Abstention : dans la dernière ligne droite « les électorats se mobilisent »
Le niveau d’abstention sera l’une des clefs du premier tour dimanche. Annoncée très forte depuis des semaines, elle semble se réduire à quelques jours du scrutin pour approcher les 28% de 2002. Un niveau qui reste élevé.

Abstention : dans la dernière ligne droite « les électorats se mobilisent »

Le niveau d’abstention sera l’une des clefs du premier tour dimanche. Annoncée très forte depuis des semaines, elle semble se réduire à quelques jours du scrutin pour approcher les 28% de 2002. Un niveau qui reste élevé.
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Depuis des semaines, l’abstention s’annonce comme la grande gagnante du scrutin. Et l’une de ses clefs. La faute à un ras-le-bol des électeurs, un désintérêt pour la politique ou le manque d’attrait des candidats (voir notre reportage au Havre sur le sujet). Mais les derniers sondages montrent que cette abstention se réduit. Si elle devrait rester importante, elle pourrait ne pas battre un nouveau record.

Dans la dernière étude du Cevipof/Le Monde, réalisée par Ipsos-Sopra Steria, le niveau de l’abstention atteint 28%, en baisse de 6 points par rapport à la vague précédente en date du 31 mars/2 avril. Autre sondage, même constat : dans le « rolling » quotidien de l’Ifop, l’abstention passe de 38% le 28 mars à 28% le 19 avril. Soit une baisse de 10 points en trois semaines.

Si l’on restait avec une abstention de 28%, elle serait égale à celle de la présidentielle de 2002 (28,4%), où Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour. Soit le niveau le plus élevé sous la Ve République, à l’exception du second tour de l’élection de 1969 (31,1%). Cette baisse de l’abstention serait donc à relativiser. Mais son niveau pourrait être moins catastrophique qu’annoncé.

« On est dans la dernière ligne droite, on a longtemps dit, tout au long de la campagne, que les Français n’étaient pas intéressés. On voit bien, à quelques jours du premier tour, que les électorats se mobilisent petit à petit. On a 72% de participation. C’était 66% il y a dix jours, donc c’est une progression considérable » souligne Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion chez Ipsos (voir la première vidéo, images de Héloïse Gregoire et Stéphane Hamalian). « Les électeurs se rendent compte que leur candidat pourrait accéder au second tour et c’est un élément important, primordial pour expliquer ce regain de mobilisation » ajoute le sondeur. Alors que certains abstentionnistes répondent que voter ne sert à rien, pour justifier leur choix, l’incertitude du scrutin peut lui redonner du sens.

« Du fait de ce suspens final, l’abstention sera peut-être moins importante que prévu »

Le climat des affaires joue évidemment dans le niveau d’abstention. « Ce qui encourage l’abstention, c’est que le personnel politique vit dans son monde, est coupé des réalité. Et plus il y a un climat qui se porte sur les affaires politico-financières et plus cette impression augmente. C’est ce qui a pu, à un moment donné dans les intentions proclamées aux sondeurs, encourager l’abstention » explique le politologue Olivier Rouquan. Mais lui aussi pense que « du fait de ce suspens final, elle sera peut-être moins importante que prévu ». Regardez :

Olivier Rouquan : « Du fait de ce suspens final, l’abstention sera peut-être moins importante que prévu »
00:33

Pour Jérôme-Sainte Marie, président de Pollingvox, ce qui pourrait expliquer ce regain de participation… c’est la peur. « Je pense qu’il y aura une forte participation : programmes nouveaux, personnalités nouvelles. Des gens qui ont peur des réformes d’Emmanuel Macron et François Fillon et peur des programmes économiques de Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. La peur est un puissant facteur de participation. Il y a une somme d’espérance et de craintes beaucoup plus fortes qu’en 2012. L’appréhension est beaucoup plus forte cette année. Une participation à 80 % ne m’étonnerait pas » va même jusqu’à dire Jerôme Sainte-Marie.

Si l’abstention se situe dimanche comme en 2002 autour des 28%, cela peut avoir une conséquence notable : « En 2002, le ticket d’entrée, de qualification pour le second tour était relativement bas : 18/19%. Cette année, il faudra quand même passer la barre des 20% » souligne Stéphane Zumsteeg. Avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon, ils sont quatre à pouvoir espérer cette qualification pour le second tour.

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