« Il y a une violation des règles de la république américaine et du bon sens », s’étonne Romuald Sciora chercheur associé à l’Iris et spécialiste des Etats-Unis, qui s’inquiète des failles sécuritaires qui ont pu être observés lors de la tentative d’attaque contre Donald Trump ce 25 avril. Ce dernier insiste notamment sur la dangerosité de réunir les principaux personnages de l’Etat dans la même salle sans qu’il s’agisse d’un événement officiel.
Par ailleurs, la facilité avec laquelle le suspect a pu forcer le barrage de sécurité interroge également, Romuald Sciora soulignant que les conséquences auraient pu être bien plus graves s’il y avait eu plusieurs assaillants.
Un profil inhabituel
« L’Amérique et les Etats-Unis n’ont jamais été autant polarisés », constate Romuald Sciora, après l’attaque visant Donald Trump ayant eu lieu à Washington samedi 25 avril. Le suspect, qui a été présenté à un juge et mis en cause pour tentative d’assassinat sur Donald Trump, est âgé de 31 ans, ingénieur et enseignant.
« Ce qu’il y a de particulièrement inquiétant c’est que nous ne sommes pas avec un fou. Nous avons devant nous un homme intégré dans sa communauté, un professeur apprécié », note Romuald Sciora. Une différence avec des précédentes tentatives d’assassinat contre des personnalités politiques estime le chercheur. Par exemple, le tireur ayant visé Ronald Reagan en 1981 devant ce même hôtel Hilton à Washington, était à l’époque atteint de démence.
La Maison Blanche charge la gauche
Quelques minutes seulement après avoir été exfiltré, le président des Etats-Unis a tenu une conférence de presse à la Maison Blanche sur un ton plus conciliant qu’à l’habitude. « Je veux aussi remercier la presse, les médias, vous avez été très responsables dans votre couverture », avait notamment déclaré le président. « Nous avons assisté à un discours de père de la nation, c’était destiné à son électorat, et pour celui-ci une fois encore il a prouvé qu’il était l’élu de Dieu », analyse Romuald Sciora.
Depuis, Donald Trump a totalement changé de ton. La porte-parole de la Maison Blanche a estimé que l’attaque était liée au « culte de la haine venu de la gauche ». Des attaques qui ont également ciblé des personnalités médiatiques comme Jimmy Kimmel que le président américain a appelé à la démission. Une rhétorique qui traduit la volonté de politiser cette tentative d’attaque contre Donald Trump estime Romuald Sciora à presque six mois des élections de mi-mandat. « Oui, cela aura une influence, mais ces élections seront perdues sauf coup de théâtre », tempère cependant Romuald Sciora.