Blanquer : « Si les réseaux sont capables de censurer Trump, on doit être capable de censurer le harceleur du coin »
Auditionné par la mission d’information du Sénat sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement, le ministre de l’Education nationale a « l’intention de prendre de nouvelles initiatives » pour que « les réseaux sociaux ne se considèrent pas comme des responsables de tuyaux, et qu’on aille au bout de la responsabilisation de chacun ».

Blanquer : « Si les réseaux sont capables de censurer Trump, on doit être capable de censurer le harceleur du coin »

Auditionné par la mission d’information du Sénat sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement, le ministre de l’Education nationale a « l’intention de prendre de nouvelles initiatives » pour que « les réseaux sociaux ne se considèrent pas comme des responsables de tuyaux, et qu’on aille au bout de la responsabilisation de chacun ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Avant de rendre son rapport en septembre, la mission d’information du Sénat sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement a fait une dernière audition, ce mercredi, avec une personne pour le moins appropriée : le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

« Fléau »

L’occasion pour le ministre de rappeler les mesures déjà prises dans la lutte contre le harcèlement, « ce fléau », comme dit la présidente de la mission, la sénatrice PS Sabine Van Heghe. « Le harcèlement est un sujet que je prends extrêmement au sérieux, dans une politique qui est dans une continuité depuis 10 ans », souligne le ministre. Il peut prendre différentes formes, notamment celle du « le sexing et du revenge porn ». Malgré l’impact du phénomène, « nous arrivons à l’éradiquer dans certains établissements », « c’est faisable », assure-t-il, « le tout dans un contexte où nous venons d’avoir le verdict dans l’affaire Mila ».

Le ministre rappelle une première mesure utile, prise en 2017, « l’interdiction du téléphone portable dans les enceintes des écoles et des collèges ». En 2018, « 335 référents académiques et départementaux » ont été créés, avec des « ambassadeurs collégiens ». En 2019, arrive « un plan national » avec 10 mesures sur la « formation systématique des professeurs et des familles ». Deux numéros gratuits ont été mis en place : le 30 20, un numéro d’écoute et de prise en charge des familles de victimes, et le 30 18, pour signaler les contenus indésirables. En 2021, le ministre a généralisé le programme de « prévention du harcèlement » expérimenté pendant deux ans. Et enfin, dernièrement, la création d’un « carré régalien » pour soutenir et protéger les membres de la communauté éducative.

« Le cyber harcèlement s‘est développé de façon très forte à la faveur du premier confinement »

Des efforts qui semblent porter leurs fruits. « Nous avons des premières réussites importantes en matière de lutte contre le harcèlement, nous le faisons reculer », se réjouit Jean-Michel Blanquer. Une « baisse du harcèlement » constatée « aussi bien à l’école primaire qu’au collège ».

« En revanche, nous n’avons pas fait reculer le cyber harcèlement, au contraire. Il s‘est même développé de façon très forte à la faveur du premier confinement », reconnaît le ministre. On le voit notamment « au lycée, où le développement du cyber harcèlement se voit plus que dans les niveaux inférieurs ».

« Le sujet du cyberharcèlement mérite qu’on passe à une nouvelle étape »

Le rôle des grandes plateformes, auditionnées il y a deux semaines, est ici essentiel. La rapporteure Colette Mélot (groupe Les Indépendants) pointe notamment leurs contradictions dans leurs actions. Le socialiste Hussein Bourgi a lui senti une volonté de « minorisation ou de défausse ».

Jean-Michel Blanquer entend ici aller plus loin. « Le sujet du cyberharcèlement mérite qu’on passe à une nouvelle étape », soutient-il. « J’ai bien l’intention de prendre de nouvelles initiatives en la matière, de façon à ce que les responsables de réseaux sociaux ne se considèrent pas comme des responsables de tuyaux […] et qu’on aille au bout de la responsabilisation de chacun, notamment leur réactivité, leur capacité à consacrer des moyens et du temps à la lutte contre le harcèlement », prévient Jean-Michel Blanquer. Il ajoute : « Si on est capable de censurer Donald Trump, on doit être capable de censurer le harceleur du coin ».

Cette lutte contre le harcèlement dépasse aussi les frontières. En 2017, lors du G7, il avait voulu « porter le sujet du cyberharcèlement à un niveau mondial » sur cette « question des plateformes ». Pour l’heure, Jean-Michel Blanquer sera « très attentif aux conclusions » des sénateurs. Il entend « aller de l’avant, sur la base des travaux » de la Haute assemblée.

Partager cet article

Dans la même thématique

Formal opening session of the Court of Cassation
5min

Politique

Budget des collectivités : le gouvernement tend la main au Sénat en proposant un effort contenu aux alentours de 2 milliards d’euros

Dans la dernière ligne droite du marathon budgétaire 2026, le gouvernement ne souhaite pas prolonger plus que nécessaire la navette parlementaire en cas de recours à l’article 49.3. Pour que les sénateurs ne reviennent pas sur la copie qui serait validée par l’Assemblée, le gouvernement a limité l’effort demandé aux collectivités « un marqueur du Sénat ».

Le

Blanquer : « Si les réseaux sont capables de censurer Trump, on doit être capable de censurer le harceleur du coin »
3min

Politique

Municipales à Paris : « Je regrette qu'on ne soit pas unis derrière la candidature de Rachida Dati », expose Aurore Bergé

À quelques semaines des élections municipales 2026, les rangs macronistes avancent en ordre dispersé à Paris. Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, soutient Rachida Dati. « C’est elle qui peut gagner », estime la responsable sur Public Sénat ce lundi. Une position contraire à celle de son parti, Renaissance, qui s’est allié au candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel.

Le

FRANCE – ACTION FOR ZUCMAN TAX FOR BILLIONNAIRES
6min

Politique

« Les ultra-riches disposent aujourd’hui d’un accès privilégié aux sphères du pouvoir », Oxfam alerte sur l’explosion des grandes fortunes

Publié ce lundi 19 janvier à l’ouverture du Forum économique de Davos, le dernier rapport d’Oxfam sur les inégalités mondiales alerte sur l’explosion des fortunes des milliardaires. L’ONG met en garde contre les conséquences de cet enrichissement rapide, qui dépasse largement l’économie et menace directement la démocratie, en donnant aux ultra-riches un pouvoir politique et médiatique croissant.

Le

Blanquer : « Si les réseaux sont capables de censurer Trump, on doit être capable de censurer le harceleur du coin »
3min

Politique

Budget : « On a un Parti socialiste qui a pris des engagements et qui les a tenus », salue Aurore Bergé

Un Conseil des ministres doit se tenir ce lundi 19 janvier pour acter l’issue des débats budgétaires au Parlement. Sébastien Lecornu doit trancher entre l’activation de l’article 49-3 ou le passage du projet de loi de finances par ordonnances. « Les Français veulent qu'on passe vite à autre chose », exhorte Aurore Bergé, ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Le