Midterms 2026 : « Pendant ces deux ans, Trump ne se comportera pas comme un président boiteux, sur l’international il va s’en donner à cœur joie », estime Romuald Sciora 

Invités de la matinale de Public Sénat, Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS, et Philippe Karsenty, président du comité Trump France, évoquent les marges de manœuvre de Donald Trump en politique internationale après la défaite électorale des républicains.
Henri Clavier

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« Au niveau international, il a les mains libres », martèle Philippe Karsenty, président du comité Trump France. Malgré la victoire écrasante des démocrates lors des midterms, le président des Etats-Unis dispose toujours d’importantes prérogatives en matière de politique étrangère. 

Vers une reprise des frappes contre l’Iran ? 

Avant l’installation du nouveau congrès en janvier 2027, Donald Trump pourrait profiter de ce délai pour poursuivre certaines des actions déjà engagées en matière étrangère. « Trump a encore deux mois devant lui pour faire ce qu’il veut avec ce Congrès », assure Romuald Sciora, chercheur associé à l’IRIS et directeur de l’observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis. 

Bien que le président Trump ait évoqué la guerre contre l’Iran comme une des raisons de la défaite du camp républicain, les frappes contre la république islamique pourraient reprendre. « Je pense qu’il ira jusqu’au bout, je pense qu’il y a de fortes chances que cette guerre reprenne bientôt. Il peut poursuivre cette guerre en Iran et la terminer », estime Philippe Karsenty. Si le Congrès doit impérativement approuver l’engagement dans un conflit, l’administration Trump a, jusque-là, réussi à limiter le poids du Congrès sur la guerre en Iran en estimant que les frappes contre l’Iran ne rentraient pas dans la définition constitutionnelle de la guerre. En juin dernier, le Congrès avait adopté un texte symbolique ordonnant la fin des combats sans que celui-ci ne parvienne à empêcher des frappes épisodiques sur l’Iran. 

Des marges de manœuvre importantes en matière de politique étrangère 

Dans la conduite classique des relations internationales, le président des Etats-Unis ne devrait pas être entravé par le Congrès. « Pendant ces deux ans, Trump ne se comportera pas comme un président boiteux, sur l’international il va s’en donner à cœur joie », considère Romuald Sciora. Une rencontre entre Donald Trump, Xi Jinping et Vladimir Poutine pourrait d’ailleurs avoir lieu fin novembre en marge du sommet de l’APEC, une rencontre économique entre les chefs d’État de la région Asie-Pacifique. Alors que les contacts sont confirmés par la diplomatie chinoise, une telle rencontre inquiète l’Ukraine. A cette occasion, il pourrait « probablement aller plus loin dans sa recherche d’une partition de l’Ukraine avec Poutine », souligne Romuald Sciora. 

Selon les deux analystes, Cuba pourrait également faire les frais de l’isolement interne de Donald Trump. Alors que les Etats-Unis ne cessent d’accentuer la pression sur Cuba depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, l’administration Trump pourrait chercher à « faire tomber le régime cubain » comme il l’a fait au Venezuela, juge Romuald Sciora.

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