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Ceuta : 60 000 personnes ont franchi la frontière ces dernières heures

Depuis jeudi, l’enclave espagnole de Ceuta connaît un afflux massif de migrants. 60 000 personnes sont entrées sur le territoire rapporte le président de la ville tandis que le premier ministre espagnol dénonce une « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne ».
Rédaction Public Sénat

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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié vendredi d’« attaque » et d’ « atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne » l’arrivée massive de quelque 60 000 migrants dans l’enclave de Ceuta depuis le Maroc. 57 personnes sont décédées en tentant de rentrer à Ceuta.

La petite ville de Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, connaît un afflux massif de migrants depuis le jeudi 30 juillet. Ce petit territoire de 20 km2 et de 85 000 habitants est régulièrement exposé à des flux migratoires importants. En 2021, sur fond de tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc, plusieurs milliers de migrants avaient réussi à franchir la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Aujourd’hui, le premier ministre espagnol dénonce une rumeur lancée par des « mafias de trafiquants d’êtres humains » affirmant que la frontière était ouverte et qui aurait déclenché cet afflux massif. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 37 500 migrants ont déjà quitté Ceuta.

Du 1er janvier au 15 juillet, l’Espagne a enregistré une diminution de près de 25 % des arrivées sur son territoire. Un recul qui s’explique notamment par des accords signés avec le Maroc en février 2023 pour lutter contre la migration illégale. Le passage vers les îles Canaries a largement reculé avec une diminution de 61 % du nombre de passages. Toutefois, au gré de ces accords, les flux migratoires se sont déplacés. Ceuta est redevenue en 2026 l’une des portes privilégiées pour entrer en Europe avec une augmentation de plus de 149,4 % des passages par voie terrestre.

Jeudi, Juan Jesus Vivas, le président (PP) de la ville autonome de Ceuta, a fait part de son inquiétude face à des centres d’accueil « débordés et saturés ». Au nom de toutes les formations politiques représentées au sein de l’exécutif local, parmi lesquels le Parti populaire (PP, droite) et Vox (extrême droite), mais aussi le Parti socialiste (PSOE), Juan Jesus Vivas a demandé au gouvernement espagnol la déclaration de « l’état d’urgence national ». A Madrid, le président du PP, Alberto Nuñez Feijoo, a exigé du gouvernement qu’il « reprenne le contrôle » de l’enclave tandis que la direction de Vox, elle, dénonçait « une invasion ». 

Les autorités marocaines n’ont pas encore réagi publiquement. Selon l’AFP, des forces de sécurité marocaines ont toutefois été déployées dans la ville de Fnideq à la frontière avec l’Espagne.

(Avec AFP)

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