Trump Hosts Israeli and Lebanese Envoys in the Oval Office
Credit: Will Oliver / Pool via CNP - 590184569 - Will Oliver - Pool via CNP/DPA/SIPA/2604242302

Midterms 2026 : la déroute républicaine rebat les cartes pour la succession de Donald Trump

Les langues se sont déliées au sein du parti républicain après la déroute subie aux élections de mi-mandat. Plusieurs cadres du parti, comme le vice-président JD Vance, ont remis en cause les choix du président, notamment sur la guerre en Iran.
Henri Clavier

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Après la défaite aux midterms, les leaders républicains ne sont pas restés groggys très longtemps. La défaite historique subie par le parti de Donald Trump semble avoir rebattu les cartes au sein du parti républicain. En effet, les républicains ont perdu leur majorité à la Chambre des représentants et au Sénat en enregistrant des défaites dans plusieurs bastions historiques comme au Texas, dans le Kansas ou encore en Caroline du Sud. Certains scores, comme au Texas, sont sans appel avec un écart de 10 points entre le nouveau sénateur démocrate James Talarico et le candidat républicain soutenu par Donald Trump, Ken Paxton. « Il y a une géographie républicaine qui est totalement remise en cause et qui sème la confusion dans le camp républicain », note Lauric Henneton, professeur de civilisation américaine à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. 

Le vice-président, et jusqu’ici successeur présumé de Donald Trump, a rapidement réagi dans un long message sur le réseau social X. « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre » écrit le vice-président qui n’a jamais caché son opposition à l’intervention contre l’Iran. Dans ses déclarations, Donald Trump a également reconnu que l’augmentation des prix du pétrole causée par les combats avec l’Iran n’avait pas arrangé la posture du camp républicain. 

Les républicains subissent les promesses non-tenues de Donald Trump 

Alors que les Etats-Unis ont connu une inflation de 3,7 % entre septembre 2025 et septembre 2026, alimentée par la guerre en Iran et la mise en œuvre de droits de douane, la situation économique des Etats-Unis est bien loin de « l’âge d’or » vanté par Donald Trump. « Les républicains ont essuyé une large défaite parce que l’administration de Donald Trump n’a pas tenu ses promesses notamment sur l’amélioration du pouvoir d’achat », note Ludivine Gilli, directrice de l’observatoire de l’Amérique du Nord de la fondation Jean-Jaurès. 

L’incapacité de l’administration Trump à faire reculer le coût de la vie et les défaites enregistrées par les candidats estampillés MAGA (Make America Great Again) ont délié les langues au sein du parti Républicain. Les participants à la primaire de 2024 n’ont pas manqué de s’exprimer. « Quand on reste au plus près de nos thèmes politiques, on gagne » affirme notamment Nikki Haley. Pour Ted Cruz, candidat à la primaire du parti en 2016, il s’agit d’un « désaveu comparable à celui du Watergate ». Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, évoque pour sa part un « événement de nature à provoquer l’extinction » du parti républicain. 

« Donald Trump a pu être élu en fédérant les différents courants qui existaient au sein du parti républicain » 

Sans provoquer l’extinction du parti républicain, la course à l’investiture républicaine pour 2028 devrait libérer la parole au sein du parti, jusqu’ici cadenassée par Donald Trump. « On a un certain nombre de successeurs potentiels sur la ligne de départ, mais l’inconvénient pour eux c’est que Donald Trump a pu être élu en fédérant les différents courants qui existaient au sein du parti républicain et en mobilisant des gens qui ne votaient pas. Ces anciens abstentionnistes représentent une part importante du mouvement MAGA qui soutient d’ailleurs Donald Trump avant de soutenir le parti républicain », explique Ludivine Gilli. 

Compte tenu du poids de la mouvance MAGA au sein du parti républicain, le candidat du parti pour 2028 aura la lourde tâche de réussir à concilier cette mouvance et les franges conservatrices historiques du parti. En s’appuyant sur la fidélité de ses partisans, Donald Trump avait réussi à exercer un contrôle inédit sur le parti républicain, notamment en influençant largement les primaires précédant les élections. « Si le courant MAGA reste le socle des républicains, il est possible que le reste de l’électorat républicain prenne ses distances avec la mouvance MAGA et se désolidarise des candidats les plus extrémistes. C’est déjà un peu ce que l’on a pu observer lors des midterms », analyse Ludivine Gilli. 

Donald Trump, une épine dans le pied des républicains 

Que cela soit pendant la campagne où après l’annonce des résultats, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio s’est distingué par son silence. Figure historique du parti républicain et favorable à l’interventionnisme américain, Marco Rubio fait désormais de challenger sérieux face à JD Vance. « Marco Rubio est moins identifié comme trumpiste, il a depuis longtemps défendu une vision interventionniste en politique étrangère. Il n’a jamais caché son soutien à une projection de la puissance américaine en Amérique latine par exemple. Et même s’il était plutôt favorable à des opérations contre l’Iran, par rapport à Vance, il sort renforcé de cette séquence électorale », estime Maxime Chervaux. 

Alors que les principaux favoris sont membres de l’administration Trump, les prétendants sont désormais confrontés au dilemme de leur soutien intégral aux politiques menées par Donald Trump. « JD Vance n’a jamais caché son opposition à la guerre contre l’Iran. Son intervention d’hier est une manière de reconnaître la défaite et de trouver une ligne de crête entre son statut de vice-président et son rejet personnel de l’intervention en Iran », explique Maxime Chervaux, professeur agrégé à l’Institut français de géopolitique et spécialiste des Etats-Unis. Pour Lauric Henneton, d’ici la primaire républicaine, une question risque de revenir avec insistance : « Donald Trump est-il devenu toxique et les républicains ont-ils intérêt à s’en débarrasser ? »

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Trump Oval Office Remarks
3min

International

Midterms : tout savoir sur le « droit de véto » que Trump menace d’utiliser après la victoire démocrate

Alors que les Démocrates ont conquis la Chambre et le Sénat lors des midterms, Donald Trump agite déjà la menace du véto présidentiel. Le président américain dispose en effet d’un droit de véto sur les projets de loi du Congrès, mais l’utiliser engagerait Donald Trump dans un bras de fer avec le pouvoir législatif, qui possède aussi de nombreux outils pour faire pression sur le président.

Le