Guerre en Iran : « Les États-Unis ont géré de manière catastrophique cette crise, qui n’est pas terminée », réagit Cédric Perrin

Quelques heures après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, le président (LR) de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat se montre critique sur ce premier bilan intermédiaire de l’offensive israélo-américaine lancée le 28 février.
Guillaume Jacquot

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La tension retombe au Moyen Orient, mais l’accord de cessez-le-feu reste « fragile », de l’aveu même de l’administration Trump. Cette nuit, les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord, par l’intermédiaire du Pakistan, pour un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Cette annonce s’est faite un peu plus d’une heure avant l’expiration de l’ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire l’Iran.

À quelques minutes des questions au gouvernement ce 8 avril, le président (LR) de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat se montre très réservé sur les implications de cet évènement. « Il ne faut pas croire que parce qu’on a cessé le feu de 15 jours que tout va revenir à une situation normale […] Le contrôle du détroit d’Ormuz va se poser. Si les Iraniens parviennent à leurs fins et font de ce détroit, qui est en partie dans des eaux internationales, un détroit qu’ils maîtrisent en totalité, dans lequel ils décident ou non de la libre circulation, alors ils auront gagné », observe en premier lieu le sénateur du Territoire de Belfort.

Craintes sur le sort du Liban

Cet aspect majeur du « deal » voulu par Donald Trump l’amène à dire que les choses sont « plutôt mal emmanchées ». « Les États-Unis ont géré de manière catastrophique cette crise qui n’est pas terminée », considère-t-il.

D’autant qu’au Proche-Orient, les combats sont loin d’être stoppés, malgré l’inclusion du Liban dans la trêve annoncée par le Pakistan. Ce mercredi, Israël dit avoir mené mercredi sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis le 28 février. « Aujourd’hui, les Israéliens étant libérés de leur action en direction de l’Iran, vont pouvoir concentrer l’ensemble de leurs forces sur le Liban, ce qui n’est pas nécessairement une très bonne nouvelle pour les Libanais », s’inquiète le sénateur. Pour lui, une pression internationale pour faire cesser les opérations militaires est une « nécessité ».

« Soulagement » après la libération de Cécile Kohler et de Jacques Paris

Le président de la commission a par ailleurs fait part de son « émotion » après la libération et le retour des deux ex-otages français en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris. « C’est un soulagement, c’est une bonne nouvelle après trois ans et demi de captivité que de les voir revenir », a-t-il déclaré, saluant la «  multitude d’interventions, du président de la République jusqu’à Oman ».

D’après Téhéran, la France se serait engagée dans le même temps à rendre sa liberté à la ressortissante iranienne Mahdieh Esfandiari, condamnée le 26 février par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont un ferme, pour avoir fait l’apologie des attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 sur les réseaux sociaux et appelé à des attentats contre la communauté juive en France. « On imagine bien que la concomitance des deux libérations n’est pas le fait du hasard. Il y a forcément eu quelque chose, mais l’essentiel c’est qu’ils soient libérés », a-t-il poursuivi.

Ce jeudi, la commission des affaires étrangères auditionnera l’ambassadeur de France en Iran, « pour en savoir peut-être un peu plus sur les conditions » de cette libération, et plus largement sur la situation dans le pays.

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