénatoriale et juge que le texte « va beaucoup trop loin » sur l’allègement de certaines normes sur le stockage d’eau et la protection du loup.

Le

Canicule : plus d’un Français sur deux concerné par la vigilance orange
3min

Environnement

Office français de la biodiversité : « L’OFB n’a pas vocation à devenir la police politique de qui que ce soit », estime Vincent Louault (Horizons)

Le sénateur Vincent Louault a défendu au micro de Public Sénat sa proposition de loi visant à confier les missions de police environnementale de l’OFB aux services de l’Etat. Cet agriculteur de profession a aussi réaffirmé la volonté de réintroduire l’acétamipride à l’occasion des débats sur le projet de loi d’urgence agricole, qui arrivera au Sénat le 17 juin.

Le

Canicule : plus d’un Français sur deux concerné par la vigilance orange
6min

Environnement

Prédation du loup : « La FNSEA ne serait pas gênée par le passage du statut d’espèce protégée à celui d’espèce non protégée », explique Arnaud Rousseau

Alors que le Sénat s'apprête à examiner le projet de loi d'urgence agricole, la majorité sénatoriale pourrait retirer le loup de la liste des espèces protégées pour mieux lutter contre la hausse des prédations. Auditionné le 10 juin, le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, se dit favorable à cette évolution, mais rappelle qu’elle serait contraire aux règles européennes.

Le