Exclu du groupe LR du Sénat, Jean-Pierre Grand est « choqué par le sectarisme de Bruno Retailleau »
Elu depuis 2014, Jean-Pierre Grand a été exclu du groupe LR par son président Bruno Retailleau. Le sénateur de l’Hérault n’a jamais caché ses accointances avec le pouvoir en place. Au lendemain de la défaite historique de la droite, sa position ne tient visiblement plus au palais du Luxembourg.

Exclu du groupe LR du Sénat, Jean-Pierre Grand est « choqué par le sectarisme de Bruno Retailleau »

Elu depuis 2014, Jean-Pierre Grand a été exclu du groupe LR par son président Bruno Retailleau. Le sénateur de l’Hérault n’a jamais caché ses accointances avec le pouvoir en place. Au lendemain de la défaite historique de la droite, sa position ne tient visiblement plus au palais du Luxembourg.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Bruno Retailleau m’a viré dès le début de la réunion au motif que j’avais fait d’autres choix. Je lui ai répondu que ce qui nous séparera toujours, c’est le gaullisme », explique à Public Sénat, le sénateur de l’Hérault, membre du groupe LR jusqu’à aujourd’hui.

Cet après-midi, le groupe Les Républicains du Sénat dirigé par le sénateur de Vendée, Bruno Retailleau, planche sur la position que vont tenir ses élus au second tour. Or, comme il l’explique lui-même, Jean-Pierre Grand a soutenu le président sortant dès le premier tour. « Parce que j’ai considéré que la gestion de la France était bonne dans le contexte de crise grave qu’a connu ce quinquennat, l’épidémie et la guerre ».

» Lire notre article. Chez LR, pas de voix pour Marine Le Pen mais pas de consigne de vote non plus

« Monsieur Retailleau est quelqu’un d’extrêmement virulent contre le président de la République »

Le sénateur ajoute. « Bien sûr, ça n’a pas plu à Monsieur Retailleau qui est quelqu’un d’extrêmement virulent contre le président de la République depuis cinq ans. C’est son droit mais on voit où ça mène ». (voir la vidéo tournée par Jérôme Rabier)

« C’est une forme d’intimidation »

Au micro de Public Sénat, Jean-Pierre grand se dit « choqué » par l’attitude de Bruno Retailleau. « Je n’avais jamais vu un tel sectarisme dans la famille gaullisme […] C’est une forme d’intimidation. Des méthodes qui n’ont jamais fait partie de ma famille politique. Je n’ai pas observé qu’il avait des réticences à l’égard des propos de M. Ciotti ».

 

« Jean-Pierre Grand n’assume pas et se pose en victime »

« Jean-Pierre Grand a dû effectivement quitter la réunion du groupe LR au Sénat, mais sa version des événements ne correspond absolument pas à la réalité », a réagi Bruno Retailleau dans un communiqué. Le président du groupe rappelle que Jean-Pierre Grand a soutenu Emmanuel Macron dès le premier tour « contre Valérie Pécresse » […] « J’avais d’ailleurs pris soin de demander à Jean-Pierre Grand de ne pas venir à cette réunion de groupe et c’est à la demande des autres membres du groupe qu’il a dû quitter la salle. Toutes les opinions sont légitimes en démocratie, mais la politique, c’est la clarté et le sens des responsabilités. Je déplore que Jean-Pierre Grand n’assume pas les siennes et se pose en victime pour camoufler, bien mal, ce qui n’est que la conséquence logique de ses choix politiques ».

Soutien d’Alain Juppé à la primaire de 2016, Jean-Pierre Grand n’a jamais été sur la même ligne que le sénateur de Vendée, filloniste de la première heure. Après la victoire d’Emmanuel Macron en 2017, il se qualifiait d’élu « constructif en marche » au même titre que Fabienne Keller, ancienne sénatrice LR, et désormais eurodéputée LREM.

En juin 2019, il était le seul élu du groupe LR du Sénat à avoir voté la confiance au gouvernement d’Edouard Philippe.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le