Benjamin Griveaux : « François Baroin ferait mieux de parler aux Français plutôt qu’à son parti »
Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », le porte-parole de la République en Marche, Benjamin Griveaux, a demandé à François Baroin de « parler aux Français, plutôt qu’à son parti » après les attaques du chef de file du parti LR. Il a également esquissé le style présidentiel d’Emmanuel Macron « pas là pour faire le commentaire de l’actualité chaque jour » contrairement à ses prédécesseurs. 

Benjamin Griveaux : « François Baroin ferait mieux de parler aux Français plutôt qu’à son parti »

Invité de l’émission « L’épreuve de vérité », le porte-parole de la République en Marche, Benjamin Griveaux, a demandé à François Baroin de « parler aux Français, plutôt qu’à son parti » après les attaques du chef de file du parti LR. Il a également esquissé le style présidentiel d’Emmanuel Macron « pas là pour faire le commentaire de l’actualité chaque jour » contrairement à ses prédécesseurs. 
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A la veille de l’annonce du nouveau gouvernement et alors que les Français sont appelés à voter aux élections législatives les 11 et 18 juin, on ne parle plus que de recomposition politique et de décomposition des partis. Face au contre-appel que préparent les Républicains, en réponse aux membres de leur troupe qui ont accepté la main tendue d’Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux, le porte-parole de la République en Marche demande au chef de file du parti LR pour les élections législatives, de balayer devant sa porte :

« Je dis à François Baroin qu’il ferait mieux de parler aux Français plutôt qu’à son parti. Et qu’il faut toujours préférer défendre ses idées que son parti (…) Finalement, là, ils sont en train de se regarder le nombril. Je leur dis « Mais parlez aux Français ! [Ils] vous ont adressé un message très clair dans le cadre de ces élections ». Et je comprends leur malaise, je comprends qu’ils ne font que de parler de leurs affaires internes. (….) Ils ont désossé la totalité du projet porté par François Fillon (….) Donc cela veut dire qu’eux-mêmes, ne croyaient pas au projet qu’ils ont porté. Comment voulez-vous avoir un exercice de sincérité que les Français appellent de leurs voeux ardemment (…) quand vous abandonnez en rase campagne un projet que vous défendiez il y a encore trois semaines ? Donc ils feraient mieux de travailler sur le fond et de parler aux Français plutôt que d’essayer des recompositions, du bricolage et des rabibochages qui n’auront d’intérêt que pour les membres de l’appareil Les Républicains ».

Et si certains parlent d’explosion de la droite et de la gauche, la faute pour Benjamin Griveaux en incombe aux partis : « Ils se sont piégés eux-mêmes. Et à gauche et à droite. La leçon de ces deux primaires est qu’elles ont fait émerger, non pas un leader, mais une incohérence idéologique profonde.  Parce que ces gens-là ne pensaient pas la même chose et qu’ils restaient dans un parti par habitude et puis par arrangement électoral ».

 

Interrogé sur la raison du report de 24 h de l’annonce du gouvernement, le porte-parole de la République en Marche y voit, pour « l’essentiel » la vérification des situations fiscales et des possibles conflits d’intérêt des futurs membres, notamment pour les personnes issues de la société civile, les personnalités issues du monde politique ayant déjà fait l’objet de ces vérifications par la Haute autorité dans le cadre de leur mandat. Ces mêmes ministres qui, une fois nommés, seront « responsabilisés dans l’exercice de leur champ ministériel » rappelle Benjamin Griveaux. L’idée d’Emmanuel Macron étant de chaque année faire un bilan « un reporting », concernant l’action de chaque ministre, « pour voir si les objectifs ont été atteints ».

Alors que le leader de la France insoumise candidat aux législatives à Marseille, Jean-Luc Mélenchon, très critique concernant la présidence Macron, s’est rendu en Creuse pour apporter son soutien aux salariés de l’équipementier automobile GM&S, Benjamin Griveaux y voit une instrumentalisation : « En campagne électorale, c’est facile d’aller voir les gens et de leur dire qu’on va interdire les fermetures d’usine (…) Marine Le Pen l’a fait avec les salariés de Whirlpool (…) C’est de l’instrumentalisation de la misère et de la souffrance des gens. Et je trouve que c’est très irrespectueux de faire ça ».

Benjamin Griveaux développe le sens de l'expression "présidence jupitérienne"
01:35

Pour conclure, Benjamin Griveaux a développé le sens de l’expression « présidence jupitérienne », présidence que souhaite mettre en place Emmanuel Macron : « C’est une présidence où la parole présidentielle est plus rare que celle qui a été [précédemment] » : « Les deux prédécesseurs ont beaucoup parlé, ont beaucoup échangé de sms. Parfois on dit sans doute trop de choses à des journalistes. Et je pense qu’il faut retrouver une forme de distance. D’abord qui vous préserve de la dictature de l’urgence dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Et puis qui vous permet aussi de réinscrire votre action dans un temps plus long. Et c’est sans doute cela aussi le style présidentiel qui sera le sien (…) Donner du sens et donner un horizon. C’est le rôle du président de la République. Il n’est pas là pour faire le commentaire de l’actualité chaque jour ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Benjamin Griveaux : « François Baroin ferait mieux de parler aux Français plutôt qu’à son parti »
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Benjamin Griveaux : « François Baroin ferait mieux de parler aux Français plutôt qu’à son parti »
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le