Après Jean-Baptiste Lemoyne, d’autres sénateurs LR vont-ils rejoindre Macron ?
Plusieurs sénateurs LR proches d’Alain Juppé comprennent la décision de Jean-Baptiste Lemoyne de rejoindre Emmanuel Macron. De son côté, la direction du parti a engagé une procédure d’exclusion à son encontre.

Après Jean-Baptiste Lemoyne, d’autres sénateurs LR vont-ils rejoindre Macron ?

Plusieurs sénateurs LR proches d’Alain Juppé comprennent la décision de Jean-Baptiste Lemoyne de rejoindre Emmanuel Macron. De son côté, la direction du parti a engagé une procédure d’exclusion à son encontre.
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Il a créé la surprise hier. Jean-Baptiste Lemoyne sénateur apparenté au groupe LR de l ’Yonne rejoint Emmanuel Macron estimant « qu’il était le seul candidat d’une alternance crédible ». Depuis l’annonce de la future mise en examen de François Fillon au début du mois, le jeune sénateur juppéiste, enjoignait le candidat LR à se retirer au profit du maire de Bordeaux. Sur Public Sénat, le 2 mars, il s’adressait à lui directement par ces mots : « A partir du moment où on se rend compte qu’on n’est plus en capacité d’unir la famille, est-on en capacité d’unir la France ? (…) Cher François Fillon, pose-toi la question ». Le 7 mars, Jean-Baptiste Lemoyne annonçait faire « son examen de conscience », une référence au discours du Trocadéro de François Fillon. (voir le sujet de Quentin Calmet ci-dessous)

Jean-Baptiste Lemoyne 1er sénateur LR à soutenir Macron
01:25

Jean-Baptiste Lemoyne bientôt exclu des Républicains

« François Fillon a repris sa parole en restant candidat malgré sa mise en examen, moi je reprends ma liberté parce que je constate combien le reniement de la parole politique nous porte préjudice » déclare le sénateur après avoir, donc, sondé sa conscience. Démissionnant, dans la foulée,  de ses fonctions de secrétaire national LR et de président de la fédération LR de l’Yonne, Les Républicains engagent contre lui, ce jeudi, une procédure d’exclusion. « Les Républicains sont totalement engagés pour redresser la situation de la France avec François Fillon. Un engagement totalement incompatible avec un soutien à un candidat qui s'inscrit dans la continuité du quinquennat de François Hollande », a justifié le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, dans un communiqué.

« Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y en aura d’autres »

Jean-Baptiste Lemoyne sera-t-il le seul parmi les sénateurs LR à franchir le Rubicon vers la Marche d’Emmanuel Macron ? Non, répond son collègue Jean-Pierre Grand, sénateur LR de l’Hérault, proche, lui aussi d’Alain Juppé.

« Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y en aura d’autres car la situation est insupportable moralement et politiquement. Je comprends sa démarche, celle d’un jeune parlementaire qui reste fidèle à ses convictions. Suivre Fillon aujourd’hui équivaut à se trahir soi-même » (Jean-Pierre Grand sénateur LR de l’Hérault)

De là à voir Jean-Pierre Grand emboiter le pas de Jean-Baptiste Lemoyne ? « C’est tentant, je réfléchis. Le discours d’Emmanuel Macron ne me pose pas de problèmes majeurs. Je vous avoue que je suis très perturbé par ce qui se passe ». En cas de duel Macron/le Pen au second tour de la présidentielle, « le ni-ni sera inacceptable » prévient-il. « Il y aurait alors une ligne de rupture au sein des Républicains ».  Même argument du côté du sénateur LR de Corrèze, Daniel Chasseing pour qui Emmanuel Macron « a un programme de droite ». « Je comprends le choix de Jean-Baptiste Lemoyne. Localement, c’est très compliqué, les gens sont déçus et désorientés car François Fillon a dit qu’il renoncerait s’il était mis en examen. Je me rends compte que c’est très mauvais pour la démocratie ». Toutefois, pas de ralliement non plus à Emmanuel Macron de la part de Daniel Chasseing qui reste en retrait de la campagne de François Fillon. Lui aussi appellera à voter pour le leader d’En Marche en cas de duel face à Marine le Pen au second tour de la présidentielle.

« Le coup de tristesse » des fillionistes du Sénat

Chez les fillonistes du Sénat, on ne parle pas de coup dur mais « de coup de tristesse » de voir Jean-Baptiste Lemoyne rejoindre Emmanuel Macron. « Jean-Baptiste est un ami donc c’est difficile de le voir partir au moment où le combat est difficile. Après, lui comme moi sommes des sénateurs de base donc je ne sais pas quel impact politique son départ va avoir » réagit le sénateur de du Val-de-Marne, Christian Cambon.

« Un signe du mal être qui règne chez les parlementaires LR »

Pour Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d’Or, qui a fait parler de lui récemment en appelant François Baroin à remplacer François Fillon, la décision de Jean-Baptiste Lemoyne est « un signe du mal être qui règne chez les parlementaires LR ». « Certains ne se reconnaissent plus ni dans le candidat ni dans la ligne du parti. J’ai exprimé jusqu’à présent ce que je ressentais. J’espère me tromper sur la défaite annoncée » déplore-t-il.

François Patriat, sénateur de la Côte-d’Or, très proche d’Emmanuel Macron explique à publicsenat.fr qu’il a appris la décision de son collègue Jean-Baptiste Lemoyne dans la presse. « Je vais en discuter avec lui. Je ne sais pas s’il soutient le candidat Emmanuel Macron ou s’il adhère au mouvement En Marche ». Le sénateur de l’Yonne sera l’invité vendredi de la matinale de Public Sénat et Sud Radio, Territoires d’Infos pour expliquer sa décision. Selon nos informations, Jean-Baptiste Lemoyne fera un déplacement avec le candidat d’En Marche demain. Emmanuel Macron sera notamment à Reims pour une réunion publique à 18H30.

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