Faut-il autoriser ou pas le diagnostic d'une trisomie 21 avant d'implanter un embryon par PMA ? Ce débat sensible a commencé vendredi soir à l'Assemblée, par un premier vote largement négatif, après une série de témoignages, parfois poignants.
La mesure ne figure pas dans le projet de loi bioéthique, mais est proposée par certains députés, notamment au sein de la majorité. La discussion se poursuivra lundi soir avec d'autres amendements en ce sens.
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est actuellement réservé aux couples ayant déjà eu un enfant gravement malade ou décédé en raison d'une maladie génétique (mucoviscidose, myopathie, cancer lié à un facteur génétique...).
Il permet de sélectionner des embryons non porteurs de cette mutation - et seulement celle-là - pour éviter la naissance d'un deuxième enfant atteint.
Certains députés, comme le généticien Philippe Berta, voudraient autoriser également un décompte des chromosomes de l'embryon pour repérer des trisomies et éviter une "épreuve" aux femmes concernées, alors que le dépistage de la trisomie est autorisé quelques semaines plus tard pendant la grossesse (pré-natal).
"Quel est l'intérêt de faire supporter à des femmes un parcours de fécondation in vitro, puis un diagnostic pré-natal et une IVG ?", juge ce député MoDem, co-rapporteur de la loi.
Tentatives de PMA, en 2016, par technique et par origine des gamètes, ainsi que nombre d'enfants nés de PMA, par origine des gamètes
AFP
Au bord des larmes, Vincent Thiébaut (LREM) "papa de jumeaux sourds profonds nés par FIV" a reconnu s'être "longtemps posé la question" du DPI, pour la trisomie comme d'autres pathologies.
Mais "la souffrance, la douleur, la culpabilité qu'on peut avoir fait partie de notre humanité. N'ouvrons pas la boîte de Pandore de la standardisation. (...) Mes enfants font ce que je suis. Ils m'ont ouvert les yeux sur les choses que je n'aurais pas pu imaginer", a-t-il témoigné, avant d'être applaudi dans l'hémicycle.
"J'entends ce témoignage extrêmement poignant, mais je voudrais revenir sur la question éthique", a réagi Anne-Christine Lang (LREM), favorable à ce DPI pour des couples dont le premier enfant est déjà malade. "Pour moi, la question éthique a été tranchée" (...) "à partir du moment où on a généralisé les prises de sang sur les femmes enceintes pour détecter une trisomie 21".
"Passer d'un diagnostic pré-natal à un diagnostic pré-implantatoire change complètement la philosophie", estime la ministre de la Santé Agnès Buzyn, réticente.
"Le pas suivant sera d'aller chercher d'autres maladies rares et très sévères" et "pourquoi pas de le proposer un jour à tous les couples qui le souhaiteraient d'avoir quelque part ce mythe de l'enfant sain", a-t-elle mis en garde, avant d'être suivie par une large majorité de députés, 25 voix contre 7.
A l’issue d’une réunion de crise avec plusieurs ministres sur les dysfonctionnements qui ont conduit à l’affaire Lyhanna, le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans actuellement. La proposition est difficilement applicable pour les magistrats et avocats.
Le Sénat s'est opposé mercredi soir à un amendement instaurant une clause de conscience pour les écrivains, proposition brandie par des auteurs et des élus depuis le limogeage controversé du patron de la maison d'édition Grasset. Mais le gouvernement s'est de nouveau montré ouvert, appelant à bâtir un « consensus » sur le sujet.
Face à la commission d’enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, ce 11 juin, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse dit assumer son engagement en faveur de la « bataille culturelle », tout en affirmant défendre l'indépendance et l’identité des médias dont il est actionnaire. « Nous sommes un peu le petit village gaulois d’Astérix au milieu des milliardaires conservateurs », a-t-il insisté.
Le comité de liaison du bloc central, qui réunit Horizons, Renaissance, Modem, UDI et Parti radical, ne suit pas Gabriel Attal, qui n’écarte pas de recourir à une primaire, début 2027, pour départager les candidats. « Très majoritairement, cette idée de primaire a été plutôt mise de côté », confie un membre du conclave, qui s’est réuni ce mercredi à la questure du Sénat. Prochaines réunions : en juillet, puis les mois suivants.