Midterms 2026: « C’est un plébiscite contre Donald Trump », affirme Frédérique Sandretto

Invitée de la matinale de Public Sénat, Frédérique Sandretto, professeure de civilisation américaine à Sciences Po, est revenue sur la large victoire démocrate lors des élections de mi-mandat.
Henri Clavier

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« Sur les 40 dernières élections de mi-mandat, en fait, 37 présidents sur 40 les ont perdues », rappelle Frédérique Sandretto, professeure de civilisation américaine à Sciences Po. Si la défaite électorale du camp républicain n’est pas une surprise, l’ampleur du succès démocrate était, en revanche, inattendue. 

Selon les dernières projections, les démocrates pourront s’appuyer sur une large majorité à la chambre des représentants et au Sénat où les démocrates passent de 47 sièges à 55. « C’est un plébiscite contre la personne de Trump », constate Frédérique Sandretto. 

Les républicains minés par l’impopularité de Donald Trump 

Si « personne ne s’attendait à un tel raz-de-marée » estime Frédérique Sandretto, les républicains payent la très faible popularité du président américain. Depuis la guerre en Iran, la popularité de Donald Trump s’est rapidement dégradée pour atteindre 37 % selon les sondages agrégés par Le Monde. Face à l’ampleur de sa défaite, le milliardaire américain a tout de même félicité les démocrates. « C’est la première fois qu’on a une reconnaissance de sa faiblesse et de sa stratégie », note Frédérique Sandretto. Cette dernière pointe la guerre en Iran et l’inflation qu’elle a provoquée comme l’une des principales raisons de la défaite des républicains tout en précisant que depuis un an Donald Trump a donné l’image d’un « président déconnecté du réel ». Depuis le retour de Donald Trump à la Maison blanche en 2024, l’inflation n’a cessé de progresser pour atteindre 3,7 % sur l’année qui s’est écoulée. 

Une percée démocrate qui rebat les cartes 

Si les démocrates remportent une victoire historique à bien des égards, « il y a également une fracture au sein du parti démocrate », juge Frédérique Sandretto. En effet, les élus démocrates affichent des profils très différents entre les membres d’un « establishment modéré » et une « frange progressiste » portée par l’élection à la mairie de New York de Zohran Mamdani l’année dernière. Ainsi, le candidat démocrate James Talarico a été élu sénateur du Texas, les démocrates remportent également un siège de sénateurs au Kansas pour la première fois depuis 1932. Par ailleurs, le candidat démocrate Abdul El-Sayed, qui a revendiqué sa victoire dans le Michigan, devrait devenir le premier sénateur musulman. « C’est toute cette Amérique diversifiée qui est en train d’arriver », note Frédérique Sandretto qui rappelle tout de même que, chez les démocrates, le processus de choix d’un candidat pour 2028 pourrait diviser. 

Après l’annonce des premiers résultats, le président des Etats-Unis a rapidement fait savoir qu’il n’hésiterait pas à recourir massivement à son pouvoir de véto présidentiel. Au-delà du travail législatif, les démocrates pourront s’appuyer sur les pouvoirs de contrôle et d’enquête du Sénat. « Il est clair qu’il va y avoir de nouvelles commissions d’enquêtes autour de Trump, de ses proches », prédit Frédérique Sandretto. En revanche, Donald Trump reste le chef des armées et Frédérique Sandretto considère qu’il s’agit de « sa dernière réelle marge de manœuvre ».

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